Fi­ni le main­tien à do­mi­cile pour le Centre d’en­traide Contact

Diane Le­fort dé­nonce le sous-fi­nan­ce­ment et le non-res­pect

La Nouvelle Union - - Actualités - CLAUDE THI­BO­DEAU claude.thi­bo­deau@tc.tc

SO­CIÉ­TÉ. In­di­gnée et ou­trée, la di­rec­trice du Centre d’en­traide Contact de War­wick, Diane Le­fort, rend les armes. Dès le 27 oc­tobre, l’or­ga­nisme n’of­fri­ra plus le vo­let du main­tien à do­mi­cile qu’il re­met entre les mains du Car­re­four d’en­traide bé­né­vole des Bois-Francs à Vic­to­ria­ville.

« C’est triste », note Diane Le­fort, mais le Centre d’en­traide Contact ne peut plus conti­nuer, faute de fi­nan­ce­ment adé­quat et d’une oreille at­ten­tive du Car­re­four d’en­traide bé­né­vole des Bois-Francs. De­puis qu’elle est en poste, de­puis cinq ans, la di­rec­trice du Centre d’en­traide Contact mul­ti­plie les dé­marches pour ob­te­nir une hausse de son en­ve­loppe.

Au Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) de la Mau­ri­cie-et-duCentre-du-Qué­bec, on s’en lave les mains. « On ne re­con­naît qu’un CAB (Centre d’ac­tion bé­né­vole) par MRC. Le CIUSSS ne re­con­naît que le Car­re­four d’en­traide bé­né­vole des Bois-Francs à qui il oc­troie une contri­bu­tion de 385 000 $. On nous ren­voie au Car­re­four pour la ques­tion du fi­nan­ce­ment », ex­plique Diane Le­fort.

« En cen­tra­li­sant de la sorte, le gou­ver­ne­ment ou­blie les ré­gions », pré­tend- elle. Le Centre d’en­traide Contact de War­wick, de­puis ses dé­buts en 1983, s’oc­cupe du vo­let main­tien à do­mi­cile, four­nis­sant no­tam­ment des ser­vices de trans­port et d’ac­com­pa­gne­ment, de re­pas chauds et froids, de l’écoute ami­cale, du vo­let so­cial pour aî­nés. L’or­ga­nisme des­sert l es ci­toyens de War­wick, Ting­wick, S a i n t - R é m i - d e -T i n g w i c k , Sain­teÉ­li­za­beth-de-War­wick et King­sey Falls.

« On a tou­jours été le sous-trai­tant du Car­re­four parce qu’il ne peut, mal­gré son man­dat MRC, des­ser­vir l’en­semble du très grand ter­ri­toire. Toutes ces an­nées, on a co­gné aux portes pour être re­con­nu et fi­nan­cé », sou­ligne Diane Le­fort.

UN OR­GA­NISME PER­FOR­MANT

Pour jus­ti­fier sa de­mande, le Centre d’en­traide Contact a fait ses de­voirs. Chiffres à l’ap­pui, la di­rec­trice gé­né­rale fait la dé­mons­tra­tion de l’ef­fi­ca­ci­té de son or­ga­nisme. Ain­si, le Centre d’en­traide Contact réus­sit à mo­bi­li­ser 105 bé­né­voles pour une po­pu­la­tion de 9009 per­sonnes, un pour­cen­tage de 1,2 %, tan­dis que le Car­re­four d’en­traide bé­né­vole re­joint, se­lon elle, 325 bé­né­voles pour une po­pu­la­tion de 62 887 per­sonnes, un pour­cen­tage de 0,5 %. « Nous sommes per­for­mants, fait va­loir Diane Le­fort. Même le nombre d’heures ef­fec­tuées par nos bé­né­voles est plus éle­vé. »

Diane Le­fort a pro­fi­té de l’ar­ri­vée d’une nou­velle di­rec­trice Isa­belle Ver­ville au Car­re­four d’en­traide bé­né­vole pour plai­der, de nou­veau, sa cause.

« Le vo­let main­tien à do­mi­cile nous coûte un peu plus de 19 500 $ et on ne re­çoit que 6050 $ », pré­cise Mme Le­fort.

Le Centre d’en­traide Contact a adres­sé, en mai, une de­mande d’in­dexa­tion. Les se­maines et les mois ont pas­sé. Au­cune ré­ponse à la de­mande for­mu­lée. « J’ai rap­pe­lé. On m’a dit qu’on y ver­rait en sep­tembre. Mais quand on s’est par­lé, j’ai com­pris qu’on n’avait même pas consul­té mon dos­sier », dé­plore la di­rect r i ce. « Ce n’est pas s eu­le­ment un sous-fi­nan­ce­ment, mais c’est pire, c’est un manque de res­pect. Je suis in­di­gnée, car il s’agit de l’ar­gent des contri­buables. Nous ac­com­plis­sons pour­tant très bien notre tra­vail, nos bé­né­voles sont mo­bi­li­sés, nous tra­vaillons fort », lance Diane Le­fort.

« Oui, j’aime le Car­re­four d’en­traide, mais je trouve que la ré­gion est né­gli­gée. Avec un man­dat MRC, le Car­re­four se doit de cou­vrir tout le ter­ri­toire », ajoute-t-elle. « Si les ser­vices se dé­ve­loppent à Vic­to, mais qu’ils ne se rendent pas en ré­gion, c’est fou­tre­ment moche », dé­nonce Diane Le­fort. Elle trouve dom­mage que le CIUSSS ne puisse re­con­naître l’or­ga­nisme. « La si­tua­tion fait en sorte qu’il met deux or­ga­ni­sa­tions en confron­ta­tion. »

Diane Le­fort se dé­fend bien d’être ja­louse ou d’en vou­loir au Car­re­four d’en­traide, mais elle se ques­tionne en ap­pre­nant qu’au Car­re­four les em­ployés bé­né­fi­cient d’un ré­gime de re­traite, tan­dis que de son cô­té, le fi­nan­ce­ment pose pro­blème et que ses em­ployés, au salaire mi­ni­mum, peinent à la tâche. « On court, on se dé­brouille avec les moyens du bord, car on manque de fi­nan­ce­ment. Nous n’avons au­cun bud­get de pu­bli­ci­té », fait re­mar­quer la DG qui dé­cide donc d’aban­don­ner.

« Je lâche », laisse tom­ber Diane Le­fort qui n’a pas sen­ti, au­près du Car­re­four, une vo­lon­té de la re­te­nir. Ain­si, les ser­vices de main­tien à do­mi­cile se­ront re­di­ri­gés vers le Car­re­four d’en­traide bé­né­vole dès le 27 oc­tobre.

(Pho­to TC Me­dia)

Diane Le­fort se dit in­di­gnée et ou­trée !

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