KARL WAL­COTT

La Presse - - ARTS -

Co­mé­dien Âge : 26 ans Réa­li­sa­tions : Les Bé­liers (2011), Le cha­let (2015-...), X-Men (2016), Sur-Vie (2016)

Né au Qué­bec, d’un père bar­ba­dien et d’une mère croate, Karl Wal­cott est en­tré dans le mi­lieu ar­tis­tique en tant que man­ne­quin, avant d’ob­te­nir son pre­mier grand rôle dans l’émis­sion Les Bé­liers, en 2011. Ses ori­gines n’ont pas por­té pré­ju­dice à sa car­rière, une chance qu’il consi­dère presque unique dans le mi­lieu.

Comment es-tu de­ve­nu co­mé­dien ?

« J’ai tou­jours vou­lu faire ça, c’était mon rêve d’en­fance. L’école, ça ne mar­chait pas. Je n’étais pas heu­reux. Je suis al­lé dans une agence et j’ai dit que je vou­lais être co­mé­dien. Ils m’ont pris comme man­ne­quin et, un an après, j’ai eu le rôle prin­ci­pal pour Les Bé­liers [sé­rie créée par Ka­did­ja Haï­da­ra]. Les dif­fi­cul­tés que j’ai dans mon mé­tier, ce sont les mêmes que pour tous les autres ac­teurs. Mais je sais que pour moi, ça a com­men­cé par mon look, parce que je suis mé­tis aux yeux verts. Après, j’ai pris des for­ma­tions, j’ai fait ce que j’avais à faire. Mais j’ai vu des ac­teurs de la di­ver­si­té qui ne le vivent pas comme moi, pour qui c’est vrai­ment dif­fi­cile. »

Comment ame­ner plus de di­ver­si­té dans les émis­sions jeu­nesse, se­lon toi ?

« Il fau­drait ini­tier les jeunes dès le se­con­daire, avec un cours obli­ga­toire qui leur ex­plique les mé­tiers ar­tis­tiques. Avoir su que ces mé­tiers-là s’of­fraient à moi et que j’étais peut-être bon, je me se­rais lan­cé plus tôt. Il y a beau­coup de jeunes qui ne se trouvent pas bons à l’école, qui ne se sentent pas à leur place. Mais s’ils avaient ten­té l’art dra­ma­tique ou d’autres cours du genre, ça au­rait pu chan­ger beau­coup de choses. Si tout le monde sa­vait c’est quoi le sen­ti­ment quand tu joues et toute l’adré­na­line que tu res­sens, ils n’au­raient pas les mêmes a prio­ri. »

Penses-tu que les choses peuvent chan­ger pour le mieux ?

« C’est pos­sible, j’en suis la preuve vi­vante. Sou­vent, c’est ar­ri­vé qu’on mo­di­fie un texte pour que le per­son­nage me convienne mieux, parce qu’à l’au­di­tion, c’est moi qui le fai­sais vivre le mieux. C’est cool de pou­voir vivre ça dans notre in­dus­trie. C’est une des seules choses dont j’avais peur pour ma car­rière, qu’on conti­nue à en­ga­ger juste des co­mé­diens blancs. Parce que ça vou­drait dire que moi aus­si, je vais prendre le bord. Mais je pense vrai­ment que si tu as du ta­lent, ils vont te trou­ver, peu im­porte ton ori­gine. »

PHO­TO EDOUARD PLANTE-FRÉ­CHETTE , LA PRESSE

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