Aux be­soins de main-d’oeuvre, Mis­sion Em­ploi tente de ré­pondre

La Nouvelle Union - - Actualités - HÉ­LÈNE RUEL he­lene.ruel@tc.tc PLUS DE PHO­TOS SUR

EM­PLOI. De seule­ment rap­pe­ler qu’en quatre se­maines, le pre­mier sa­lon Mis­sion Em­ploi Ar­tha­bas­ka-Érable a réuni sur son plan­cher du Centre des congrès de Vic­to­ria­ville 52 en­tre­prises ayant près d’un mil­lier de postes à com­bler té­moigne de leurs grands be­soins de main-d’oeuvre.

C’est la pre­mière fois qu’avec la col­la­bo­ra­tion de par­te­naires, Ser­vices Qué­bec (qu’on ap­pe­lait Em­ploi Qué­bec) or­ga­ni­sait une telle ac­ti­vi­té dans la ré­gion. Le sa­lon a ou­vert ses portes jeu­di ma­tin pour les re­fer­mer à 20 heures. Di­rec­trice des centres lo­caux d’em­ploi d’Ar­tha­bas­ka et de L’Érable, Pa­tri­cia Plante es­père que l’ac­ti­vi­té puisse ser­vir de « pont » entre les en­tre­pre­neurs et les cher­cheurs d’em­ploi.

À quoi donc at­tri­buer cette pé­nu­rie de main-d’oeuvre à la­quelle, de stand en stand, les em­ployeurs disent se confron­ter ? Les ré­ponses se­raient mul­tiples, se­lon Mme La­plante et la conseillère aux en­tre­prises Ma­rie-France La­fon­taine.

Le taux de chô­mage plu­tôt bas dans la ré­gion consti­tue­rait un des fac­teurs, ce qu’on in­voque aus­si du cô­té d’une en­tre­prise comme Tech­no-Pro Ex­pert. « Pour­quoi manque-t-on de main-d’oeuvre ? On se pose aus­si cette ques­tion. En ve­nant ici à Mis­sion Em­ploi on va ten­ter de com­prendre », in­dique une porte-pa­role de l’en­tre­prise qui a ten­té, en vain, di­vers moyens pour re­cru­ter ma­chi­nistes, tech­ni­ciens de ser­vices, des­si­na­teurs. « On di­rait qu’ici les gens ont un em­ploi et s’y trouvent bien. »

Mmes Plante et La­fon­taine croient aus­si qu’il y a mé­con­nais­sance de la na­ture des em­plois qu’ont à of­frir les en­tre­prises de la ré­gion.

Elles évoquent par ailleurs le fait que si le site de pla­ce­ments en ligne est très consul­té par les cher­cheurs d’em­ploi, reste que beau­coup d’em­ployeurs n’af­fichent pas leurs postes. Ils pré­fé­re­raient se fier à leur ré­seau de contacts pour em­bau­cher quel­qu’un dont ils au­raient déjà en­ten­du par­ler.

La di­rec­trice des centres lo­caux d’Ar­tha­bas­ka et de l’Érable ajoute qu’il n’est pas fa­cile pour les en­tre­prises, pas toutes do­tées d’un dé­par­te­ment de res­sources hu­maines, de pré­sen­ter une bonne des­crip­tion des tâches et des com­pé­tences in­hé­rentes à leur offre d’em­ploi.

Un en­tre­pre­neur comme Ga­briel Ga­gnon, nou­veau pré­sident de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie des Bois-Francs et de L’Érable, croit de son cô­té que le tra­vail en usine est mal­heu­reu­se­ment peu va­lo­ri­sé, « pas gla­mour ». « Et ça com­mence à l’école. » À son en­tre­prise Re­flec, où tra­vaillent quelque 85 per­sonnes, M. Ga­gnon dit avoir du mal à s’at­ti­rer du per­son­nel, ayant sept postes à pou­voir. Ce manque de per­son­nel le contraint à re­fu­ser des contrats et à confier cer­taines tâches à la sous-trai­tance.

Il mise sur le pou­voir d’at­trac­ti­vi­té d’une ac­ti­vi­té comme Mis­sion Em­ploi. « Il y a des gens de l’ex­té­rieur qui pour­raient être at­ti­rés par Mis­sion Em­ploi et, par cette oc­ca­sion, dé­cou­vrir notre ré­gion, sa qua­li­té de vie. »

Il est per­sua­dé que les ef­forts consen­tis par Vic­to­ria­ville pour amé­lio­rer son cadre de vie contri­buent à at­ti­rer des jeunes sou­hai­tant y ins­tal­ler leur fa­mille et à oc­cu­per un em­ploi dans le sec­teur ma­nu­fac­tu­rier. « Il est plus at­ti­rant d’éle­ver ses en­fants dans une cour où il y a du vert et des arbres que sur le bé­ton à Mon­tréal ! »

Chez Vic Mo­bi­lier de ma­ga­sins, on a ten­té Mis­sion Em­ploi pour « sor­tir de notre zone de confort », la main-d’oeuvre étant non seule­ment dif­fi­cile à re­cru­ter, mais à gar­der, sou­tient-on.

Chez JIT La­ser, ins­tal­lé à Saint-Louis-deB­land­ford de­puis qu’un in­cen­die a ra­va­gé ses lo­caux à Da­ve­luy­ville, on a be­soin d’opé­ra­teurs. Le sa­lon et la pers­pec­tive d’un pro­gramme de for­ma­tion en dé­coupe of­fert entre les murs de l’en­tre­prise re­pré­sentent pour l’em­ployeur au­tant d’es­poirs de pal­lier son manque de main-d’oeuvre.

Mis­sion Em­ploi a réuni des em­ployeurs ain­si que sept en­tre­prises d’em­ploya­bi­li­té. Les cher­cheurs d’em­ploi, sur place, pou­vaient bo­ni­fier leur cur­ri­cu­lum vi­tae, se sou­mettre à une en­tre­vue et as­sis­ter à des confé­rences éclair toutes les heures, du genre « Une mi­nute pour ga­gner une en­tre­vue », « Mé­dias so­ciaux en re­cherche d’em­ploi », etc.

Aux yeux de Pa­trice Desro­chers du Groupe An­der­son, par­te­naire ma­jeur de Mis­sion Em­ploi, l’ac­ti­vi­té of­frait aux en­tre­pre­neurs une vi­trine pour at­ti­rer et re­cru­ter des ta­lents et af­fi­cher le dy­na­misme de la ré­gion. www.la­nou­velle.net

(Pho­to TC Me­dia – Hé­lène Ruel)

Mis­sion Em­ploi four­nit l’oc­ca­sion d’un contact di­rect entre l’em­ployeur et le cher­cheur d’em­ploi.

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