Sta­tis­tique Ca­na­da et la Fran­co­pho­nie

La Petite-Nation - - CHRONIQUE D’HUMEUR -

Comme les autres Ca­na­diens, j’ai rem­pli le ques­tion­naire du re­cen­se­ment 2016 de Sta­tis­tique Ca­na­da. J’ai ré­pon­du aux ques­tions, co­ché avec mi­nu­tie les bonnes cases. Je me sen­tais in­ves­ti d’une mis­sion. On au­rait en­fin une idée claire de la réa­li­té du Ca­na­da d’au­jourd’hui.

Il y a quelques jours, Sta­tis­tique Ca­na­da dé­voi­lait l’es­sen­tiel des ré­sul­tats. Des jour­na­listes y re­marquent des chiffres éton­nants sur la forte crois­sance de l’an­glais dans plu­sieurs mu­ni­ci­pa­li­tés du Qué­bec, dont Ga­ti­neau. Alar­més, cer­tains po­li­ti­ciens sortent les crocs sur le thème de l’as­si­mi­la­tion.

Mais voi­là qu’on ap­prend que Sta­tis­tique Ca­na­da a er­ré dans son ana­lyse de don­nées sur l’usage de la langue. Les ré­ponses de 61 000 per­sonnes (!) au­raient été mal clas­si­fiées. La pro­gres­sion de l’an­glais se­rait fi­na­le­ment beau­coup moins im­por­tante que pré­vue. Pe­nauds, les élus changent de dis­cours po­li­tique.

» L’er­reur a été cau­sée par le lo­gi­ciel qui com­pile les don­nées », a af­fir­mé can­di­de­ment un porte-pa­role de Sta­tis­tique Ca­na­da. Ex­pli­ca­tion sim­pliste. Un lo­gi­ciel est un ou­til conçu par des pro­gram­meurs, par une équipe d’ex­perts en in­for­ma­tique, par des hu­mains. Seul, un or­di n’est pas très in­tel­li­gent ! Ne blâ­mons pas la ‘ma­chine’ ou ce lo­gi­ciel. Mais comme dit le dic­ton po­pu­laire, l’er­reur est hu­maine !

LES BONS FRO­MAGES DE CHEZ NOUS

Les Prix Ca­seus ré­com­pensent de­puis 1999 les meilleurs fro­mages du Qué­bec dans toutes les ca­té­go­ries. Pâte molle, pâte dure, pâte per­sillée, bleus, fro­mages en grains, croûtes la­vées et na­tu­relles, fro­mages de lait de vaches, de chèvres, de bre­bis. Les pro­duc­teurs ins­crivent leurs fro­mages à la fin avril. Les fro­mages fi­na­listes sont sé­lec­tion­nés à la fin mai par un ju­ry de connais­seurs. Les Prix Ca­seus per­mettent de mettre en va­leur la ‘crème’ de nos grands fro­ma­gers. Et notre ter­roir.

Quand j’étais pe­tit, notre choix de fro­mages se li­mi­tait au ‘Cheez Whiz’ et aux tranches ‘Single’ de Kraft, à un mor­ceau de Gruyère, à un ched­dar an­glais jau­ni par les an­nées, par­fois à un ca­mem­bert fran­çais cré­meux, ou à une pointe de Brie.

Les jours de fête, mon père sor­tait le Oka, le vrai Oka, ce­lui des moines fait à par­tir d’une re­cette ar­ti­sa­nale, un fro­mage qui dé­ga­geait une odeur in­des­crip­tible de pu­tré­fac­tion, après avoir été lais­sé quelques mi­nutes sur la table. Mais Dieu que c’était bon sur une tranche de pain mai­son !

