Le fléau de l’obé­si­té

La Petite-Nation - - CHRONIQUE D’HUMEUR -

Nous sommes de plus en plus gros, au Qué­bec, en On­ta­rio, au Ca­na­da, en Amé­rique du Nord, dans les pays oc­ci­den­taux. Les cas de dia­bète aug­mentent à un rythme ef­fa­rant. On a beau en re­par­ler, dans les mé­dias, à l’école, en mi­lieu de tra­vail, on a beau lan­cer ré­gu­liè­re­ment des cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion, la si­tua­tion ne semble pas s’amé­lio­rer sur le ter­rain. Au contraire, elle em­pire. Il suf­fit de consul­ter les études alar­mantes qui s’em­pilent sur les ta­blettes des cher­cheurs et des ges­tion­naires de la san­té.

Je vous donne quelques chiffres qui m’ont fait dres­ser les che­veux sur la tête. Aux États-unis, 1% des en­fants sont dé­jà obèses et dia­bé­tiques à l’âge de deux ans ! 30% de la po­pu­la­tion mon­diale vit quo­ti­dien­ne­ment avec un sur­plus de poids. On ne parle pas ici de quelques ki­los en trop, ou de lé­gers bour­re­lets, qui dis­pa­raî­traient avec un mi­ni­mum d’exer­cices quo­ti­diens. Non. On parle d’hommes et de femmes qui pèsent plus de 25 % au-des­sus de leur poids nor­mal.

À la té­lé­vi­sion amé­ri­caine, il est de plus en plus fré­quent de voir des co­mé­diens, non pas gras­souillets, mais avec de bons ‘ventres de bière’, an­non­cer des pro­duits rem­plis de gras trans et de sucre: piz­zas, re­pas conge­lés, pou­lets frits, crous­tilles, bois­sons ga­zeuses, jus de fruits. Re­pré­sentent-ils pour les com­man­di­taires la fa­mille-type d’au­jourd’hui ? De­viennent-ils la norme en mar­ke­ting, parce que les consom­ma­teurs s’iden­ti­fient à leur phy­sique ?

Si vous sui­vez le ba­se­ball ou le foot­ball, vous avez sû­re­ment re­mar­qué que plu­sieurs joueurs jouent main­te­nant avec un sur­plus de poids. Dans leurs uni­formes ser­rés, il est im­pos­sible de ne pas voir leurs ventres, leurs fesses, et leurs cuisses dé­me­su­rés ! Ce n’était pas comme ça il y a vingt ans. Au­jourd’hui, on en fait une image de force, de vi­ri­li­té !

Si la ten­dance se main­tient, 50% des nor­da­mé­ri­cains se­ront obèses en 2030. Ce­la re­pré­sente une per­sonne sur deux ! L’obé­si­té et les ma­la­dies qui en dé­coulent (dia­bète de type 2, ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires) coûtent an­nuel­le­ment à la so­cié­té 2000 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains. Faut y voir.

LE SUCRE: LE TUEUR NU­MÉ­RO 1

Êtes-vous des consom­ma­teurs ré­gu­liers de bois­sons ga­zeuses et éner­gé­tiques, de jus de fruits, de thés gla­cés ? Ces bois­sons su­crées à ou­trance sont di­rec­te­ment res­pon­sables de 200 000 dé­cès dans le monde, chaque an­née. Nous, les Ca­na­diens, on se classe au dixième rang des 80 pays son­dés, avec une moyenne an­nuelle de 88 litres par ha­bi­tant. Les Mexi­cains de­meurent les plus ac­cros, avec une consom­ma­tion de 147 litres par per­sonne, juste de­vant les Chi­liens et les Amé­ri­cains.

L’or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té re­com­mande aux com­pa­gnies pro­duc­trices de so­das de ne pas dé­pas­ser 10 % de sucre, par bou­teille, et en­cou­rage les pays à im­po­ser une sur­taxe aux bois­sons su­crées, quitte à en dou­bler le prix, ce qui frei­ne­rait la consom­ma­tion. Mais le lob­by des com­pa­gnies pour contrer cette me­sure est fé­roce. L’ap­pât du gain des ac­tion­naires n’a pas de li­mite. Ceux-ci se fichent des ré­per­cus­sions sur la san­té des consom­ma­teurs.

LA SI­TUA­TION EN OU­TAOUAIS

L’ins­ti­tut de la sta­tis­tique du Qué­bec et la Di­rec­tion de san­té de l’ou­taouais dé­voi­laient ré­cem­ment des chiffres sur les ha­bi­tudes de vie des ré­si­dents. On y ap­prend entre autres que l’obé­si­té est en re­cru­des­cence. 21% des ré­si­dents vivent avec un sur­plus de poids. Des adultes, oui. Mais éga­le­ment des en­fants et des ados. On constate aus­si qu’une per­sonne sur trois ne fait au­cun exer­cice jour­na­lier. Dans les deux cas, nous sommes les cham­pions pro­vin­ciaux.

Alors, que faire, in­di­vi­duel­le­ment et col­lec­ti­ve­ment, pour com­battre le fléau de l’obé­si­té ? La re­cette est simple, mais elle de­mande d’abord une prise de conscience, puis beau­coup de vo­lon­té et de per­sé­vé­rance. On mange moins. On mange mieux. On éli­mine au maxi­mum le sucre et les gras in­utiles. On bouge plus. On fait du sport. On s’en­cou­rage. On garde le cap. Et un ma­tin, pas si loin­tain, notre corps nous di­ra un GROS mer­ci.

CLIN D’OEIL À MES AMIS CO­OPÉ­RA­TEURS

Chaque an­née, à la mi-oc­tobre, la Se­maine de la co­opé­ra­tion met en va­leur les réa­li­sa­tions de nos co­opé­ra­tives. Co­opé­ra­tives d’ha­bi­ta­tion, co­opé­ra­tives fu­né­raires, co­opé­ra­tives agri­coles, co­opé­ra­tives fi­nan­cières, cha­cune a sa mis­sion. Mais la gou­ver­nance est la même pour toutes. Chaque membre est pro­prié­taire à part égale de sa co­opé­ra­tive, avec droit de vote, avec droit de pa­role. Les di­ri­geants élus sont des am­bas­sa­deurs et s’en­gagent à fond dans leur mi­lieu.

J’ai as­sis­té la se­maine der­nière à l’inau­gu­ra­tion of­fi­cielle du siège so­cial re­vam­pé de la caisse po­pu­laire de Ga­ti­neau (75 ans d’his­toire, 52 000 membres, 3 mil­liards de vo­lume d’af­faires), au 665 Bou­le­vard Saint-re­né ouest. Tout y a été conçu pour mieux des­ser­vir les so­cié­taires. Un WOW ar­chi­tec­tu­ral et tech­no­lo­gique. Bra­vo à l’équipe en place.

Je n’ai ja­mais ca­ché ma pas­sion pour le co­opé­ra­tisme. Je suis ta­toué en vert. Vert comme le lo­go du Mou­ve­ment Des­jar­dins, le plus im­por­tant groupe fi­nan­cier co­opé­ra­tif au Ca­na­da, avec 250 mil­liards d’ac­tif. Soyons fiers. Ce­la nous ap­par­tient.

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