Pau­lette Lalande tire sa ré­vé­rence

La Petite-Nation - - ACTUALITÉS - LOUIS-CHARLES POU­LIN louis-charles.pou­lin@tc.tc

ÉLEC­TIONS. Après 22 ans en po­li­tique, dont 20 en tant que mai­resse de Plai­sance et 15 comme pré­fète de la MRC de Pa­pi­neau, Pau­lette Lalande quit­te­ra of­fi­ciel­le­ment ses fonc­tions po­li­tiques le 22 no­vembre. Le jour­nal La Pe­tite-na­tion l’a ren­con­tré pour par­ler de sa car­rière et aus­si de sa ré­gion.

«J’ai ado­ré mes 15 an­nées comme pré­fète. J’ai tou­jours ai­mé la po­li­tique et la po­li­tique m’a tou­jours ai­mée aus­si. J’ai eu énor­mé­ment de chance, mais il faut dire que je suis fon­ceuse et que j’ai tou­jours été te­nace dans ce que je fai­sais», dit-elle en se re­mé­mo­rant la vi­site du mi­nistre Claude Bé­chard, dé­cé­dé au­jourd’hui, pour l’inau­gu­ra­tion du Parc na­tio­nal de Plai­sance. Il avait alors men­tion­né : «Si Pau­lette vous té­lé­phone, dite lui Oui tout de suite. Parce que de toute fa­çon, si vous lui dites Non, elle va fi­nir par vous avoir à l’usure et vous faire dire Oui», ra­conte Mme Lalande en di­sant que cette dé­cla­ra­tion de M. Bé­chard la re­pré­sente bien. «Ça m’avait mar­quée», confie Mme Lalande qui dresse un bi­lan po­si­tif de sa car­rière où elle a ma­noeu­vré de nom­breux dos­siers. «Je ne me suis ja­mais en­nuyée de toute ma vie, car j’ai tou­jours été oc­cu­pée.»

«J’ai réa­li­sé beau­coup de choses, mais on les a tou­jours réa­li­sées en équipe. Avec tous les maires que j’ai cô­toyés en 15 ans, il y en a eu beau­coup, on avait une règle com­mune et c’est qu’on se res­pec­tait, on se com­plé­tait et on tra­vaillait en­semble. Ç’a tou­jours été la règle fon­da­men­tale», évoque-t-elle d’en­trée de jeu. Pour elle, un autre prin­cipe im­por­tait beau­coup sous sa gou­verne et c’est que «toutes les idées sont bonnes et mé­ritent d’être en­ten­dues». Mal­gré qu’elle lais­sait place aux dé­bats, elle sou­ligne qu’il n’y a «ja­mais eu de conseil hou­leux où les uns étaient contre les autres. Ça ne s’est ja­mais vu et on fi­nis­sait tou­jours par en ar­ri­ver à un consen­sus», se ré­jouit celle qui a été en­sei­gnante pen­dant 35 ans au­pa­ra­vant. Tout comme avec ses élèves à l’école, il était pri­mor­dial de le­ver la main pour prendre la pa­role au conseil des maires, lan­cet-elle en pré­ci­sant que le bon cli­mat de tra­vail a per­mis de réa­li­ser plu­sieurs avan­ce­ments. «De­puis 15 ans, je pense que notre ré­gion a gran­di énor­mé­ment»

«MAIN­TE­NANT, ON A NOTRE PROPRE IDEN­TI­TÉ»

Grâce au tra­vail ac­com­pli, Mme Lalande se dit par­ti­cu­liè­re­ment fière de voir que la ré­gion est de plus en plus re­con­nue. «Quand je suis ar­ri­vée, il y a 22 ans. J’al­lais à Qué­bec et per­sonne ne sa­vait c’était où la MRC de Pa­pi­neau. Main­te­nant quand tu vas à Qué­bec, les gens le savent c’est où la MRC de Pa­pi­neau. On a créé notre nom et l’ou­taouais on prend de plus en plus notre place au ni­veau du Qué­bec. Avant, on était sou­vent consi­dé­ré comme fai­sant par­tie de l’on­ta­rio», in­dique-t-elle. «On a la chance d’avoir sur notre ter­ri­toire des at­traits qui sont re­con­nus à tra­vers le monde, comme le Châ­teau Mon­te­bel­lo, le Parc Omé­ga et le Lac-si­mon», énu­mère-t-elle en pré­ci­sant qu’il est im­por­tant de mi­ser sur ce genre d’en­droits pour faire connaître la ré­gion. Se­lon elle, la MRC de Pa­pi­neau peut éga­le­ment comp­ter sur un mi­lieu cultu­rel vi­vant, avec de nom­breux ar­tistes dans dif­fé­rents do­maines, comme l’aqua­rel­liste Jean-yves-guin­don qui re­pré­sente la ré­gion à l’in­ter­na­tio­nal. «La culture, c’est ce qui fait la ri­chesse d’une ré­gion et qui la dif­fé­ren­cie des autres», es­time-t-elle. «Pour moi, le sen­ti­ment d’ap­par­te­nance c’est su­per im­por­tant et je pense qu’on en a un bon dans la Pe­tite-na­tion.» Il faut tou­jours être à l’écoute des be­soins des ci­toyens et des ci­toyennes.»

