La «ma­gie» de Jean-yves Guin­don

La Petite-Nation - - CULTURE - LOUIS-CHARLES POU­LIN louis-charles.pou­lin@tc.tc

AR­TISTE.DÈS sa toute pre­mière ex­po­si­tion cham­pêtre, l’aqua­rel­liste Jean-yves Guin­don sa­vait qu’il avait trou­vé la «bonne for­mule». En­core une fois cette an­née, la 28e édi­tion de son évé­ne­ment lui au­ra per­mis de ren­con­trer en­vi­ron 2 500 vi­si­teurs, dont plu­sieurs ache­teurs.

Consi­dé­rée comme la plus im­por­tante ex­po­si­tion d’aqua­relles en Ou­taouais par un seul ar­tiste, les vi­si­teurs ont pu y ob­ser­ver 100 ta­bleaux réa­li­sés par Jean-yves Guin­don au cours de la der­nière an­née. Chaque an­née, quelque chose de «ma­gique» se pro­duit, puisque la ma­jo­ri­té de ses oeuvres ex­po­sées dis­pa­raissent. Ha­bi­tuel­le­ment les ma­gi­ciens pré­fèrent ne pas dé­voi­ler leur truc mais puis­qu’il n’en est pas un, M. Guin­don n’a au­cun pro­blème à le dé­voi­ler. «Je ne sais pas quelle ma­gie j’ai, mais j’ai un sens du mar­ke­ting et de la vente […] Fi­na­le­ment, je crois que c’est ma pas­sion pour le mé­dium et pour l’art qui fait ça. Je suis cer­tain que les gens res­sentent ma pas­sion. Ça fait en sorte que quand je leur parle d’un ta­bleau, ils partent sou­vent avec», af­firme ce­lui qui vit de son art de­puis 1988.

De­puis le dé­but de sa car­rière, l’aqua­rel­liste men­tionne avoir réa­li­sé 4500 aqua­relles, dont plus de 4 400 ont été ven­dues. La ma­jo­ri­té de ses ventes se font lors de ses ex­po­si­tions cham­pêtres, pré­cise-t-il. M. Guin­don se sou­vient en­core de sa pre­mière ex­po­si­tion cham­pêtre qu’il avait te­nue sur le rang Sain­te­ma­de­leine à Saint-an­dré-avel­lin. «J’avais ven­du plus de ta­bleaux du­rant ma pre­mière ex­po­si­tion cham­pêtre que du­rant toute l’an­née 1990 à ma ga­le­rie d’art à Ga­ti­neau. Je me suis dit que c’était la bonne for­mule et j’ai fer­mé ma ga­le­rie», se re­mé­more ce­lui qui avait alors dé­ci­dé de quit­ter Ga­ti­neau pour ve­nir s’ins­tal­ler dans la Pe­tite-na­tion. En­core au­jourd’hui, il ne re­grette pas cette décision qui lui a per­mis de dé­ve­lop­per son mar­ché, de se consa­crer da­van­tage à la créa­tion d’oeuvres et de s’en­tou­rer de pay­sages ins­pi­rants.

«Je m’ins­pire de la na­ture, par­ti­cu­liè­re­ment celle de la Pe­tite-na­tion. J’aime peindre le pa­tri­moine et les pay­sages de la ré­gion, parce que les gens s’iden­ti­fient à mes ta­bleaux», confie M. Guin­don qui a peint son pre­mier pay­sage à l’âge de 6 ans. Pen­dant son ado­les­cence, il a ex­plo­ré tour à tour la sculp­ture, la pein­ture à l’huile et le pas­tel, mais c’est l’aqua­relle qui l’a le plus fas­ci­né. «C’est le mé­dium le plus in­té­res­sant pour moi, puisque c’est lui qui a le plus de dé­fis et d’im­pro­vi­sa­tion. Je mouille ma feuille au com­plet, donc je dois faire mon oeuvre d’un coup et sans pou­voir y ap­por­ter de cor­rec­tion», ex­plique-t-il en pré­ci­sant ne pas uti­li­ser de blanc comme cou­leur, donc il s’im­pose comme dé­fi sup­plé­men­taire d’uti­li­ser le blanc de sa toile. Mal­gré les nom­breux dé­fis pro­po­sés par son mé­dium, M. Guin­don dit n’avoir ra­té au­cun ta­bleau de­puis une quin­zaine d’an­nées. «Dans mes dé­buts, je pou­vais en ra­ter une tren­taine par an­née, mais au­jourd’hui je com­mence à être pas mal bon», conclut-il.

(Pho­to TC Me­dia – Louis-charles Pou­lin)

Jean-yves Guin­don a peint une cen­taine d’aqua­relles au cours de la der­nière an­née.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.