FRAN­ÇOIS DOM­PIERRE AU SU­JET DE...

La Presse - - ARTS THÉÂTRE -

IXE-13

« J’avais fait la mu­sique de YUL 871 pour Jacques [God­bout]. Mais quand il avu De­main ma­tin, Mon­tréal m’at­tend, ça l’a al­lu­mé. Il m’a pro­po­sé de faire la mu­sique d’IXE-13. Fi­na­le­ment, ce film, c’est une co­mé­die mu­si­cale sur grand écran. Jacques a tou­jours dit que c’était une co­mé­die au deuxième de­gré. Il a com­plè­te­ment tort : cette oeuvre est une co­mé­die au dixième de­gré. C’est de­ve­nu un film culte pour les jeunes. Je ver­rais très bien ça sur scène. Tout se tient. Vous ima­gi­nez le ré­sul­tat avec un gars comme Marc La­brèche ? S’il y a un pro­duc­teur qui est in­té­res­sé, moi, j’em­barque to­ta­le­ment. Il y a un tra­vail d’adap­ta­tion à faire, c’est sûr. Je de­man­de­rais à des jeunes de re­faire les ar­ran­ge­ments. Mais je crois qu’il y a un po­ten­tiel fou. »

FÉ­LIX LE­CLERC

« Les ar­ran­ge­ments que j’ai faits pour Fé­lix sont sym­pho­niques. On l’en­re­gis­trait d’abord avec sa gui­tare, puis on ajou­tait l’or­chestre après. Ce­la nous per­met­tait de re­trou­ver le son Fé­lix. J’ai eu une idée de fou, celle de faire un concert sym­pho­nique où je pour­rais par­ler de lui. Je l’ai connu, j’ai tra­vaillé avec lui. En plus, je pour­rais l’imi­ter [il se met à imi­ter la voix de Fé­lix à la per­fec­tion]. J’ai ré­écou­té les ar­ran­ge­ments et je trouve que ça tient la route. J’avais 12 bo­bines d’en­re­gis­tre­ments 24 pistes de Fé­lix. Je ne pou­vais pas gar­der ce­la, car j’ai em­mé­na­gé dans plus pe­tit. J’ai donc té­lé­pho­né aux Archives na­tio­nales du Qué­bec. Ils m’ont dit que ça les in­té­res­sait, mais que ça al­lait prendre plu­sieurs mois avant qu’ils puissent ve­nir cher­cher les boîtes. Je leur ai dit que ça irait au re­cy­clage. Ils ne m’ont ja­mais rap­pe­lé. J’ai fi­na­le­ment offert les en­re­gis­tre­ments à sa fille. »

SAUTE-MOUTON

« Pour faire mon disque Borne-fon­taine, en 1975, j’ai dû hy­po­thé­quer ma mai­son. Ça m’a coû­té 40 000 $. À cette époque, c’était du fric. Ma femme m’a dit : “C’est ben mieux de mar­cher, ton af­faire ! ” Je me suis ren­du compte que j’avais trop de ma­té­riel pour un disque, mais pas as­sez pour un disque double. J’ai donc dé­ci­dé d’en­re­gis­trer les pièces sur trois faces et de de­man­der à un jeune ca­ri­ca­tu­riste de faire un des­sin sur la qua­trième face. C’était Serge Cha­pleau. Il me man­quait quand même une pe­tite pièce de trois mi­nutes pour com­plé­ter les trois faces. Un soir, je me suis mis au pia­no et j’ai im­pro­vi­sé quelque chose. J’ai dé­ci­dé de mettre cette pe­tite pièce sur le disque en me di­sant que les gens al­laient l’ou­blier. Ç’a été un hit énorme, mon tout pre­mier. Saute-mouton est la pièce qui m’a fait vivre. Elle m’a rap­por­té 400 000 $. Vous voyez, il ne faut ja­mais cra­cher dans la soupe quand on fait ce mé­tier-là. »

ON EST SIX MIL­LIONS, FAUT SE PAR­LER

« Pour moi, il n’y a pas de mu­sique fa­cile et de mu­sique sé­rieuse. La mu­sique, c’est la mu­sique. Je di­rais même que moins c’était sé­rieux, meilleur c’était. Et plus vite c’était fait, meilleur c’était. J’ai fait près de 200 jingles et c’était tou­jours pour le len­de­main. J’ai ap­pris à faire des 30 et des 60 se­condes à la vi­tesse de l’éclair. On est six mil­lions, faut se par­ler, je l’ai com­po­sé comme ça [il claque des doigts]. On m’avait re­mis un texte de Ray­mond Marchand [il pré­cise que ce brillant concep­teur est mort ré­cem­ment]. On est al­lés tel­le­ment vite qu’on n’a pas eu le temps de cher­cher un chan­teur. C’est donc moi qui in­ter­prète le jingle. On avait fait ça au stu­dio Per­ry. C’est une de­ve­nu un hymne qua­si pa­trio­tique. »

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