- Pau­lette Lalande

«IL FAUT AT­TI­RER DES EN­TRE­PRISES»

Au ni­veau du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique, il est pri­mor­dial de pour­suivre les ef­forts pour at­ti­rer des en­tre­prises et plus par­ti­cu­liè­re­ment des jeunes en­tre­pre­neurs et tra­vailleurs, fait sa­voir Mme Lalande. «On a Lau­zon qui est une en­tre­prise ex­cep­tion­nelle, mais ils ont de la mi­sère à trouver du per­son­nel.» Pour le bien de l’éco­no­mie ré­gio­nale, Mme Lalande est per­sua­dée que le Parc in­dus­triel vert de Pa­pi­neau (PIRVP) doit ab­so­lu­ment être dé­ve­lop­pé le plus ra­pi­de­ment pos­sible. «C’est ça qui va faire qu’on va avoir de la ri­chesse chez nous», sou­tient-elle en sou­li­gnant qu’il s’agit d’une pre­mière au Qué­bec de voir 24 mu­ni­ci­pa­li­tés s’unir pour for­mer un tel en­droit. Mme Lalande men­tionne que l’ajout du der­nier tron­çon de l’au­to­route 50, en 2012, a gran­de­ment per­mis de dé­ve­lop­per la ré­gion et qu’il faut conti­nuer à mi­ser sur cet axe rou­tier à l’ave­nir.

«ON PREND SOIN DES GENS LES PLUS VUL­NÉ­RABLES»

L’un des en­jeux au­quel doit faire face la MRC de Pa­pi­neau est que sa po­pu­la­tion est de plus en plus vieillis­sante. «Je pense qu’on est l’une des MRC où les per­sonnes sont les plus âgées au Qué­bec», avance Mme Lalande qui, ce­pen­dant, sou­ligne que des po­li­tiques et des pro­grammes sont en place à cet ef­fet. On a beau­coup d’aî­nés, mais beau­coup de pro­grammes pour eux et aus­si pour les per­sonnes han­di­ca­pées», dit-elle en fai­sant ré­fé­rence, entre autres, à l’ate­lier de for­ma­tion so­cio­pro­fes­sion­nelle de la Pe­ti­te­na­tion (AFSPN) et l’as­so­cia­tion pour Per­sonnes Han­di­ca­pées de Pa­pi­neau (APHP). «C’est cer­tain qu’on n’est pas une ré­gion riche, mais on n’est pas une ré­gion pauvre. On est une ré­gion où l’on prend soin des gens les plus vul­né­rables et c’est vrai­ment l’une de nos forces», croit-elle. Mme Lalande se dit aus­si bien consciente qu’il faut frei­ner l’exode des jeunes pour ra­jeu­nir la moyenne d’âge de la po­pu­la­tion, par exemple, en of­frant da­van­tage de for­ma­tions de mé­tiers pro­fes­sion­nels sur le ter­ri­toire. «Nos jeunes quand ils s’en vont étu­dier ailleurs, ils ne re­viennent pas. Il faut don­ner plus de cours dans notre ré­gion, pour qu’ils res­tent ici.»

«ON EST DES GENS HEU­REUX ICI»

Après son dé­part, Mme Lalande es­père que du po­si­tif pour les ci­toyens de sa ré­gion. «Je sou­haite que la ré­gion conti­nue à gran­dir et qu’on reste nous-mêmes, parce qu’on est des gens heu­reux ici. Il faut qu’on garde notre sen­ti­ment d’ap­par­te­nance et notre pré­oc­cu­pa­tion de l’autre. C’est ce que je sou­haite à ma ré­gion. Quand je parle de ma ré­gion, je ne fais pas uni­que­ment ré­fé­rence à la MRC de Pa­pi­neau, mais à l’en­semble de l’ou­taouais». Pour ter­mi­ner, Mme Lalande confie qu’elle pren­dra six mois pour se re­po­ser et pen­ser à son fu­tur après avoir quit­té of­fi­ciel­le­ment ses fonc­tions, lors de la dé­si­gna­tion du nou­veau pré­fet, le 22 no­vembre.

(Photo TC Me­dia – Louis-charles Pou­lin)

Pau­lette Lalande sou­haite que la ré­gion conti­nue de gran­dir et que les ci­toyens de la MRC de Pa­pi­neau de­meurent heu­reux.

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