GRAND POR­TRAIT D’UN JEUNE SOUS LES PROJECTEURS

La Presse - - AFFAIRES - GUILLAUME LEFRANÇOIS

Aus­si loin que l’on puisse re­mon­ter sur le site spé­cia­li­sé Eli­te­pros­pects.com, un fait re­vient : c’est en sé­ries que le meilleur cô­té de Jo­na­than Drouin res­sort.

Prenez sa pre­mière an­née en LHJMQ, une de­mi-sai­son en fait, puis­qu’il en avait dis­pu­té la pre­mière moi­tié au Lac SaintLouis: 29 points en 33 matchs en sai­son... et 26 en 17 en sé­ries ! Au deuxième tour de ces sé­ries de 2012, les Moo­se­heads tirent de l’ar­rière 0-3 contre les Rem­parts de Qué­bec, mais re­montent la pente. Le sep­tième match se rend en pro­lon­ga­tion. Qui marque le but ga­gnant? Jo­na­than Drouin.

«On ne s’at­ten­dait pas à ce qu’un joueur qui ar­rive du mid­get AAA, à 16 ans, soit une ve­dette dans notre ligue. Mais il a joué comme une ve­dette en sé­ries! La sai­son sui­vante, il est car­ré­ment de­ve­nu un des meilleurs joueurs au pays», rap­pelle Bob­by Smith, l’an­cien at­ta­quant du Ca­na­dien de­ve­nu pro­prié­taire des Moo­se­heads d’Ha­li­fax.

Un des meilleurs au pays? Lors de cette sai­son 2012-2013 – celle de son re­pê­chage –, Drouin se taille une place au sein d’Équipe Ca­na­da ju­nior, à 17 ans. À Ha­li­fax, il conti­nue à faire ses mi­racles, amas­sant 105 points en 49 matchs en sai­son.

Il amorce les sé­ries avec six points dès le pre­mier match. Avec un autre pro­dige du nom de Na­than MacKin­non, il aide les Moo­se­heads à rem­por­ter les sé­ries de la LHJMQ en ne per­dant qu’un seul match en quatre tours éli­mi­na­toires. Puis, en grande fi­nale de la Coupe Me­mo­rial, il amasse cinq points et Ha­li­fax en­lève les hon­neurs du tour­noi.

« Je le connais de­puis qu’on a 7-8 ans, ré­vèle Ste­fan Four­nier. Il a tou­jours été su­per bon, mais il a lit­té­ra­le­ment ex­plo­sé cette an­née-là. Ce n’est pas qu’il ve­nait de nulle part, mais il a eu sa place avec Équipe Ca­na­da, il a été joueur de l’an­née dans la Ligue ca­na­dienne et joueur le plus utile des sé­ries. »

Trois ans plus tard, quand Drouin re­joint le Light­ning avec deux matchs à jouer en sai­son, quelques se­maines après son dé­sor­mais cé­lèbre désac­cord avec la di­rec­tion, le nu­mé­ro 27 se per­met 14 points en 17 matchs en sé­ries. Le par­cours de Tam­pa prend fin au sep­tième match de la fi­nale de l’Est, quand les Pen­guins l’em­portent 2-1.

Qui marque le seul but du Light­ning ce soir-là? Jo­na­than Drouin.

Co­équi­pier exi­geant

On l’en­tend sou­vent au su­jet des joueurs ve­dettes : ils sont exi­geants en­vers eux­mêmes, mais ils le sont tout au­tant en­vers les autres.

«Jo­na­than n’était pas tou­jours fa­cile, car il pen­sait la game dif­fé­rem­ment des autres, sou­tient Jon Goyens. Il voyait un jeu et quand son co­équi­pier n’était pas dé­mar­qué, il se frus­trait. On a dû lui ex­pli­quer que si ça ne fonc­tion­nait pas, il de­vait ex­pli­quer la si­tua­tion à son co­équi­pier, au lieu de se fâ­cher. »

À Ha­li­fax, Drouin a trou­vé chaus­sure à son pied en MacKin­non, re­pê­ché au tout pre­mier rang la même an­née que lui, en 2013. «Je de­vais m’as­su­rer de ne pas manquer mon coup quand je jouais avec eux, ad­met Ste­fan Four­nier. Ils étaient très exi­geants l’un en­vers l’autre, et s’at­ten­daient à ça de leurs co­équi­piers. Quand tu es le meilleur, c’est ta men­ta­li­té. »

PHO­TO AR­CHIVES LA PRESSE CA­NA­DIENNE

Jo­na­than Drouin sou­le­vant la Coupe Me­mo­rial rem­por­tée par les Moo­se­heads d’Ha­li­fax en 2013.

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