En joë­lettes aux Açores pour vivre une aven­ture hu­maine

Où ceux qui marchent vé­hi­culent ceux qui ne le peuvent pas

La Nouvelle Union - - Actualités - HÉ­LÈNE RUEL he­lene.ruel@tc.tc

AVEN­TURE. Éric Sé­vel­lec, ré­sident de HamNord et co­fon­da­teur du Ré­seau Au­to­no­mie San­té (R.A.S.), s’ap­prête à par­tir pour cette ex­pé­di­tion bien sin­gu­lière qui le mè­ne­ra à l’île de Sao Mi­guel aux Açores en com­pa­gnie de jeunes per­sonnes han­di­ca­pées.

Ceux qui ont des jambes pour la ran­don­née comme lui se­ront ap­pe­lés à vé­hi­cu­ler ceux qui n’en ont pas ou plus, soit en les por­tant dans un sac corps à corps, soit en pous­sant leur fau­teuil rou­lant ou en­core en les bran­car­dant sur des joë­lettes.

La joë­lette, chaise à une roue con­çue et po­pu­laire en Eu­rope, dont le Ré­seau R.A.S. est le seul dis­tri­bu­teur au Qué­bec, com­mence à se frayer un che­min jus­qu’à Vic­to­ria­ville. Pas plus tard que cette se­maine, on pou­vait d’ailleurs ap­prendre que la Ville pro­je­tait d’ac­qué­rir un tel équi­pe­ment per­met­tant de bran­car­der une per­sonne à mo­bi­li­té ré­duite. Cette ac­qui­si­tion fi­gure à la liste des ac­tions 2016 de sa nou­velle Zone ci­toyen.

Les Vic­to­ria­villois qui pour­ront l’em­prun­ter ne vi­vront peut-être pas les pé­ri­pé­ties que s’ap­prêtent à vivre les Ca­ra­va­niers de l’im­pos­sible aux Açores du 1er au 15 juin. On avait par­lé de cette ex­pé­di­tion dans La Nou­velle Union de juillet der­nier, la deuxième qu’or­ga­nise le prof mont­réa­lais Jean-Fran­çois Mar­tin. L’en­sei­gnant en tech­niques d’édu­ca­tion spé­cia­li­sée au cé­gep du Vieux-Mon­tréal, père d’un en­fant tri­so­mique, avait, en 2008, or­ga­ni­sé une ex­pé­di­tion Tri­so­mie 21 au Machu Picchu en 2008. Il vou­lait faire vivre à des étu­diants en édu­ca­tion spé­cia­li­sée et à des jeunes han­di­ca­pés une aven­ture d’in­té­gra­tion, les uns vé­hi­cu­lant les autres, au moyen de sacs à dos ou de fau­teuils rou­lants.

C’est la joë­lette qui a ser­vi de lien entre JeanF­ran­çois Mar­tin et Éric Sé­vel­lec. «Il m’a de­man­dé si je vou­lais par­ti­ci­per à l’ex­pé­di­tion avec des joë­lettes», ra­conte M. Sé­vel­lec.

Ce qu’il a ac­cep­té avec en­thou­siasme pour l’ex­pé­rience hu­maine et tou­ris­tique que ce voyage lui fe­ra vivre. «Ce n’est pas une af­faire de per­for­mance», sou­ligne-t-il, puis­qu’on pré­voit quatre ran­don­nées de quatre à cinq heures.

Reste que le groupe de 16 per­sonnes – dont huit étu­diants, cinq jeunes han­di­ca­pés – a com­men­cé à s’«en­traî­ner», à por­ter, à rou­ler, à bran­car­der. On l’a fait de­hors, de­dans, dans des es­ca­liers de centres com­mer­ciaux de la ré­gion mont­réa­laise. Les jeunes por­teurs ont même pu se faire une idée de ce qu’on res­sent quand on est as­sis dans la joë­lette.

Un do­cu­men­taire de cette ex­pé­di­tion se­ra réa­li­sé par une mai­son de pro­duc­tion et dif­fu­sé à la té­lé­vi­sion.

Ce qu’Éric Sé­vel­lec sou­haite c’est de sti­mu­ler l’en­vie d’or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés, même des com­pé­ti­tions in­té­grant les per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite. L’en­tre­prise d’éco­no­mie so­ciale qu’il a fon­dée avec Do­mi­nic Vié­not, cherche par toutes sortes de moyens, à fa­ci­li­ter la vie aux per­sonnes han­di­ca­pées, à fa­vo­ri­ser leur in­té­gra­tion. Ce­la passe par une joë­lette, une ba­lan­çoire adap­tée, un bac à jar­di­nage ou une oeuvre pic­tu­rale comme on l’a vue se dé­ve­lop­per à la Grande place des Bois-Francs cet hi­ver.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

On s’en­traîne à bran­car­der la joë­lette dans toutes sortes de condi­tions. À gauche, le prof Jean-Fran­çois Mar­tin, ins­ti­ga­teur de l’ex­pé­di­tion.

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