Faire vivre le Qué­bec à un tou­riste aveugle…

L’«énorme dé­fi» du réa­li­sa­teur Matt Char­land

La Nouvelle Union - - Actualités - HÉ­LÈNE RUEL he­lene.ruel@tc.tc

TOU­RISME. En moins d’une se­maine, la vi­déo de pro­mo­tion «Qué­bec ori­gi­nal» mise en ligne par Tou­risme Qué­bec s’est at­ti­rée plus de 5 mil­lions de vues, un re­cord pour une pub qué­bé­coise à l’in­ter­na­tio­nal. Et c’est le jeune Vic­to­ria­villois Ma­thieu Char­land, alias Matt Char­land, qui l’a réa­li­sée, d’après une idée de Phi­lippe Co­meau de la firme mont­réa­laise lg2 et avec l’équipe de la firme One Pro­duc­tion.

La vi­déo de trois mi­nutes a un tel re­ten­tis­se­ment qu’on en a par­lé dans les grands mé­dias en fin de se­maine, à TVA comme à Ra­dio-Ca­na­da. Elle fe­rait sen­sa­tion même aux États-Unis. On y voit, on y suit, on y vit pour­rait-on dire, les sen­sa­tions que pro­curent à un tou­riste amé­ri­cain aveugle, Dan­ny Kean, di­verses ac­ti­vi­tés tou­ris­tiques of­fertes au Qué­bec. Tous les sens sont sol­li­ci­tés. On en­tend le bruit du vent, des vagues, le rire des gens. On a l’im­pres­sion que par­viennent à nos na­rines les par­fums de cui­sine et qu’on pour­rait goû­ter le fro­mage (du Pres­by­tère de Sainte-Éli­za­beth).

La réa­li­sa­tion a né­ces­si­té plu­sieurs se­maines de pré­pa­ra­tion, douze jours de tour­nage. Et il s’agis­sait d’un «énorme dé­fi» que de tour­ner des scènes d’ac­ti­vi­tés in­tenses – comme du raf­ting – avec un non-voyant, a fait sa­voir Ma­thieu. «Ma­thieu pos­sède ce grand ta­lent de pou­voir tra­duire le res­sen­ti par l’image», dit son père, Claude Char­land. Le jeune réa­li­sa­teur de 30 ans, né à Vic­to­ria­ville, est l’un des deux fils de Claude Char­land et de France Ber­ge­ron.

UNE CAR­RIÈRE IN­TER­NA­TIO­NALE

Et c’est au père qu’il nous faut par­ler du fils, parce que le créa­teur se trouve ac­tuel­le­ment en Ita­lie, oc­cu­pé à réa­li­ser un film pour la com­pa­gnie d’hé­li­co­ptères, Hé­li­sport. Il est pas­sé en coup de vent à Vic­to­ria­ville, re­ve­nant du Ja­pon où il tra­vaillait à un film sur des pro­fes­seurs de ski hors­piste. «On ne l’avait pas vu de­puis Noël. Le tra­vail, c’est la vie et la vie, c’est le tra­vail pour Ma­thieu», ra­conte en­core son père.

Matt Char­land mul­ti­plie les contrats de réa­li­sa­tion à l’in­ter­na­tio­nal de­puis plu­sieurs an­nées, de­puis qu’il est sor­ti de l’École de ci­né­ma et de té­lé­vi­sion de Qué­bec. «Il est par­fai­te­ment bi­lingue et tra­vaille un peu par­tout dans le monde à des pu­bli­ci­tés et des vi­déos cor­po­ra­tives.» À 22 ans, il s’était dé­jà dis­tin­gué en réa­li­sant une pu­bli­ci­té met­tant en ve­dette le joueur de ho­ckey russe, Alex Ko­va­lev.

«C’est par la qua­li­té de ses images qu’il s’est vite dé­mar­qué, dit en­core son père. Il sait faire vi­brer. On le constate par les pho­tos qu’il fait lors­qu’on voyage en­semble. Nous, on at­tend que tout soit bien pla­cé pour faire une pho­to et on fait une pho­to pour le sou­ve­nir. Ses images à lui montrent le mo­ment pré­sent. Il sait trans­mettre l’émo­tion. Sur sa pho­to, on voit le po­li­cier bou­ger.» Le créa­teur tra­vaille à son compte et pour ce­lui de grosses boîtes de com­mu­ni­ca­tion.

C’est lui qui se trou­vait der­rière la ca­mé­ra des pre­mières pubs de Home De­pot avec la co­mé­dienne Va­lé­rie Blais. Sa longue feuille de route s’émaille de réa­li­sa­tions pour des en­tre­prises comme Ford Ca­na­da, Ford É.-U., Red Bull, etc. Il tra­vaille aus­si à un pro­jet de Guy La­li­ber­té.

Et c’est aus­si lui qui avait réa­li­sé la vi­déo pro­mo­tion­nelle de la cam­pagne his­to­rique À notre san­té pour la Fon­da­tion Hô­tel-Dieu d’Ar­tha­bas­ka au temps où son père était di­rec­teur gé­né­ral du CSSS d’Ar­tha­bas­ka-et-de-L’Érable. «Je lui avais de­man­dé de nous faire cette vi­déo… qui nous tire les larmes chaque fois qu’on la re­garde. Je lui avais dit qu’elle se­rait sa contri­bu­tion à la cam­pagne.»

De son fils ar­tiste, Claude Char­land dit en­core qu’il ne veut pas cir­cons­crire ses champs d’in­té­rêt. «C’est la di­ver­si­té qui l’in­té­resse. Peu im­porte le su­jet, il suf­fit que le pro­jet qu’on lui pré­sente l’anime. Il sait écou­ter ce qu’on veut trans­mettre comme mes­sage. Je me sou­viens des gens de Po­si-Plus qui di­saient n’avoir ja­mais vu leurs na­celles de la fa­çon dont Ma­thieu les avait pré­sen­tées.»

Avec du sou­rire dans la voix, le père se sou­vient du jeune Matt. «Il n’avait au­cun in­té­rêt pour les ma­tières aca­dé­miques, mais beau­coup pour tout ce qui était créa­tion. Je re­vois en­core tous les fils de ses ap­pa­reils qui traî­naient dans la mai­son! On se de­man­dait bien, sa mère et moi, ce qu’il de­vien­drait.»

Ma­thieu ne pa­raît pas avoir per­du le fil de ce qui le branche vrai­ment dans la vie. «Et il a ce qui m’a man­qué à moi plus jeune, la confiance en lui.»

Au http://bit.ly/1oRPLhs, on peut voir la ver­sion courte de la vi­déo de Tou­risme Qué­bec. Au http://bit.ly/1q7WDZv, on peut faire le par­cours long des dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés ven­dant le Qué­bec aux tou­ristes amé­ri­cains et fran­çais.

(Pho­to Mar­tin Gi­rard/shoots­tu­dio.ca)

Ma­thieu Char­land.

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