Les men­tors der­rière Ma­cio­cia et Cons­tan­tin

Les en­traî­neurs-chefs Dan­ny Ma­cio­cia et Glen Cons­tan­tin, dont les équipes s’af­frontent au­jourd’hui en fi­nale de la Coupe Duns­more, sont par­mi les plus res­pec­tés au Ca­na­da. Forts d’une longue ex­pé­rience, par­ve­nus au som­met de leur pro­fes­sion, ils n’ou­blien

La Presse - - SPORTS - MI­CHEL MAROIS

Pen­dant 20 ans, Cos­mo Ma­cio­cia a été dé­pu­té à l’Assemblée na­tio­nale du Qué­bec. Ce­la ne l’a pas em­pê­ché de tou­jours res­ter près de sa fa­mille, de son fils Dan­ny en par­ti­cu­lier.

«Il n’était pas à la mai­son tous les jours en rai­son de sa car­rière po­li­tique, mais il ne se pas­sait pas une jour­née sans que je lui parle», a ra­con­té l’en­traî­neur-chef des Ca­ra­bins, hier mi­di à Qué­bec, en marge de la cé­ré­mo­nie de re­mise des hon­neurs in­di­vi­duels du RSEQ.

« Et c’est en­core vrai au­jourd’hui. Il a été dé­pu­té pen­dant 20 ans et l’a tou­jours fait avec hu­mi­li­té. C’est ce que j’ai es­sayé de faire, moi aus­si, et je crois que ce­la m’a beau­coup ai­dé. Quand j’étais à Ed­mon­ton, je l’ap­pe­lais tous les ma­tins en arrivant au bu­reau. Dans les mo­ments dif­fi­ciles, quand je né­go­ciais des tran­sac­tions ou des mou­ve­ments de per­son­nel, il me rap­pe­lait tou­jours l’im­por­tance de trai­ter les gens avec res­pect et in­té­gri­té, car on ne sait ja­mais quand ce se­ra notre tour.

«La der­nière an­née, je me

sou­viens qu’il a sau­té dans un avion pour ve­nir m’ap­puyer, ma fa­mille étant en va­cances à Mon­tréal. Nous avions une mau­vaise fiche, mais nous avions ga­gné un match im­por­tant et il avait par­ta­gé ce beau mo­ment avec moi. Le len­de­main, j’ai ap­pris mon congé­die­ment et mon père était en­core là pour me sou­te­nir. Je n’ou­blie­rai ja­mais ce que nous avons vé­cu ces jours-là. »

Ma­cio­cia se sou­vient aus­si avec émo­tion que son père était à ses cô­tés, en 2014, quand les Ca­ra­bins ont rem­por­té la Coupe Va­nier.

Et Cos­mo Ma­cio­cia est en­core là au­jourd’hui. Il y a quelques se­maines, c’est sur les lignes de cô­té que nous l’avons ren­con­tré, avant un match des Ca­ra­bins.

« Moi, j’ai joué au soc­cer en Ita­lie, et un peu en­core après mon ar­ri­vée au Ca­na­da, s’est sou­ve­nu M. Ma­cio­cia. Dan­ny, lui, a tout de suite pré­fé­ré le football. Plus jeune, je l’avais fait tra­vailler avec moi dans les as­su­rances, mais il pas­sait ses jour­nées à des­si­ner des sché­mas de jeu ! »

Fier du par­cours de son fils, M. Ma­cio­cia est par­ti­cu­liè­re­ment heu­reux de le voir tra­vailler main­te­nant avec des étu­diants-ath­lètes. « Nous avons évi­dem­ment ac­cueilli son re­tour à Mon­tréal avec beau­coup de plai­sir, ex­plique-t-il. Dan­ny a le football dans le sang et je ne sais pas ce que l’ave­nir lui ré­serve, mais je ne crois pas l’avoir vu plus épa­noui que de­puis qu’il di­rige les Ca­ra­bins.

«Tra­vailler avec ces jeunes lui per­met de trans­mettre des va­leurs qui nous sont chères. Il parle sou­vent de la fa­mille et c’est vrai que c’est très im­por­tant pour nous [les gens d’ori­gine ita­lienne]. Mais c’est plus pro­fond que ce­la en­core. Ses joueurs, ses ad­joints, ses col­lègues sont vrai­ment des membres de sa “fa­mille ”. Et ce sont aus­si un peu les miens ! »

Dan­ny Ma­cio­cia en­tend bien pro­fi­ter plei­ne­ment de sa com­pli­ci­té avec Cos­mo. «J’ai hé­ri­té du ca­rac­tère de ma mère, mais mon père a été et reste mon men­tor. »

Ap­prendre à dé­lé­guer

À Qué­bec, Glen Cons­tan­tin est lui-même consi­dé­ré comme le men­tor de toute une gé­né­ra­tion de jeunes en­traî­neurs qui sont pas­sés par le Rouge et Or et qui y sont en­core pour plu­sieurs d’entre eux. Ce­la ne s’est tou­te­fois pas fait du jour au len­de­main.

