Désap­poin­té pour son ami Ke­vin Ber­gin

La Nouvelle Union - - Annonces Classées - BE­NOÎT PLA­MON­DON be­noit.pla­mon­don@tc.tc

HO­CKEY. Parce qu’il sou­haite se re­trou­ver du bou­lot ra­pi­de­ment, Bruce Ri­chard­son n’a pas vou­lu en dé­coudre pu­bli­que­ment avec l’or­ga­ni­sa­tion des Tigres. Il s’est vi­si­ble­ment mon­tré pru­dent dans ses pro­pos en en­tre­vue.

C’était la pre­mière fois qu’on lui mon­trait la porte. D’être li­mo­gé aux yeux et aux vues de tous est par­ti­cu­lier. C’est la réa­li­té d’un en­traî­neur-chef dans le mi­lieu spor­tif.

Ri­chard­son ne cache pas que son amour­propre a quelque peu été écor­ché. Une fois la pous­sière re­tom­bée, il s’est vite ra­plom­bé. Au­jourd’hui, il se dit fier de son sé­jour avec l’équipe, aus­si court a-t-il été.

«Ça frappe l’or­gueil de plein fouet, mais je quitte la tête haute. Je suis prêt à re­com­men­cer de­main ma­tin, mais pas à n’im­porte quel prix. Il me reste une an­née de contrat. Je vais prendre le temps qu’il faut. La fa­mille reste un fac­teur à consi­dé­rer. Pré­sen­te­ment, j’au­rais des ou­ver­tures aux États-Unis, mais ma prio­ri­té est de tra­vailler avec des joueurs de 16 à 20 ans au Qué­bec, voir gran­dir mes en­fants, res­ter près de ma fa­mille», a-t-il dit.

Il éva­lue­ra les ou­ver­tures, confiant pour la suite des choses. Il faut dire que l’in­con­nue n’ébranle pas les Ri­chard­son outre me­sure. Du­rant sa car­rière de joueur, ils ont mul­ti­plié les dé­mé­na­ge­ments en Amé­rique du Nord et en Eu­rope.

Il sait que trou­ver la bonne oc­ca­sion peut prendre du temps. À preuve, il avait eu des en­tre­tiens avec les Hus­kies de Rouyn-No­ran­da, les Sa­gue­néens de Chi­cou­ti­mi, le Ti­tan d’Aca­dieBa­thurst et les Ca­ta­ractes de Sha­wi­ni­gan avant de par­ve­nir à faire le saut au sein du cir­cuit Cour­teau.

«C’est l’an­née que je n’avais pas en­voyé de cur­ri­cu­lum vi­tae que je suis par­ve­nu à faire le saut dans le ju­nior, après avoir rem­por­té le cham­pion­nat avec les Gre­na­diers. Jé­rôme avait pu voir la pro­gres­sion de l’équipe au cours des trois der­nières an­nées», ex­plique-t-il.

Il dit pou­voir faire autre chose que di­ri­ger une équipe, bien qu’il ait ça dans le sang. Que ce soit du re­cru­te­ment ou autre chose, il est ou­vert aux pro­po­si­tions. «Je suis un homme de ho­ckey. Si ce n’est pas du coa­ching, je fe­rai autre chose», a-t-il dit.

S’il ob­tient sa chance comme en­traî­neur­chef, Ri­chard­son au­ra cer­tai­ne­ment une pen­sée pour son bon ami Ke­vin Ber­gin lorsque vien­dra le temps d’em­bau­cher des ad­joints. Ce der­nier a fait l’énorme sa­cri­fice d’ac­cro­cher ses pa­tins pour ve­nir s’ins­tal­ler, avec sa femme fran­çaise, dans les Bois-Francs. Il était em­ployé par les Tigres à temps par­tiel, bien qu’il ait oeu­vré à temps plein.

«Je me sens mal pour Ke­vin. Je l’ai convain­cu de se joindre à nous. Il a tout ar­rê­té pour ve­nir tra­vailler avec les Tigres, ne si­gnant qu’un contrat d’un an. Ça m’a dé­çu pour lui. Je vais es­sayer de l’ai­der si je me trouve du bou­lot, on ver­ra», a-t-il ex­pli­qué.

Cette ex­pé­rience de Ber­gin est un peu à l’image de sa car­rière. Les gens qui le connaissent savent qu’il est loin d’être un ma­ta­more. Or, pour sur­vivre dans le monde du ho­ckey, il a com­men­cé à je­ter les gants au ni­veau ju­nior. Il est de­ve­nu un dur à cuire, cette in­grate tâche de faire la loi sur la sur­face gla­cée. «Il est un vrai! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai te­nu à l’avoir avec nous. Je vou­lais mon­trer aux gars c’était quoi se battre pour avoir quelque chose dans la vie. Il est par­ti de la France pour ve­nir ici», a pour­sui­vi Ri­chard­son.

Quant à son manque d’ex­pé­rience, les Tigres sou­hai­tant dé­sor­mais em­bau­cher un pi­lote ayant une feuille de route bien gar­nie, Ri­chard­son es­time que ce n’est pas un fac­teur es­sen­tiel à ses yeux.

«Dans 10 ans, on ne par­le­ra plus de mon in­ex­pé­rience. Claude Bou­chard et son per­son­nel der­rière le banc des Ca­ta­ractes ont quatre ans d’ex­pé­rience. Les Flyers ont fait les sé­ries avec un coach qui sort de l’uni­ver­si­té…», a-t-il ré­tor­qué.

L’ex-pi­lote des Tigres, qui ne sait pas en­core ce que l’ave­nir lui ré­serve, at­tend aus­si de voir ce qu’ad­vien­dra de sa re­quête de ré­in­té­grer le pro­gramme de Ho­ckey Ca­na­da. Il était ré­cem­ment en contact avec les bonzes de la fé­dé­ra­tion na­tio­nale afin de re­vivre l’ex­pé­rience d’un cham­pion­nat au sein de leur pro­gramme.

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