Au­jourd’hui, on pro­duit des mil­liers de fro­mages de qua­li­té. En 2017, quatre fro­mages de la ré­gion se classent par­mi les meilleurs du Qué­bec. La Tête à Pa­pi­neau et le Ré­bel­lion 1837 de la Fro­ma­ge­rie Mon­te­bel­lo, la Cou­lée douce des Fo­lies Ber­gères de Thur­so, et le fro­mage en grain de la Trappe à fro­mages de Ga­ti­neau. Les grands ga­gnants des Prix Ca­seus se­ront an­non­cés dans quelques se­maines.

ST-AN­DRÉ, CA­PI­TALE DES AQUA­RELLES

Pour réus­sir à peindre des cen­taines d’aqua­relles, il faut une tech­nique hors-pair, beau­coup de ta­lent, de l’ins­pi­ra­tion, et de la pas­sion. Le peintre de la Pe­tite-na­tion, Jean-yves Guin­don, pos­sède tout ce­la. Sa 28ième ex­po­si­tion cham­pêtre pré­sen­tée chez lui, dans son ate­lier, s’est en­core avé­ré un grand suc­cès. 2500 vi­si­teurs ! Une cen­taine de ta­bleaux ven­dus en quelques jours à de fi­dèles ama­teurs.

Le pro­li­fique aqua­rel­liste a peint 4500 oeuvres de­puis le dé­but de sa car­rière. 4400 ta­bleaux ont trou­vé pre­neurs. Il faut le faire ! J’ad­mire les ar­tistes qui vivent de leur art, qui pro­duisent des oeuvres de qua­li­té, qui aiment cé­lé­brer l’amour de leur art avec le pu­blic.

Cha­peau Jean-yves. Mer­ci aus­si pour tes gé­né­reux dons de ta­bleaux pour des or­ga­nismes ca­ri­ta­tifs. Tu ré­ponds tou­jours pré­sent quand on fait ap­pel à toi.

PAT BURNS, TOU­JOURS VI­VANT!

Le troi­sième tour­noi de golf au pro­fit de la Fon­da­tion Pat Burns a per­mis d’amas­ser 42 000 dol­lars. L’ar­gent sert à ai­der fi­nan­ciè­re­ment les en­traî­neurs de la ré­gion qui se dé­vouent corps et âme pour notre jeu­nesse. Bra­vo Ja­son Burns de te­nir le flam­beau de ton père bien al­lu­mé.

BRYAN MUR­RAY, UN BAT­TANT

L’an­cien di­rec­teur gé­né­ral des Sé­na­teurs d’ot­ta­wa, Bryan Mur­ray, a per­du son long com­bat contre le can­cer cô­lon-rec­tal. Il avait 74 ans. Du­rant cette ba­taille à fi­nir contre un can­cer de stade 4 (on lui don­nait six mois à vivre, il y a 3 ans), Bryan Mur­ray n’a ces­sé de sen­si­bi­li­ser les hommes de plus de 50 ans à l’im­por­tance de pas­ser ré­gu­liè­re­ment des co­lo­sco­pies. Ce qu’il re­gret­tait de ne pas avoir fait. Ce mes­sage est son legs le plus im­por­tant au­près de gé­né­ra­tions qui doutent en­core de ce test de rou­tine qui peut dé­tec­ter à temps un can­cer gué­ris­sable.

Na­tif de Shaw­ville, Bryan Mur­ray au­ra tra­vaillé 35 ans dans la ligue na­tio­nale, dont 18 ans à titre d’en­traî­neur-chef. Un par­cours de ga­gnant, de lea­der, de men­tor, d’homme d’équipe. À Wa­shing­ton, à Dé­troit, en Flo­ride, à Ana­heim, à Ot­ta­wa. 620 vic­toires. Des tro­phées du meilleur en­traî­neur et du meilleur di­rec­teur gé­né­ral de l’an­née.

Bryan Mur­ray a fait des mi­racles pour gar­der nos Sé­na­teurs com­pé­ti­tifs dans un pe­tit mar­ché de ho­ckey. On lui doit beau­coup.

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