Au­top­sie élec­to­rale

La Petite-Nation - - CHRONIQUE D’HUMEUR -

Les ci­toyens des 57 mu­ni­ci­pa­li­tés de l’ou­taouais ont élu leurs maires et con­seillers mu­ni­ci­paux pour les quatre pro­chaines an­nées. Aux ga­gnants et ga­gnantes, je dis bra­vo. Je re­marque qu’il y a beau­coup de nou­veaux vi­sages. Des jeunes, des plus vieux. Beau­coup de femmes. Tant mieux. Aux per­dants et per­dantes, je dis à la pro­chaine fois. Se lan­cer en po­li­tique, de­voir se battre pour être élu, ser­rer des mains, co­gner aux portes, en­tendre sou­haits et do­léances des contri­buables, être dis­po­nible, de­mandent beau­coup de sa­cri­fices. La po­li­tique de­vrait être consi­dé­rée comme un en­ga­ge­ment noble. Les po­li­ti­ciens in­tègres mé­ritent res­pect et po­li­tesse.

Ce qui me dé­sole, c’est le taux de par­ti­ci­pa­tion qui conti­nue de bais­ser à chaque ren­dez­vous élec­to­ral. En Ou­taouais, il frôle main­te­nant la barre des 38%. C’est 3% de moins qu’en 2013 ! Il faut trou­ver des so­lu­tions pour ra­me­ner les ci­toyens aux urnes. Ce­la de­vrait de­ve­nir une prio­ri­té à tous les pa­liers de gou­ver­ne­ment : mu­ni­ci­pal, pro­vin­cial, fé­dé­ral. L’équi­libre et la santé de notre dé­mo­cra­tie en dé­pendent.

Dans 22 pays du monde (dont la Bel­gique et le Bré­sil), al­ler vo­ter est obli­ga­toire. Cer­tains pays offrent des in­ci­ta­tifs fi­nan­ciers. La ca­rotte. D’autres im­posent des amendes. Le bâ­ton. Ce­la dit, si c’est le dé­pla­ce­ment au bu­reau de scru­tin, ou la mé­téo qui causent pro­blème, il est im­pen­sable de ne pas pou­voir of­frir dans le monde d’au­jourd’hui un moyen tech­no­lo­gique fiable, comme le té­lé­phone ou le web. On s’en sert bien pour y pas­ser des com­mandes, y payer nos cartes de cré­dit, y gé­rer nos af­faires. En toute confi­den­tia­li­té et sé­cu­ri­té. Alors, on at­tend quoi ?

OUI À MAXIME PED­NEAUD-JO­BIN. NON À AC­TION GA­TI­NEAU

Maxime Ped­neaud-jo­bin a ga­gné son élec­tion. Mais il n’a pas ga­gné son pa­ri d’ob­te­nir la ma­jo­ri­té au­tour de la table du con­seil. Ac­tion Ga­ti­neau a fait élire six con­seillers. Les douze autres élus siègent comme con­seillers in­dé­pen­dants. On re­trouve un bel équi­libre hommes-femmes. Il y a un tiers de néo­phytes, et une dou­zaine de po­li­ti­ciens ex­pé­ri­men­tés. Je pré­vois des échanges mus­clés sur des en­jeux­clé. En es­pé­rant qu’ils soient construc­tifs.

Fin stra­tège po­li­tique, Maxime Ped­neaud­jo­bin au­ra réus­si à me­ner une cam­pagne élec­to­rale sans failles, sans mon­tagnes russes. Les Ga­ti­nois ne semblent pas friands des coups d’éclats, des prises de bec, de l’inconnu. Ils ont donc vo­té pour une conti­nui­té ras­su­rante, même si rien n’est par­fait en po­li­tique, ni en ce bas monde.

