L’exem­plaire Ja­cob Trem­blay

À seu­le­ment 11 ans, Ja­cob Trem­blay est une star à Hol­ly­wood. Le Bri­tan­no­Co­lom­bien, nom­mé meilleur jeune ac­teur aux Cri­tics Choice Awards pour son rôle dans Room, est la ve­dette de Won­der aux cô­tés de Ju­lia Ro­berts et d’Owen Wil­son. Il est aus­si de la dist

La Presse - - ARTS - VÉ­RO­NIQUE LAU­ZON

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Bon­jour, Ja­cob ! Par­donne mon ac­cent pro­non­cé, je suis fran­co­phone, comme Xa­vier Do­lan.

Oh ! mon père, aus­si, est ca­na­dien-fran­çais ! Et du coup, mon grand-père aus­si. Mais je ne parle pas un mot fran­çais.

Dans Won­der, tu joues avec ta­lent et sen­si­bi­li­té le jeune Au­gie. Peux-tu me par­ler de ce gar­çon ?

Au­gie est né avec le syn­drome de Trea­cher Col­lins, qui af­fecte le dé­ve­lop­pe­ment de son vi­sage. Parce que son vi­sage est dif­fé­rent, il fai­sait l’école à la mai­son. Jus­qu’au jour où ses pa­rents dé­cident qu’il est temps qu’il com­mence à fré­quen­ter une vraie école, une école pu­blique. Alors, le film est à pro­pos de son aven­ture à l’école. Il se fait in­ti­mi­der, mais il se fe­ra aus­si des amis. C’est vrai­ment un bon film.

Et pour­quoi consi­dères-tu que c’est un bon film ?

Parce que c’est drôle et c’est vrai­ment agréable à re­gar­der. Après l’avoir vu, je crois que les gens vont avoir en­vie d’être plus gen­tils et agréables avec les autres. Et ça donne en­vie de prendre soin de sa com­mu­nau­té.

Oui, tous les en­fants de­vraient voir ce film, si ce n’est que pour com­prendre à quel point l’in­ti­mi­da­tion peut bles­ser les autres. Tu viens de par­ler de l’im­por­tance de s’im­pli­quer dans la com­mu­nau­té et, il y a deux jours, tu as par­ti­ci­pé à l’évé­ne­ment WE Day, ici à To­ron­to. Qu’est-ce que c’est ?

WE Day est un de mes évé­ne­ments pré­fé­rés, parce que l’am­biance est tel­le­ment bonne. La foule ap­plau­dit et crie pour chaque per­sonne qui monte sur scène. Alors, bien sûr, c’est une des scènes que je pré­fère ! Lorsque je par­ti­cipe à cet évé­ne­ment, je par­tage mon mes­sage de par­tage et de gen­tillesse. Oui, vrai­ment, c’est un su­per évé­ne­ment !

C’est fait pour les jeunes, pour les sen­si­bi­li­ser à l’im­por­tance du bé­né­vo­lat. Et j’ai lu que, pour toi, c’est im­por­tant de faire une dif­fé­rence dans ta com­mu­nau­té. C’est entre autres ça que tu ex­pliques dans ta confé­rence. Que fais-tu pré­ci­sé­ment dans ta com­mu­nau­té ?

Je choisis tou­jours la voie de la gen­tillesse. Je re­cycle. Je fais du bé­né­vo­lat. Je m’as­sure aus­si d’in­clure le plus de per­sonnes dans mes pro­jets et je veille tou­jours à ce qu’au­cun autre en­fant ne soit seul, re­je­té par les autres.

Crois-tu que tu es une meilleure per­sonne de­puis que tu as joué le rôle d’Au­gie dans ?

Won­der

As­su­ré­ment ! À par­tir du mo­ment où j’ai lu le scé­na­rio, je suis de­ve­nu une meilleure per­sonne. C’est grâce à ce per­son­nage que je fais tout ce que je viens de te dé­crire. J’ai pris conscience de l’im­por­tance de tout ça.

Mais là, je dois t’avouer que tu sembles par­fait... Tu as des dé­fauts ?

Oh oui, j’en ai plein ! Des fois, je mens. Mais là, je suis hon­nête en vous di­sant qu’il m’ar­rive de men­tir. [rires]

Par­lons du film de Xa­vier Do­lan The Death and Life of John F. Do­no­van. Quel est ton per­son­nage ?

L’his­toire du film est à pro­pos d’un gar­çon, Ru­pert, qui rêve de de­ve­nir un ac­teur. Il fait des pu­bli­ci­tés, il passe beau­coup d’au­di­tions... Il n’a pas la meilleure re­la­tion avec sa mère et il se met à échan­ger des lettres avec John F. Do­no­van, un des ac­teurs de son émis­sion pré­fé­rée. [Sa mère in­ter­vient pour lui dire de ne pas trop en dire sur le film.] C’est un film très in­té­res­sant.

As-tu ai­mé tra­vailler avec Xa­vier Do­lan ?

C’est vrai­ment agréable de tra­vailler avec lui. Et en plus, il aime Har­ry Pot­ter ! Comme moi ! Nous tour­nions en An­gle­terre et j’ai vi­si­té les stu­dios où Har­ry Pot­ter a été tour­né. Xa­vier n’a pas pu m’ac­com­pa­gner, parce qu’il était trop oc­cu­pé. Mais bref, c’était vrai­ment bien de tra­vailler avec lui. Et les deux, nous avions nos propres ba­guettes ma­giques. Moi, j’ai celle de Har­ry Pot­ter. Xa­vier a celle de Vol­de­mort.

Comment le dé­cri­rais-tu comme réa­li­sa­teur ?

Il est ex­trê­me­ment ar­tis­tique. C’est sûr ! Il a tou­jours des images dans sa tête de ce qu’il veut créer comme scène. Il est vrai­ment bon. Et en plus, il est agréable. Il est drôle. Il m’ap­pe­lait Mon­key [singe] sur le pla­teau.

Tu as dit à l’émis­sion d’El­len DeGe­neres que tu ai­me­rais écrire des scé­na­rios et réa­li­ser des films. Quel genre de films ai­me­rais-tu réa­li­ser ?

J’ai dé­jà com­men­cé à lire des scé­na­rios. Le seul qui m’a al­lu­mé est à pro­pos de zom­bies et ça se dé­roule dans les an­nées 80.

Dans quelques jours, ce se­ra ton an­ni­ver­saire. Quel est ton sou­hait pour la pro­chaine an­née ?

J’es­père que l’in­ti­mi­da­tion va ces­ser, que tout le monde se­ra plus gen­til... Mais aus­si, je vais jouer au paintball pour mon an­ni­ver­saire et j’es­père que je vais ga­gner contre mon père... ce se­ra dif­fi­cile, parce qu’il est po­li­cier !

Won­der (Mer­veilleux en ver­sion fran­çaise) pren­dra l’af­fiche le 17 no­vembre. Les frais du voyage ont été payés par Les Films Sé­ville.

PHO­TO MI­CHELLE SIU, AR­CHIVES LA PRESSE CA­NA­DIENNE

« Xa­vier Do­lan est ex­trê­me­ment ar­tis­tique. C’est sûr ! Il a tou­jours des images dans sa tête de ce qu’il veut créer comme scène. Il est vrai­ment bon. Et en plus, il est agréable. Il est drôle », ex­plique Ja­cob Trem­blay qui fait par­tie de la dis­tri­bu­tion de The Death and Life of John F. Do­no­van.

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