La po­lice veut faire fer­mer un bar de La­val

La Presse - - ACTUALITÉS - DA­NIEL RE­NAUD

L’Os­tid’Bar, si­tué sur le bou­le­vard Cu­réLa­belle à La­val, ap­par­tient-il à un in­di­vi­du lié aux Hells An­gels? C’est l’une des prin­ci­pales ques­tions que de­vront tran­cher les ré­gis­seurs de la Ré­gie des al­cools, des courses et des jeux qui ont pris l’ave­nir de l’éta­blis­se­ment li­cen­cié en dé­li­bé­ré jeu­di, après plu­sieurs jours d’au­dience et de longues heures de té­moi­gnage.

La po­lice de La­val veut faire ré­vo­quer les per­mis d’al­cool de l’éta­blis­se­ment, ce qui si­gni­fie­rait pu­re­ment et sim­ple­ment la fer­me­ture du bar du quar­tier Sainte-Rose qui s’ap­pe­lait Le Re­paire jus­qu’à il y a en­vi­ron un an.

En juin 2015, la po­lice de La­val a me­né une opé­ra­tion an­ti­stu­pé­fiant d’en­ver­gure avec des agents doubles – dans le bar et ailleurs – qui a me­né au dé­man­tè­le­ment d’un ré­seau de tra­fic de co­caïne, à l’ar­res­ta­tion de six per­sonnes et à la sai­sie d’une cer­taine quan­ti­té de drogue.

Un Hells dans les pa­rages

Outre la vente de stu­pé­fiants, la po­lice sou­tient que le bar, dont la pro­prié­taire est Isa­belle Char­bon­neau, se­lon les pa­piers, ap­par­tient dans les faits à De­nis La­rocque, an­cien membre d’un club de mo­tards sym­pa­thi­sants qui au­rait gra­vi les éche­lons et se­rait main­te­nant un hang-around des Hells An­gels, se­lon le té­moi­gnage d’un po­li­cier du Ren­sei­gne­ment de la Sû­re­té du Qué­bec, Pa­trice Bou­cher.

Le hang-around est le plus bas ni­veau hié­rar­chique dans la struc­ture des Hells An­gels. La pro­chaine étape est le titre de pros­pect, qui doit être por­té du­rant au moins un an avant qu’un in­di­vi­du puisse de­ve­nir membre of­fi­ciel des Hells An­gels.

«Un hang-around fait tout ce que le membre des Hells An­gels va lui de­man­der. Il pré­pare la salle, monte les kiosques, fait de la sur­veillance. Il est à la solde du membre », a dit le té­moin.

M. Bou­cher a ex­pli­qué qu’un in­di­vi­du de­vait être connu d’un membre des Hells An­gels du­rant au moins cinq ans avant d’es­pé­rer de­ve­nir membre lui-même.

Se­lon le po­li­cier, De­nis La­rocque était au­pa­ra­vant un membre des Black Evils de La­val. Il a été ob­ser­vé dans plu­sieurs évé­ne­ments de mo­tards, no­tam­ment au mé­choui de la sec­tion South des Hells An­gels à Lon­gueuil en sep­tembre 2015. Il au­rait alors été le chauf­feur de Normand La­belle, membre des Hells An­gels. L’an­née sui­vante, il a été vu dans des ran­don­nées de mo­tos et au Bike et Tat­too Show de La­val, ar­bo­rant les cou­leurs des Hells An­gels.

Fait à no­ter, du­rant au moins l’un des évé­ne­ments, La­rocque ar­bo­rait un au­to­col­lant «Le Re­paire» sur son casque de moto. Tou­te­fois, le mo­tard pos­sède une au­berge ayant le même nom et le même lo­go – deux re­vol­vers poin­tés vers le haut – en Ja­maïque.

Sur la page Fa­ce­book du bar, les res­pon­sables ont an­non­cé à la mi-oc­tobre un concours dont le prix était un sé­jour à l’au­berge Le Re­paire en Ja­maïque. Celle-ci a sa propre page Fa­ce­book sur la­quelle on voit plu­sieurs pho­tos, no­tam­ment de De­nis La­rocque. Les ré­gis­seurs de­vront vrai­sem­bla­ble­ment se de­man­der s’il y a un lien entre les deux éta­blis­se­ments.

Pré­sence non dé­si­rée

Des té­moins de la po­lice ont rap­por­té avoir vu De­nis La­rocque à plu­sieurs re­prises au bar Le Re­paire. Mme Char­bon­neau a ex­pli­qué que c’est parce que le mo­tard est pro­prié­taire de l’im­meuble. Elle a dit qu’elle était pro­prié­taire du fonds de com­merce du bar de­puis 2001 et qu’elle louait le lo­cal à De­nis La­rocque.

Elle a ajou­té avoir dit à La­rocque qu’elle ne vou­lait plus le voir dans son bar en rai­son des pro­blèmes que pro­voque sa pré­sence et que, de toute fa­çon, ce der­nier vou­drait bien­tôt al­ler vivre en Ja­maïque à lon­gueur d’an­née.

En­fin, elle a ex­pli­qué la vente de stu­pé­fiants dans son bar en 2015 par le fait qu’elle avait été moins pré­sente du­rant une cer­taine pé­riode.

On ne sait pas quand les ré­gis­seurs ren­dront leur dé­ci­sion.

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