La dé­fense tente de re­do­rer l’image du couple

La Presse - - ACTUALITÉS - GABRIELLE DUCHAINE

Sabrine Djermane et El Mehdi Jamali vou­laient se ma­rier. Ils rê­vaient d’avoir des en­fants. Ils ve­naient en aide à une femme dans le be­soin.

Au pro­cès pour ter­ro­risme des deux Mon­tréa­lais, la dé­fense tente de chan­ger l’image pro­je­tée jus­qu’ici par le jeune couple.

Hier, au cours du contrein­ter­ro­ga­toire d’une ana­lyste en ren­sei­gne­ments de la GRC, l’avo­cat d’El Mehdi Jamali, Me Tia­go Mu­rias, a dé­po­sé plu­sieurs conver­sa­tions Fa­ce­book qu’a eues le jeune homme avec des amis et avec sa co­ac­cu­sée. Elles le montrent sous un autre jour: ce­lui d’un gar­çon res­pec­tueux de sa co­pine et dé­si­reux d’ai­der sa com­mu­nau­té.

Dans un échange sur le ré­seau so­cial, un ami de­mande à Jamali s’il a eu des re­la­tions sexuelles avec Jer­mane, avec qui il vient alors de se fian­cer.

L’autre ré­pond que non. « On n’en a ja­mais par­lé. »

Quand l’ami in­siste, l’ac­cu­sé lui de­mande de ces­ser de par­ler de ce su­jet et le traite d’im­ma­ture.

Dans la même dis­cus­sion, il af­firme que le ma­riage n’est pas pour tout de suite parce que « les pa­rents re­tardent » le pro­jet.

Dans une conver­sa­tion qu’a eue le couple, la jeune femme confie à son amou­reux à quel point elle a hâte d’avoir des en­fants. « J’vais tel­le­ment ca­po­ter si j’ai une fille », écrit-elle.

Ai­der une femme

Dans une autre sé­rie d’échanges, El Mah­di Jamali dis­cute du triste sort d’une membre de sa com­mu­nau­té qui semble être vic­time de vio­lence de la part de son conjoint.

Il es­saie, avec un ami, de lui trou­ver un lo­ge­ment à Mon­tréal et des den­rées non pé­ris­sables. « On passe le mes­sage à tout le monde», écrit Jamali.

Ailleurs, c’est Sabrine Djermane qui s’in­quiète de l’état de la femme, à qui elle veut ab­so­lu­ment par­ler.

Elle de­mande à son co­pain de trou­ver un moyen de la joindre et d’ob­te­nir des dé­tails sur sa si­tua­tion, ce qu’il pro­met de faire.

Sexe et fête

Dans le box vi­tré qui leur est ré­ser­vé, les deux ac­cu­sés n’ont pu re­te­nir leurs rires lorsque l’avo­cat de Sabrine Djermane, Me Charles Ben­mouyal, a dé­po­sé une sé­rie de conver­sa­tions qu’il a qua­li­fiées de « gri­voises » et de « lu­diques ».

Le ju­ry a aus­si sou­vent ri­go­lé à la lec­ture des textes.

El Men­hi Jamali y en­voie à sa fian­cée plu­sieurs liens et ex­traits par­fois co­miques sur la sexua­li­té, par exemple sur la sen­si­bi­li­té du cli­to­ris, la quan­ti­té de sperme pro­duite par l’homme ou les bien­faits du sexe pour les maux de tête.

Ailleurs, la jeune femme confie qu’elle dé­sire avoir «deux pier­cings, non, quatre». Au nez, dans le dos, à l’oreille et à la lèvre, énu­mère l’ex-cé­gé­pienne.

Dans une autre dis­cus­sion, sur­ve­nue trois mois à peine avant son ar­res­ta­tion, elle sou­ligne à son co­pain l’im­por­tance de pro­fi­ter de la vie et la chance qu’ils ont d’ha­bi­ter au Ca­na­da.

« Faut pro­fi­ter de la vie. Ar­rê­ter de se prendre la tête. Y a rien dans l’is­lam qui in­ter­dit de fê­ter. [...] Toi ce qui t’im­porte c’est le foot et moi c’est mes études et la mode. Tu vois on de­vrait en­joy la vie. [...] On a de la chance de vivre dans un pays libre comme le Ca­na­da. »

Le pro­cès re­prend lun­di.

PHO­TO TIRÉE DU COMPTE TWIT­TER DE RA­DIO-CA­NA­DA

El Mehdi Jamali et Sabrine Djermane. Dans une dis­cus­sion, sur­ve­nue sur Fa­ce­book trois mois à peine avant son ar­res­ta­tion, Sabrine Djermane sou­ligne à son co­pain l’im­por­tance de pro­fi­ter de la vie et la chance qu’ils ont d’ha­bi­ter au Ca­na­da.

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