GA­TI­NEAU EST Un pro­jet qui pour­rait chan­ger le visage du Vieux-Ga­ti­neau

Les Serres ur­baines Notre-Dame sou­haitent contri­buer à l’es­sor éco­no­mique du quar­tier

La Revue - - LA UNE - LAU­RENCE GA­GNON lau­rence.ga­gnon@tc.tc

ve­nir s’ins­tal­ler), comme une bou­lan­ge­rie par exemple. On veut em­bel­lir notre quar­tier, il a be­soin de beau­coup d’amour.»

La pré­si­dente de l’As­so­cia­tion des gens d’af­faires et pro­fes­sion­nels du Vieux-Ga­ti­neau (AGAP), Pauline Bouchard, croit aussi que les SUN per­met­tront de don­ner un nou­veau visage à la rue Notre-Dame et à la place du mar­ché.

«C’est un axe majeur de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. On dé­sire pro­duire dans l’ur­bain, mais à proxi­mi­té des consom­ma­teurs.[…] On fait le pa­ri qu’à par­tir de ce qu’il va se pas­ser sur la place du Mar­ché que le manque à ga­gner au ni­veau de la mixi­té com­mer­ciale va aussi s’amé­lio­rer.»

À long terme, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion des SUN pré­voit la créa­tion d’une tren­taine d’em­plois non spé­cia­li­sés. Se­lon Lyne Bouchard, ce sont des em­plois qui se­ront tout à fait ac­ces­sibles pour les gens du quar­tier.

«La Ville avait la préoccupation qu’on soit en com­pé­ti­tion avec les agri­cul­teurs lo­caux. On a fait des dé­marches à ce ni­veau avec l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA) et ils sont prêts à col­la­bo­rer avec nous.»

Une chose est claire pour les deux femmes : c’est une en­tre­prise d’éco­no­mie so­ciale gé­rée par la com­mu­nau­té, pas une en­tre­prise pri­vée pour faire com­pé­ti­tion aux autres com­mer­çants du quar­tier.

UN PROJETDE LONGUE HA­LEINE

En ce mo­ment, les SUN sont en cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment afin de dé­bu­ter la pre­mière phase du pro­jet et dé­mon­trer l’en­goue­ment de la com­mu­nau­té. La Ville de Ga­ti­neau a ré­ser­vé un mon­tant de 700 000$ pour la re­vi­ta­li­sa­tion du Mar­ché Notre-Dame, ce qui sauve cer­tains coûts pour les SUN. La Ville paie­ra éga­le­ment pour le chan­ge­ment de zo­nage par concordance de rè­gle­ment.

La pre­mière phase, qui dé­bu­te­ra en 2018 si tout va bien, consis­te­ra à trans­for­mer des ali­ments frais dans une cui­sine ins­tal­lée di­rec­te­ment dans le Mar­ché Notre-Dame. Les pre­miers pro­duits se­ront des pes­tos et des herbes sa­lées dont la dis­tri­bu­tion est pré­vue dans le ré­seau des épi­ciers in­dé­pen­dants et les épi­ce­ries fines du ter­ri­toire de Ga­ti­neau. «Notre plan d’af­faires nous dé­montre que c’est par la vente de ces pro­duits là qu’on va être ren­table», croit Lyne Bouchard.

La deuxième phase pré­voit l’ins­tal­la­tion de deux pe­tites serres de dé­mons­tra­tion, amé­na­gées aux abords du Mar­ché Notre-Dame ain­si que l’ou­ver­ture d’un ca­fé- bou­tique à l’avant de l’édi­fice du mar­ché. «On va avoir un es­pace où on va pou­voir faire un ate­lier édu­ca­tif et mon­trer que les tomates ne viennent pas de l’épi­ce­rie.»

Fi­na­le­ment, l’ar­ri­vée de la troi­sième phase du pro­jet est at­ten­due pour l’an­née 2020. Elle se­ra mar­quée par l’im­plan­ta­tion de six grandes serres de 17 000 pi² au parc Sans­car­tier ou à proxi­mi­té du mar­ché.

«Les pro­fits se­ront ré­in­ves­tis dans l’en­tre­prise pour son dé­ve­lop­pe­ment, mais aussi dans ses pro­grammes édu­ca­tifs. Il y a un vo­let pour les saines ha­bi­tudes ali­men­taires, l’ali­men­ta­tion de proxi­mi­té, etc.»

Les SUNS pré­voient éga­le­ment dé­dier des pro­duits à des or­ga­nismes du mi­lieu, comme le Centre de pé­dia­trie so­ciale et la Sou­pière de l’ami­tié.

Même si le bud­get est ré­ser­vé par la Ville de­puis 2015, les SUN doivent suivre l’agen­da de la mu­ni­ci­pa­li­té qui pré­voit les tra­vaux en 2018. En at­ten­dant, le pro­jet SUN pour­rait par­ta­ger les lo­caux d’une autre cui­sine du Vieux-Ga­ti­neau pour pou­voir dé­bu­ter la trans­for­ma­tion des ali­ments.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

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