Le plan de Car­rière

La Presse - - SPORTS - JEAN-FRAN­ÇOIS TREM­BLAY

La Ligue amé­ri­caine doit ser­vir au dé­ve­lop­pe­ment des joueurs de hockey. C’est ins­crit noir sur blanc dans ses rè­gle­ments.

Sur les 18 pa­ti­neurs sur la glace à chaque match (la règle ne s’ap­plique pas aux gar­diens), 13 doivent avoir dis­pu­té moins de 320 matchs pro­fes­sion­nels (LNH, Ligue amé­ri­caine ou ligues eu­ro­péennes) au dé­but de la sai­son. D’entre eux, 12 doivent être sous la barre des 260.

Or, tous les vé­té­rans em­bau­chés cet été, Matt Taor­mi­na, Ja­kub Je­ra­bek, Pe­ter Hol­land, Éric Gé­li­nas et Byron Froese, dé­passent les 260 matchs d’ex­pé­rience. Ni­co­las Des­lau­riers et Ch­ris Ter­ry s’ajoutent à ce groupe.

Ils étaient seule­ment trois au mo­ment de l’ar­ri­vée du clu­bé­cole à Terre-Neuve (Mark Bar­be­rio, Bud Hol­lo­way et Ga­briel Du­mont).

C’est la nou­velle réa­li­té du Ro­cket, et par ri­co­chet de Lar­ry Car­rière : dé­ve­lop­per les jeunes, oui, mais ga­gner tout de suite. Faire ou­blier à son nou­veau pu­blic que le club-école du Ca­na­dien n’a par­ti­ci­pé qu’à un seul tour de sé­ries de­puis le dé­but de l’ère Bergevin-Le­febvre, il y a cinq ans.

« Je tra­vaille avec les en­traî­neurs et les en­traî­neurs de dé­ve­lop­pe­ment pour être sûr que nos jeunes soient en­tou­rés d’une ma­nière po­si­tive et qu’ils vont jouer dans une at­mo­sphère po­si­tive. Ça va ai­der à leur dé­ve­lop­pe­ment», dit le di­rec­teur gé­né­ral du Ro­cket.

N’em­pêche, les dé­ci­sions se­ront plus dif­fi­ciles à prendre. Voi­ci un exemple concret : en avan­tage nu­mé­rique, qui ob­tient le plus de temps de jeu? Matt Taor­mi­na, un bon vé­té­ran de la Ligue amé­ri­caine, ou Ja­kub Je­ra­bek, un joueur que le Ca­na­dien veut faire gran­dir ?

«Les en­traî­neurs ont beau­coup d’ex­pé­rience avec ces af­faires-là. Si on peut avoir un mé­lange de vé­té­rans et de jeunes sur la glace, ça nous aide beau­coup. En même temps, le dé­ve­lop­pe­ment est im­por­tant. L’idée est d’avoir un bon mé­lange des deux.»

Dé­ve­lop­pe­ment

Le dé­ve­lop­pe­ment des es­poirs du Ca­na­dien a été cri­ti­qué, avec rai­son, de­puis un cer­tain temps dé­jà. Le symp­tôme le plus vi­sible: de l’ef­fec­tif ac­tuel du Ca­na­dien, seule­ment trois joueurs ont été pro­mus de la Ligue amé­ri­caine de­puis l’ar­ri­vée de Marc Bergevin. Il s’agit de Charles Hudon, Ja­cob De La Rose et Bren­dan Gal­la­gher (une de­mi­sai­son du­rant le lock-out).

Lar­ry Car­rière es­père que le dé­mé­na­ge­ment à La­val se­ra bé­né­fique à plu­sieurs égards. D’abord, en toute lo­gique, parce que l’équipe de ges­tion du Ca­na­dien se­ra à 30 mi­nutes de voi­ture de ses es­poirs plu­tôt qu’à trois heures d’avion.

«C’est im­por­tant pour Marc Bergevin, Rick Dud­ley, Scott Mel­lan­by, tout notre groupe en fait, de voir les joueurs sou­vent. »

En­suite, parce que les par­ti­sans du Ca­na­dien au­ront sans cesse les yeux tour­nés vers le Ro­cket.

«Les gens vont connaître les joueurs et les en­traî­neurs beau­coup plus. Notre ob­jec­tif est de pré­sen­ter le dé­ve­lop­pe­ment de nos joueurs à chaque étape. C’est ce qui va ar­ri­ver à La­val. »

Ajou­tez à ce­la l’élé­ment clé: la lo­gis­tique du trans­port. Un joueur n’au­ra qu’à par­cou­rir 22 ki­lo­mètres au mo­ment de son rap­pel... contre 1500 km la sai­son der­nière. Ça ouvre la porte aux ex­pé­riences. Lar­ry Car­rière es­père que dans ce contexte, tout le monde se bat­tra pour at­ti­rer les re­gards.

«Tu peux es­sayer plus de joueurs ! Un joueur vou­dra que ce soit son tour d’al­ler à Mon­tréal. J’es­père que ça va ai­der au ni­veau de la com­pé­ti­tion entre nos jeunes et que ça va don­ner le genre d’équipe qui va se pré­sen­ter tous les soirs. »

Le­febvre et les Qué­bé­cois

Le choix de Syl­vain Le­febvre comme pre­mier en­traî­neur de l’his­toire du Ro­cket en avait sur­pris plu­sieurs. Sa fiche n’a rien d’écla­tant (164-16848, moyenne de 0,495) et plu­sieurs es­poirs de l’or­ga­ni­sa­tion sem­blaient faire du sur-place.

Qu’est-ce qui a fait pen­cher la ba­lance en sa fa­veur au mo­ment de faire le choix ?

« C’est un homme de hockey ex­pé­ri­men­té, bien pré­pa­ré. Il sait com­mu­ni­quer avec les jeunes. Si vous avez vu la sé­rie contre Sy­ra­cuse l’an pas­sé, il y avait tel­le­ment d’in­ten­si­té. Notre équipe a joué de cette ma­nière parce qu’elle avait été bien pré­pa­rée par Syl­vain et ses ad­joints. »

Le Ro­cket s’est aus­si dis­tin­gué en fai­sant de la place à près d’une di­zaine de joueurs qué­bé­cois dans sa for­ma­tion ré­gu­lière.

Une prio­ri­té, tient à rap­pe­ler Car­rière. D’au­tant plus qu’il doit rem­pla­cer le meilleur Qué­bé­cois de l’équipe, Charles Hudon, qui est en­fin pas­sé à la LNH. Le DG ne croit tou­te­fois pas en l’adage se­lon le­quel à ta­lent égal, on fa­vo­rise le Qué­bé­cois.

«Il n’y a ja­mais de ta­lent égal. Il y a tou­jours le ca­rac­tère. Et on a beau­coup de jeunes joueurs qué­bé­cois avec beau­coup de ca­rac­tère ici avec le Ro­cket. »

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