Don­ner une bonne tra­jec­toire aux en­fants dès les pre­mières an­nées

L’or­ga­nisme Aide moi à gran­dir s’ins­talle dans le sec­teur d’Ayl­mer

La Revue - - SPORTS - YAN­NICK BOUR­SIER yan­nick.bour­sier@tc.tc

Ai­der les en­fants à bien amor­cer leur vie, sur­tout pour des fa­milles d’im­mi­grants, n’est pas tou­jours fa­cile. Pour sou­te­nir les gens qui vivent des dif­fi­cul­tés, Fa­tou­ma­ta Ka­ba a lan­cé cet été l’or­ga­nisme Aide moi à gran­dir dans le sec­teur d’Ayl­mer.

Mère mo­no­pa­ren­tale et im­mi­grante, Mme Ka­ba a vé­cu plu­sieurs dé­fis per­son­nel­le­ment avec son fils dans ses pre­mières an­nées. «Je l’ai ob­ser­vé en in­ter­ac­tion avec les autres en­fants. Les autres en­fants par­laient d’une réa­li­té qué­bé­coise. Il y avait tou­jours un sen­ti­ment de frus­tra­tion chez mon gar­çon parce qu’il y a cer­taines choses qui sont dans la so­cié­té, que quand tu le sais, tu es cen­sé être bran­ché. Tan­dis que lui il man­quait de ces in­for­ma­tions.»

Face à cette réa­li­té, elle a ten­té d’al­ler cher­cher des res­sources. Mais elle a trou­vé ça dif­fi­cile. «Les res­sources existent. Mais est-ce que les gens savent que ça existe ? Est-ce que les gens ont ac­cès à ces res­sources au mo­ment où ils en ont be­soin? Sou­vent non.»

C’est ce qui l’a ame­né à créer cet or­ga­nisme dont le but est de four­nir de l’in­for­ma­tion et sen­si­bi­li­ser les fa­milles à l’im­por­tance de don­ner une bonne tra­jec­toire à leur en­fant dès son plus jeune âge.

Sur­tout en ce qui concerne les en­fants de fa­milles im­mi­grantes où il y a sou­vent des conflits de va­leurs ou cultu­rels. «Il ne faut pas édu­quer les en­fants dans une si­tua­tion com­plè­te­ment ir­réa­liste. Tu ne peux édu­quer un en­fant afri­cain né au Qué­bec comme tes pa­rents t’ont édu­qué en Afrique. Ça crée des ten­sions, ça crée beau­coup de stress pour les en­fants.»

Par exemple, si la fa­mille ne fait qu’écou­ter des émis­sions pro­ve­nant des pays d’ori­gine ou man­ger la nour­ri­ture du pays, les jeunes peuvent vivre des dif­fé­rences à l’école qui pour­raient les af­fec­ter, es­time Mme Ka­ba.

«Si je lui donne ce que j’ai re­çu, alors qu’il doit consom­mer ce qu’il existe, quand il croise ses amis, il se sent moins im­por­tant parce qu’il pense que les autres sont plus co­ol, qu’ils savent plus de choses que lui. On se met à faire de la nos­tal­gie et on ignore les be­soins de l’en­fant. C’est ici sa réa­li­té et on ignore sa réa­li­té.»

AC­TI­VI­TÉS

Avec Aide moi à gran­dir, Fa­tou­ma­ta Ka­ba sou­haite pou­voir ai­der les gar­de­ries pri­vées et les pa­rents qui ont be­soin d’aide au ni­veau in­for­ma­tions et ser­vices, en de­ve­nant un gui­chet d’in­for­ma­tion pour les res­sources.

L’or­ga­nisme tien­dra aus­si dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés pour sen­si­bi­li­ser les pa­rents sur l’im­por­tance de don­ner une bonne tra­jec­toire aux en­fants, mais aus­si sur cer­tains élé­ments liés à la so­cié­té qué­bé­coise.

Des ate­liers de cui­sine sont no­tam­ment pré­vus pour per­mettre aux fa­milles d’en ap­prendre un peu plus sur cet as­pect. «Par­fois les pa­rents en ont en­vie, mais ils ne savent pas où al­ler cher­cher des res­sources.»

En tra­vaillant à la base sur les en­fants et en ten­tant de leur don­ner une meilleure tra­jec­toire en par­tant, Mme Ka­ba es­time que les im­pacts se­ront grands à long terme. «Si on s’at­tend à une so­cié­té qué­bé­coise har­mo­nieuse, avec sa di­ver­si­té, je pense que la po­pu­la­tion qu’il faut al­ler cher­cher c’est cette po­pu­la­tion de base, qui est émer­gente. Qui est ap­pe­lé à être l’ave­nir.»

(Photo TC Media –Yan­nick Bour­sier)

Fa­tou­ma­ta Ka­ba a créé l’or­ga­nisme Aide-moi à gran­dir.

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