Le maire ré­élu au­ra su s’en­tou­rer d’une équipe so­lide sur le ter­rain. Il a pla­ni­fié sa cam­pagne per­son­nelle avec mi­nu­tie. Les sor­ties, les ren­contres, les en­tre­vues, les dé­bats. Dans ses dis­cours et mes­sages, il a su ci­bler les en­jeux qui l’in­ter­pellent. No­tam­ment, un cadre fi­nan­cier com­pre­nant une hausse des taxes réa­liste et rai­son­nable éta­lée sur quatre ans, l’amé­lio­ra­tion du trans­port en com­mun vers l’ouest (har­mo­ni­sé un jour avec le train lé­ger d’ot­ta­wa), des ser­vices de proxi­mi­té amé­lio­rés, la ré­fec­tion d’ar­tères prin­ci­pales, l’en­tre­tien des rues, la qua­li­té de vie so­cio­com­mu­nau­taire.

UNE OP­PO­SI­TION DI­VI­SÉE

En plus de di­vi­ser le vote, le manque de stra­té­gie ou la désor­ga­ni­sa­tion de l’op­po­si­tion m’ont sau­té aux yeux. Rémi Bergeron et Clé­ment Bélanger n’étaient pas de taille. Peu connus dans la po­pu­la­tion, sans pro­grammes dé­taillés, ils se sont trans­for­més en fi­gu­rants qui im­pro­visent. Syl­vie Go­neau, sou­vent dif­fi­cile à suivre dans ses orien­ta­tions et ex­pli­ca­tions, a es­sayé en vain de se po­si­tion­ner comme la can­di­date la plus cré­dible pour battre le maire sor­tant.

Po­li­ti­cien ex­pé­ri­men­té et po­sé, De­nis Tassé a com­men­cé sa cam­pagne en re­tard. Il a per­du du temps pré­cieux à son­der ses ap­puis au­près de son ré­seau de contacts et des gens d’af­faires. Il a trop at­ten­du pour pré­sen­ter à la po­pu­la­tion et aux mé­dias son pro­gramme com­plet et son cadre éco­no­mique. Les dés étaient je­tés. Les jeux étaient faits.

Une vé­ri­table lutte à deux au­ra-t-elle chan­gé la donne ? Peut-être.

À QUOI S’AT­TENDRE POUR LES QUATRE PRO­CHAINES AN­NÉES ?

Les con­seillers de Ga­ti­neau pour­ront-ils tra­vailler en équipe, en har­mo­nie avec le maire, et faire fi de par­ti­sa­ne­rie. Ver­rons-nous la créa­tion d’un autre par­ti mu­ni­ci­pal pour con­trer les orien­ta­tions d’ac­tion Ga­ti­neau ? Il se­ra dif­fi­cile de mettre sous le ta­pis les en­jeux im­por­tants. No­tam­ment, les at­tentes en­tre­pre­neu­riales, le dé­ve­lop­pe­ment, le poids po­li­tique de Ga­ti­neau.

Le man­dat de Maxime Ped­neaud-jo­bin le mène jus­qu’en no­vembre 2021. Le maire ré­élu se ren­dra-t-il jus­qu’au bout de ce man­dat ? Des confron­ta­tions sté­riles vont-elles avoir rai­son de sa pa­tience ? Ce­la dé­pen­dra de l’ali­gne­ment des astres, et des offres qui pour­raient abou­tir sur sa table. L’homme a de l’am­bi­tion, et cer­tai­ne­ment d’autres pas­sions à as­sou­vir. Et je ne vois au­cun mal à ce­la.

ILS SONT MORTS EN HÉ­ROS

Cette se­maine marque le 100ième an­ni­ver­saire de la ba­taille de Pas­schen­daele en Bel­gique. Une bou­che­rie qui a fait 4000 morts et 12 000 bles­sés chez les sol­dats ca­na­diens. Leur bra­voure a per­mis de chas­ser l’en­ne­mi.

Le sa­me­di 11 no­vembre, c’est le Jour du Sou­ve­nir. As­sis­ter à la cé­ré­mo­nie à Ot­ta­wa est la plus belle fa­çon de dire mer­ci à nos hé­ros.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.