Le mil­lé­sime 2017 sau­vé par la ca­ni­cule

La Presse - - GOURMAND - KARYNE DUP­LES­SIS PICHÉ

L’été plu­vieux et frais a gâ­ché les va­cances de plu­sieurs Qué­bé­cois. Il a aus­si don­né la frousse à plu­sieurs vi­gne­rons. Heu­reu­se­ment, le temps chaud et sec du mois de sep­tembre a per­mis de res­ca­per une ven­dange qui s’an­non­çait dé­sas­treuse.

À la fin du mois d’août, Charles-Hen­ri De Cous­sergues était très in­quiet. La ma­tu­ra­tion de ses vignes était en re­tard et il pleu­vait. Un dé­fi pour le vi­gne­ron qui en­ta­mait sa 35e ven­dange dans les Can­tons-de-l’Est.

«On avait une se­maine de re­tard à la fin d’août, dit-il, c’est pas mal.»

L’oe­no­logue Ri­chard Bas­tien conseille plu­sieurs vi­gnobles du Qué­bec. Il se pré­pa­rait lui aus­si au pire.

«On s’en al­lait droit dans un mur, re­late-t-il. Les mois de sep­tembre et d’oc­tobre sont en train de sau­ver la mise. Au lieu d’avoir une an­née ca­tas­tro­phique, on au­ra une an­née nor­male. »

Avec le beau temps et la sé­che­resse des der­nières se­maines, les rai­sins ont rat­tra­pé leur re­tard. Ils ont mû­ri plus ra­pi­de­ment et leur aci­di­té a bais­sé. Un re­vi­re­ment de si­tua­tion in­es­pé­ré pour les vi­gne­rons.

Autre bonne nou­velle, l’oe­no­logue et vi­gne­ron JeanPaul Mar­tin constate que la quan­ti­té de rai­sins est plus abon­dante que par les autres an­nées, jus­qu’à 10 % pour cer­tains cé­pages. Ce scé­na­rio change des der­nières ré­coltes, où la qua­li­té était au ren­dez­vous, mais pas la quan­ti­té.

Le temps plu­vieux et hu­mide du mois d’août a tou­te­fois pro­vo­qué des ma­la­dies dans cer­tains vi­gnobles, en par­ti­cu­lier de l’oï­dium, re­late Ri­chard Bas­tien.

« Tous les vi­gne­rons ne sont pas sor­tis in­demnes, dit-il. Ça dé­pend des ré­gions et du tra­vail que les vi­gne­rons ont fait dans les vignes. »

Alors que les ven­danges des cé­pages blancs tirent à leur fin dans le sud du Qué­bec, elles dé­butent pour les rouges. Se­lon l’oe­no­logue Jean-Paul Mar­tin, cer­taines va­rié­tés de rouges au­ront plus de dif­fi­cul­té à ré­cu­pé­rer leur re­tard. Il fau­dra at­tendre en­core quelques se­maines avant de ju­ger la qua­li­té de la ré­colte.

L’ex­cep­tion Qué­bec

L’été a eu beau être mé­diocre dans le sud de la pro­vince, ce n’est pas le cas à Qué­bec. Dans l’île d’Or­léans, Louis De­nault amorce l’une des plus belles ré­coltes de son his­toire. Dans son champ, le vi­gne­ron est en­thou­siaste. Les grappes sont grosses, abon­dantes et l’aci­di­té des rai­sins est très basse.

« Je ne fais au­cune cor­rec­tion sur mes blancs cette an­née [pas d’ajout de sucre ou de mo­di­fi­ca­tion de l’aci­di­té], af­firme le vi­gne­ron. C’est du ja­mais vu pour moi ! Sur les rouges, j’ai dé­jà de belles ma­tu­ri­tés. »

L’agro­nome Gaëlle Du­bé, spé­cia­liste des vignes du Qué­bec, ar­rive au même constat. Elle croit que les vi­gnobles de la ré­gion de Qué­bec ont eu un été plus nor­mal et plus fa­vo­rable.

«Cette an­née, ç’a été l’in­verse, constate la spé­cia­liste. La Mon­té­ré­gie a connu une sai­son très, très plu­vieuse et fraîche. Par contre, dans la ré­gion de Qué­bec, je di­rais à par­tir de Trois-Ri­vières, on a connu une sai­son ma­gni­fique. »

« Tous les vi­gne­rons ne sont pas sor­tis in­demnes. Ça dé­pend des ré­gions et du tra­vail que les vi­gne­rons ont fait dans les vignes. » — Ri­chard Bas­tien, oe­no­logue

PHO­TO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Avec le beau temps et la sé­che­resse des der­nières se­maines, les rai­sins ont rat­tra­pé leur re­tard. Ils ont mû­ri plus ra­pi­de­ment et leur aci­di­té a bais­sé. Un re­vi­re­ment de si­tua­tion in­es­pé­ré pour les vi­gne­rons.

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