La longue saison de 1993-1994

La Revue - - SPORTS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO an­to­ny.da­sil­va­ca­si­mi­ro@tc.tc

Ça fait 25 ans, quelques sou­ve­nirs se sont ef­fa­cés de sa mé­moire, mais Pierre Mar­tel se rap­pel­le­ra tou­jours la fois où on lui a dit que la saison de l’In­tré­pide, la pre­mière de leur his­toire, se­rait longue.

Le pré­sident du club d’ex­pan­sion de 1993- 1994 dans la Ligue mid­get AAA ve­nait de re­ce­voir cette bou­tade de son ho­mo­logue du Sa­gue­nay- Lac- St-Jean. Au fi­nal, ce der­nier a vi­sé juste.

La pre­mière cam­pagne de l’In­tré­pide a été la plus fruc­tueuse de son his­toire. En 44 matchs, 30 vic­toires si­gnées, seule­ment onze dé­faites en temps ré­gle­men­taires, plus de 200 buts mar­qués, le pre­mier rang au clas­se­ment.

Da­niel Brière, à 16 ans à cette époque, fai­sait la pluie et le beau temps avec ses 103 points. Ma­rio Car­rière, qui ar­bo­rait de grandes fri­settes brunes, a fait des mi­racles, a avan­cé M. Mar­tel, cette an­née- là.

La saison ré­gu­lière a été fruc­tueuse. On a ac­cu­mu­lé les vic­toires. Puis, en séries éli­mi­na­toires, on a ga­gné une ronde, puis une deuxième avant de triom­pher en fi­nale. Aux cham­pion­nats ca­na­diens, on au­ra ra­me­né une mé­daille de bronze en Ou­taouais. Pas la cou­leur sou­hai­tée, mais per­sonne n’au­rait osé mi­ser sur l’In­tré­pide en sep­tembre.

« On es­pé­rait juste avoir une bonne saison. Et on n’avait pas pré­vu al­ler à Bran­don ( ville hôte des Na­tio­naux mid­get AAA). Lors­qu’on a eu la der­nière ren­contre, j’ai été voir mon col­lègue du Sa­gue­nay et je lui ai re­mer­cié. C’est vrai que la saison avait été longue. »

« Il ne l’avait pas trou­vé drôle, a ajou­té le pre­mier pré­sident de l’In­tré­pide, sou­rire en coin. Mais il n’a pas été le seul sur­pris. Moi­même, je l’étais. »

Il faut dire que l’or­ga­ni­sa­tion ou­taouaise re­ve­nait de loin. Avant l’ar­ri­vée de l’In­tré­pide, les Élans et les Fron­ta­liers ont été les deux pre­mières ten­ta­tives d’ins­tau­rer un club mid­get AAA. Ça n’au­ra pas fait long feu en rai­son des guerres

« On es­pé­rait juste avoir une bonne saison. Et on n'avait pas pré­vu al­ler à Bran­don.» - Pierre Mar­tel

de clo­chers.

On a mis ça de cô­té. Avec les moyens du bord, on a grat­té les fonds de ti­roirs. La la­veuse et la sé­cheuse pour net­toyer l’équi­pe­ment avaient été ache­tées usa­gées. Et dire que chaque per­sonne au­tour de la table a dû dé­po­ser un chèque de 5000$ pour mettre sur pied une troi­sième fran­chise, qui pour plu­sieurs ne de­vait pas faire long feu.

Vingt- ans plus tard, elle est tou­jours là et pas prête de par­tir.

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