L’aven­ture de Rio a chan­gé Ca­mille Bé­ru­bé

La Revue - - ACTUALITÉS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO an­to­ny.da­sil­va­ca­si­mi­ro@tc.tc

Mou­ve­men­tée. Il n’y a pas un meilleur qua­li­fi­ca­tif que ce­lui-ci que Ca­mille Bé­ru­bé pour­rait trou­ver lors­qu’on lui parle de sa der­nière an­née.

La na­geuse pa­ra­lym­pique de 21 ans a pas­sé par toute la gamme d’émo­tions. Comme de vraies mon­tagnes russes, elle a vé­cu la dé­cep­tion, puis l’at­tente avant de connaître la joie. Tout ça en l’es­pace de quelques mois.

Après avoir ra­té sa qua­li­fi­ca­tion pour les Jeux pa­ra­lym­piques de Rio, ce fut une grosse dé­cep­tion. Dif­fi­cile à ava­ler, la na­geuse de la classe S8 a pour­sui­vi les com­pé­ti­tions jus­qu’à la fin de sa sai­son en juillet, di­mi­nuant les heures d’en­traî­ne­ment. Elle a eu pen­dant plu­sieurs mois ce goût amer.

Bé­ru­bé pen­sait vrai­ment re­tour­ner aux Jeux, elle qui avait goû­té à l’aven­ture quatre ans plus tôt à Londres.

Puis, la deuxième chance est ap­pa­rue. En août, plu­sieurs ath­lètes ont re­çu un cour­riel: la Rus­sie se­rait po­ten­tiel­le­ment ban­nie des Jeux pa­ra­lym­piques et que des places dis­po­nibles pour­raient être ou­vertes pour les na­geurs ca­na­diens.

«Il y avait 20% que ça ar­rive. Pen­dant trois se­maines, on a at­ten­du le ver­dict.»

Et quand on lui a confir­mé, il res­tait 17 jours avant sa pre­mière course à l’eau. Di­sant ne pas « s’être as­sise sur son der­rière » du­rant les der­nières se­maines, le re­tour à l’en­traî­ne­ment à temps-plein a bou­le­ver­sé quelque peu ses plans.

Mais cette deuxième chance comme celle-ci, ça n’ar­rive pas une deuxième fois. De quoi faire dis­pa­raître le goût amer.

«Je n’ai pas vé­cu Rio comme je l’avais fait à Londres. Je crois qu’en 2012, je ne réa­li­sais pas trop l’am­pleur de l’évé­ne­ment. Là, j’ai pro­fi­té de chaque ins­tant, même ce­lui de man­ger un re­pas à la ca­fé­té­ria avec mes co­équi­piers.»

Si les per­for­mances n’ont pas été comme le dé­si­rait la mé­daillée d’ar­gent et de bronze des Jeux pan­amé­ri­cains à To­ron­to – 9e place en 100m brasse, sa nou­velle course de pré­di­lec­tion –, elle ne peut pas se plaindre de l’ex­pé­rience vé­cue.

NOU­VELLE VI­SION

Di­sant que les ex­pé­riences vé­cues lui ont fait ap­prendre une le­çon, Rio 2016 n’a pas échap­pé à la règle.

«Ça m’a vrai­ment ou­vert les yeux. J’ai dû faire preuve de beau­coup de ré­si­lience. C’est l’une de ses si­tua­tions où tu dois être ca­pable de te re­vi­rer de bord quand tu ne peux rien contrô­ler. Des ex­pé­riences comme celle- ci, tu en sors tou­jours ga­gnante.»

De­puis Rio, elle a eu le droit à une autre com­pé­ti­tion d’en­ver­gure.

Au Can-Am à Mia­mi en no­vembre, Bé­ru­bé a réa­li­sé son meilleur temps à vie au 200m quatre nages. Le faire à ce temps- ci de l’an­née est pro­met­teur, af­firme la prin­ci­pale in­té­res­sée.

Elle ai­me­rait bien être des cham­pion­nats du monde en oc­tobre. Pour ce faire, elle de­vra être top 8 au monde. Pour le mo­ment, elle oc­cupe le 9e rang à quelques dixièmes de se­conde d’un billet pour la com­pé­ti­tion à Mexi­co Ci­ty. Elle ten­te­ra de faire ses preuves lors d’es­sais prin­ta­niers, qui sont la pre­mière étape pour se qua­li­fier.

Ça et aus­si un nou­veau cir­cuit in­ter­na­tio­nal, qui res­semble à ce­lui de la Coupe du monde, a été mis en place pour les na­geurs pa­ra­lym­piques. Au moins cinq étapes au cours de l’an­née 2017, dont des ar­rêts au Da­ne­mark, en Gran­deB­re­tagne et à In­dia­na­po­lis, aux États-Unis sont au me­nu.

Si 2016 a été mou­ve­men­tée, la pro­chaine an­née pour­rait éga­le­ment être rem­plie pour Ca­mille Bé­ru­bé.

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