Les skis de bois de Ro­ger St-de­nis

La Petite-Nation - - ACTUALITÉS - LOUIS-CHARLES POU­LIN lc­pou­lin@lexis­me­dia.ca

ÉBÉNISTERIE. Un ébé­niste de Ri­pon, Ro­ger St-de­nis, par­ti­cipe au Ma­ra­thon Ca­na­dien de Ski (MCS), de­puis quelques an­nées, avec ses propres skis de bois qu’il a fa­bri­qués.

De­puis une qua­ran­taine d’an­nées, Ro­ger St-de­nis pos­sède son ate­lier d’ébénisterie où il fa­brique un peu de tout.

«Les pos­si­bi­li­tés sont énormes avec le bois. On peut fa­bri­quer à peu près n’im­porte quoi, sou­ligne ce­lui qui gagne sa vie grâce à sa pas­sion. Quand les gens savent qu’il y a quel­qu’un qui tra­vaille le bois, ils viennent et ils ont tou­jours de quoi à faire faire.»

Après être tom­bé par ha­sard sur un plan nor­vé­gien dans un livre d’ébénisterie dé­mon­trant com­ment fa­bri­quer ses propres skis de bois, le Ri­pon­nais a dé­ci­dé de confec­tion­ner sa propre paire il y a près d’une di­zaine d’an­nées.

«Ça fait long­temps que je suis ama­teur de ski de ran­don­née et avant j’avais de vieux skis de bois. Un mo­ment don­né, je suis tom­bé et je les ai cas­sés. J’ai es­sayé de me trou­ver d’autres skis de bois, mais je n’en trou­vais pas. Je n’étais pas ca­pable de m’ha­bi­tuer avec des skis de fibre, car avant il n’était pas per­for­mant comme au­jourd’hui», ex­plique-t-il.

M. St-de­nis a donc dé­ci­dé de suivre le plan pro­ve­nant de la Nor­vège pour fa­bri­quer des skis à son goût.

«Je les ai pas mal es­sayés et je conti­nue à les uti­li­ser ré­gu­liè­re­ment», dit-il en confiant que ses en­droits pré­fé­rés pour skier dans la ré­gion sont les pistes de Ri­pon et de Saint-an­dré-avel­lin.

Il adore éga­le­ment les pistes des Chic-chocs en Gas­pé­sie et rêve un jour d’al­ler skier en Nor­vège.

«Ils sont vrai­ment so­lides et ils n’ont ja­mais bri­sé. Le seul hic, c’est que ce sont des skis qui sont lourds. Ça peut de­ve­nir plus fa­ti­gant pour les jambes […] Avec mes skis de bois, je peux perdre le contrôle plus fa­ci­le­ment sur la glace», re­marque le fon­deur en ajou­tant que ses skis de bois pro­curent une meilleure adhé­rence pour mon­ter des pentes.

«Dans la neige, ça va su­per bien, mais c’est cer­tain que ce ne sont pas des skis de com­pé­ti­tion. C’est vrai­ment pour le plai­sir!»

Avec ses skis de bois et ses vieux bâ­tons de bam­bou, M. St-de­nis at­tire énor­mé­ment l’at­ten­tion sur les pistes.

«J’ai l’air un peu vieux jeu quand je vais sur les pistes. Di­sons que je ne passe pas in­aper­çu. La pre­mière fois que j’ai fait le MCS, je n’en re­ve­nais pas de voir les gens qui me dé­pas­saient en me di­sant: «Wow c’est des beaux skis où tu as pris ça?» Je leur ré­pon­dais que je les avais pris à Ri­pon, que c’est moi qui les ai fa­bri­qués. Les gens semblent vrai­ment épa­tés de voir qu’on peut faire ses propres skis en bois.»

Pour en­tre­te­nir ses skis, il doit ap­pli­quer du gou­dron sur la se­melle quelques fois par an­née. «C’est pour que ce soit im­per­méable et que pour la cire que je vais mettre puisse adhé­rer comme il faut. Aus­si, ça fait en­vi­ron deux fois que je les fais re­ver­nir comme il faut», ex­plique le prin­ci­pal in­té­res­sé qui doit éga­le­ment s’as­su­rer que ses skis conservent leur courbe.

M. St-de­nis ré­vèle qu’il a uti­li­sé du ce­ri­sier pour le des­sus de ses skis, de l’épi­nette et du me­ri­sier pour le centre et du car­rier pour la se­melle.

À la suite de la créa­tion de sa pre­mière paire de skis, l’ébé­niste en a construit quatre autres pour des membres de sa fa­mille et une amie. Éven­tuel­le­ment, il en­vi­sage peut-être d’en réa­li­ser une sixième paire plus lé­gère dans le but d’amé­lio­rer ses per­for­mances.

«J’ai­me­rais me faire une paire plus étroite et moins épaisse pour avoir plus de fa­ci­li­té à al­ler dans des pistes tra­cées.»

Ce­pen­dant, il n’en­vi­sage pas d’en faire d’autres par la suite. «J’ai beau­coup de plai­sir à en faire pour moi et ma fa­mille, mais je ne vou­drais pas en faire pour en vendre», pré­cise-t-il en spé­ci­fiant qu’avec le temps et les ma­té­riaux re­quis, il se­rait bien dif­fi­cile d’en vendre à un coût moindre que 500 $.

S’il y a suf­fi­sam­ment de neige, M. St-de­nis men­tionne qu’il de­vrait prendre part à son qua­trième MCS cette fin de se­maine, les 10 et 11 fé­vrier. Cette an­née, pour le 52e Ma­ra­thon, l’évé­ne­ment opte pour un nou­veau par­cours dé­bu­tant au Mont-trem­blant qui passe à Mon­te­bel­lo pour se ter­mi­ner à La­chute.

Ce­la re­pré­sente un tra­jet d’en­vi­ron 160 km, mais il est éga­le­ment pos­sible de choi­sir une dis­tance moins longue lors de l’ins­crip­tion.

Rap­pe­lons que le MCS se veut la plus longue et la plus an­cienne ran­don­née de ski de fond en Amé­rique du Nord.

À no­ter que dans le cadre du MCS, un Mi­ni ma­ra­thon sco­laire est aus­si or­ga­ni­sé le 9 fé­vrier où plu­sieurs élèves de la ré­gion pour­ront faire du ski de fond. Les pos­si­bi­li­tés sont énormes avec le bois. On peut fa­bri­quer à peu près n’im­porte quoi.»

- Ro­ger St-de­nis

(Pho­to La Pe­tite-na­tion – Louis-charles Pou­lin)

Ro­ger St-de­nis, ébé­niste, a créé ses propres skis de bois grâce à son ex­per­tise.

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