«J’étais un pas pire joueur de football, mais je me re­tran­che­rais de cette équipe du Rouge et Or, ra­con­tait Cons­tan­tin, hier, après avoir re­çu le titre d’en­traî­neur de l’an­née au RSEQ. Le football a tel­le­ment chan­gé de­puis la fin des an­nées 80. À mon époque [avec l’équipe de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa], des joueurs de 300 livres, il y en avait un par équipe; au­jourd’hui, tu dois pe­ser ça pour es­pé­rer al­ler loin ! »

L’en­traî­neur-chef du Rouge et Or est res­té un homme im­po­sant, mais il a su évo­luer tout au long de ses 17 ans à la barre de l’équipe. «Tu ne peux plus dire à un joueur: “Fais ça !” Tu dois aus­si ex­pli­quer pour­quoi il doit le faire, et c’est bien ain­si. Nous tra­vaillons avec des jeunes in­tel­li­gents, des jeunes qui vont de­ve­nir des me­neurs dans la so­cié­té. C’est bien plus que du football que nous leur en­sei­gnons. »

Et Cons­tan­tin a lui aus­si dû ap­prendre à de­ve­nir un me­neur d’hommes. L’homme d’af­faires qué­bé­cois Jacques Tan­guay, pré­sident du Club de football Rouge et Or, y a été pour beau­coup. «Je com­pare sou­vent Glen à Pa­trick Roy, que j’ai cô­toyé avec les Rem­parts [de la LHJMQ], a-t-il ex­pli­qué, hier mi­di. Ce sont deux pas­sion­nés qui se laissent sou­vent em­por­ter par leur in­ten­si­té.

« Glen a dû bâ­tir sa cré­di­bi­li­té au fil des an­nées, sans ja­mais com­mettre la moindre faute, a pour­sui­vi M. Tan­guay. Le plus dif­fi­cile pour lui a sans doute été d’ap­prendre à dé­lé­guer, et ce­la reste dif­fi­cile en­core au­jourd’hui. [Cons­tan­tin a ra­con­té hier qu’il lui ar­ri­vait en­core de don­ner un coup de main pour la les­sive des équi­pe­ments de son équipe.] Il est tou­te­fois de plus en plus à l’aise avec ça et sait qu’il peut comp­ter sur un groupe d’ad­joints ex­cep­tion­nels. »

Exi­geant en­vers lui-même, Cons­tan­tin l’est aus­si en­vers ses joueurs. Pour le Rouge et Or, une sai­son n’est vrai­ment réus­sie qu’avec la Coupe Va­nier. Pour Jacques Tan­guay, ce­la ne se fait ja­mais au dé­tri­ment des études.

« Ce n’est pas plus dif­fi­cile de réus­sir ses études quand on joue pour une équipe cham­pionne, a-t-il as­su­ré. Ce qui est dif­fi­cile pour un jeune, c’est de faire les bons choix, de sa­cri­fier cer­taines ac­ti­vi­tés so­ciales pour mettre toutes ses éner­gies là où ça compte. Glen est tou­jours là pour le leur rap­pe­ler et, en échange, il est d’une loyau­té ab­so­lue.

«De­puis que je le connais, je ne l’ai ja­mais vu aban­don­ner au su­jet d’un jeune sans être al­lé vrai­ment au bout de tout ce qu’on pou­vait faire pour l’ai­der. Que peut-on lui de­man­der de plus ? »

« Tra­vailler avec ces jeunes lui per­met de trans­mettre des va­leurs qui nous sont chères. Il parle sou­vent de la fa­mille, et c’est vrai que c’est très im­por­tant pour nous [les gens d’ori­gine ita­lienne]. Mais c’est plus pro­fond que ce­la en­core. Ses joueurs, ses ad­joints, ses col­lègues sont vrai­ment des membres de sa “fa­mille”. » — L’ex-dé­pu­té et con­seiller mu­ni­ci­pal Cos­mo Ma­cio­cia au su­jet de son fils Dan­ny

PHO­TOS AR­CHIVES LA PRESSE / AR­CHIVES LE SO­LEIL

Dan­ny Ma­cio­cia, en­traî­neur des Ca­ra­bins, et Glen Cons­tan­tin, en­traî­neur du Rouge et Or, croi­se­ront le fer de nou­veau au­jourd’hui en fi­nale de la Coupe Duns­more.

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