Ni­cole Ju­teau, celle qui a tra­cé la voie à de nom­breuses po­li­cières

La Nouvelle Union - - Actualités - CLAUDE THI­BO­DEAU claude.thi­bo­deau@tc.tc PLUS DE PHO­TOS SUR

HOM­MAGE. Il y a 40 ans, une pre­mière femme fai­sait son en­trée au sein de la Sû­re­té du Qué­bec (SQ). Cette femme, c’est Ni­cole Ju­teau à qui les or­ga­ni­sa­teurs du 41e Tour­noi de ho­ckey des po­li­ciers pro­vin­ciaux du Qué­bec ont ren­du hom­mage, ven­dre­di, juste avant la joute op­po­sant deux équipes de po­li­cières de la SQ à l’Am­phi­théâtre Gil­bert-Per­reault.

«Ni­cole Ju­teau re­pré­sente le sym­bole de la per­sé­vé­rance, de l a dé­ter­mi­na­tion pour toutes les po­li­cières du Qué­bec», a sou­li­gné l’an­non­ceur. Le pré­sident du tour­noi, le lieu­te­nant Cé­drick Bru­nelle, di­rec­teur par in­té­rim du poste de la SQ de la MRC d’Ar­tha­bas­ka, lui a re­mis une gerbe de fleurs. La pion­nière de la SQ a aus­si ef­fec­tué la mise en jeu pro­to­co­laire avec l’ins­pec­teur-chef Ca­ro­line Guay, sous le re­gard at­ten­tif de la dé­pu­tée d’Ar­tha­bas­ka, Syl­vie Roy, et du pré­fet de la MRC d’Ar­tha­bas­ka, Lio­nel Fré­chette.

PAS FA­CILE, AU DÉ­BUT

Après sa for­ma­tion en tech­niques po­li­cières, sui­vie de son pas­sage à l’Ins­ti­tut de po­lice (à l’époque), Ni­cole Ju­teau a amor­cé sa car­rière à la SQ en juin 1975 au quar­tier gé­né­ral à Mon­tréal.

«La SQ était bien in­té­res­sée à re­cru­ter des femmes. Mais, à mon ar­ri­vée, la loi sur la po­lice n’avait pas été mo­di­fiée, si bien qu’au dé­part, je ne pou­vais pas être po­li­cière. Les trois pre­miers mois, je les ai pas­sés dans un bu­reau à at­tendre les chan­ge­ments à la loi», a-t-elle confié au www.la­nou­velle.net.

Par la suite, Ni­cole Ju­teau a oeu­vré pen­dant six ans comme pa­trouilleur au poste de Sha­wi­ni­gan. La pre­mière po­li­cière de l’his­toire de la po­lice pro­vin­ciale ne s’en cache pas. Les pre­miers temps n’ont pas été de tout r epos. « Quand j ’ ai com­men­cé sur la pa­trouille, à peine 1 po­li­cier sur 25 vou­lait tra­vailler avec moi. Les autres re­fu­saient, ils avaient peur, c’était une ques­tion de sé­cu­ri­té. Ils ne pen­saient pas qu’une femme pou­vait faire le tra­vail. Ça a été très dif­fi­cile au dé­but, a-t- elle re­la­té. L’uni­forme aus­si, c’était com­pli­qué. Il en fal­lait un pour une femme. Tout était à re­faire.»

Après la pa­trouille, Ni­cole Ju­teau de­vient en­quê­teur spé­cia­li­sé au crime or­ga­ni­sé, tra­vaillant no­tam­ment en Mau­ri­cie-Centre-duQué­bec. « J’ai beau­coup tra­vaillé sur l es af­faires de drogues. J’ai ado­ré, a-t- elle sou­li­gné. Il avait beau­coup d’ac­tion. Les deux der­nières an­nées, je tra­vaillais aux ren­sei­gne­ments cri­mi­nels sur les mo­tards. Bref, en 26 ans de car­rière, je n’ai fait que de l’opé­ra­tion, que du tra­vail d’ac­tion.»

La pre­mière femme po­li­cière à la SQ a pris sa re­traite en 2001. «C’est le plus beau mé­tier du monde», ré­pond-elle lors­qu’on l’in­ter­roge sur ce qu’elle re­tient le plus de sa car­rière. «Nous sommes ca­pables. Sans dire que je l’ai prou­vé, je pense, note-t-elle, que j’ai tra­cé le che­min à beau­coup de femmes. Tous, hommes et femmes, pos­sèdent leurs forces et leurs fai­blesses. Mais en ju­me­lant les forces de cha­cun, on fait un beau corps de po­lice.»

Ni­cole Ju­teau est tou­chée de voir, au­jourd’hui, au­tant de femmes po­li­cières. «Et de les voir jouer au ho­ckey, en plus, ça me touche énor­mé­ment», a-t-elle conclu. Le 41e THPPQ ac­cueille cette an­née 86 équipes, re­pré­sen­tant quelque 1250 po­li­ciers et po­li­cières de par­tout au Qué­bec et qui dis­putent les par­ties sur sept pa­ti­noires à Vic­to­ria­ville (4), War­wick, King­sey Falls et Da­ve­luy­ville. www.la­nou­velle.net

(Pho­to TC Me­dia - Claude Thi­bo­deau)

Une gerbe de fleurs pour la pre­mière femme po­li­cière à la SQ, Ni­cole Ju­teau, en­tou­rée de l’ins­pec­teur-chef Ca­ro­line Guay, du lieu­te­nant Cé­drick Bru­nelle, de la dé­pu­tée d’Ar­tha­bas­ka Syl­vie Roy et du pré­fet Lio­nel Fré­chette.

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