«Pour moi, c’est une fa­çon de bou­cler la boucle»

Da­niel Sé­guin re­cru­té par Nez Rouge comme am­bas­sa­deur

La Petite-Nation - - ACTUALITÉS - MI­CHEL MOYNEUR mi­chel.moyneur@tc.tc

COMMUNAUTÉ. «Je pense que ça fait de moi un ac­teur im­por­tant, qui sait de quoi il parle.»

C’est dans ces mots que Da­niel Sé­guin a ré­su­mé pour­quoi il a ac­cep­té le rôle d’am­bas­sa­deur de l’ac­tuelle cam­pagne lo­cale d’opé­ra­tion Nez Rouge.

L’ex-ani­ma­teur es­time que son his­toire per­son­nelle peut faire ré­flé­chir sur les consé­quences de prendre le vo­lant sous l’ef­fet de l’al­cool, lui qui a été im­pli­qué dans un ac­ci­dent de la route à l’été 2010 quelques mi­nutes sui­vant sa sor­tie d’un bar du Vieux-hull.

Il a éco­pé d’une peine de pri­son à pur­ger les week-ends, au mois de juin der­nier, après avoir plai­dé cou­pable à une ac­cu­sa­tion d’avoir cau­sé des lé­sions cor­po­relles à au­trui alors que le taux d’al­cool dans son sang dé­pas­sait 80 mg par 100 ml.

«On parle beau­coup d’ac­ci­dents, de morts, de bles­sés. Mais ça a un im­pact so­cial im­por­tant, sur une vie de fa­mille, sur le tra­vail. C’est une réor­ga­ni­sa­tion com­plète d’une vie. Pour moi, ça a été la fin d’un couple», a confié M. Sé­guin lors du lan­ce­ment de la nou­velle cam­pagne de Nez Rouge.

«De re­ve­nir (sur l’af­faire) était ter­ri­ble­ment dif­fi­cile. Je vou­lais mettre ça der­rière moi. Mais en même temps, si je peux don­ner quelque chose à la communauté… Pour moi, c’est une fa­çon de bou­cler la boucle.»

Avant d’ac­cep­ter ce man­dat d’am­bas­sa­deur, l’an­cien mor­ning man a eu une pen­sée pour la jeune femme qui se trou­vait à bord du vé­hi­cule qu’il a heur­té il y a sept ans, a-t-il sou­li­gné aux membres de la presse.

«Oui, j’y ai pen­sé (à la vic­time), mais je ne pense pas que ce soit pa­ra­doxal (mon as­so­cia­tion avec Nez Rouge). Elle ne mé­ri­tait pas ça, ce soir-là. C’est de ma faute et c’est ré­glé. Je pense avoir payé ma dette, sin­cè­re­ment.»

M. Sé­guin avait par ailleurs un mes­sage à li­vrer aux plus jeunes qui, même in­toxi­qués par l’al­cool, font le choix de prendre le vo­lant.

«Lors­qu’on parle à des jeunes de conduite en état d’ébrié­té, la pre­mière chose qui leur vient en tête, c’est leur per­mis qu’ils ne veulent pas perdre. Ce n’est pas de bles­ser ou de tuer quel­qu’un.»

«À 22-23 ans, on se croit in­vin­cibles. Je croyais l’être à l’âge que j’avais, mais je me suis aper­çu que, fi­na­le­ment, je ne l’étais pas. Ce qui vient avec, c’est pas mal plus que ce qu’on pense. C’est beau­coup plus qu’une nuit qu’on veut oublier. C’est un mo­ment de la vie qui nous stoppe.»

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