Science-fic­tion, ré­flexion et théâtre

Un thril­ler post-apo­ca­lyp­tique à la bien­nale Zones théâtrales

La Revue - - ACTUALITÉS - MA­RIE PIER LÉCUYER ma­rie­pier.le­cuyer@tc.tc

Un monde post-apo­ca­lyp­tique. Une po­pu­la­tion dé­ci­mée presque en­tiè­re­ment. Vous pen­sez à un scé­na­rio de film, à un ro­man de science-fic­tion? C’est plu­tôt au théâtre que ce thril­ler pren­dra vie.

Après plu­sieurs an­nées de tra­vail sur sa créa­tion Murs, un thril­ler post-apo­ca­lyp­tique, la Ga­ti­noise Mi­sh­ka La­vigne, pro­fi­te­ra d’une mise en lec­ture dans le cadre de la bien­nale Zones théâtrales pour pré­sen­ter à ceux qui y as­sis­te­ront le pro­duit presque fi­ni qui se­ra pré­sen­té en 2018 au Noble théâtre de Mont-Lau­rier.

Le chan­tier pré­sen­té à Zones théâtrales se­ra en quelque sorte une «porte d’en­trée» sur ce qu’elle pré­sen­te­ra l’an pro­chain.

Adepte de science-fic­tion, elle en consomme de­puis long­temps, et en­core plus de­puis qu’elle tra­vaille sur Murs. Dans son texte, comme dans d’autres de science-fic­tion, l’his­toire est à la li­mite du pos­sible de ce qu’on connaît du monde d’au­jourd’hui.

«L’idée était de voir ce qui pou­vait fonc­tion­ner dans la science-fic­tion au théâtre, ra­conte-t-elle. C’est peu vu au théâtre la fic­tion post-apo­ca­lyp­tique.» Plus pré­sent dans l’uni­vers an­glo­phone, ce style est beau­coup moins pré­sent dans la lit­té­ra­ture fran­co­phone, rap­pelle l’au­teure de la pièce.

Elle s’in­té­res­sait no­tam­ment à sa­voir ce qu’il reste au ni­veau des re­la­tions entre les per­son­nages, si on re­tire les bud­gets ci­né­ma­to­gra­phiques et les nom­breuses pages de des­crip­tion dans un ro­man. «C’était de voir comment on pou­vait al­ler cher­cher une at­mo­sphère sur scène aus­si.»

Pas de fan­tai­sie, ni de dra­gon. Plu­tôt un monde post-apo­ca­lyp­tique au len­de­main d’une épi­dé­mie qui a dé­ci­mé presque toute une po­pu­la­tion. «On as­siste à une ex­tinc­tion mas­sive des hu­mains, suite à une épi­dé­mie, on a au­cune ex­pli­ca­tion sur la source. Mais le concept d’épi­dé­mie sur une large por­tion de la po­pu­la­tion, c’est ar­ri­vé dans l’his­toire hu­maine. Ce n’est pas ti­ré par les che­veux.»

On y trou­ve­ra des sur­vi­vants à la re­cherche d’un monde meilleur. Dans une sorte d’épo­pée, un frère et une soeur croi­se­ront sur leur route quelques dan­gers, que ce soit cette jeune femme im­pré­vi­sible, ca­ra­bine à la main, ou un homme mys­té­rieux.

Un tel texte a certes re­pré­sen­té des dé­fis, convient l’au­teure. No­tam­ment la lon­gueur du texte, qu’elle a rac­cour­ci au fil des an­nées de tra­vail. «Un des plus gros dé­fis là-de­dans, dans ce texte-là en par­ti­cu­lier, pour l’his­toire que je veux ra­con­ter, c’est qu’est-ce que je veux vé­hi­cu­ler comme idée», en­chaîne-t-elle.

Elle fait d’ailleurs une pa­ren­thèse pour rap­pe­ler que la science-fic­tion n’est pas un sous-genre. «C’est sou­vent, vu comme un sous-genre en lit­té­ra­ture et ça m’a tou­jours un peu dé­ran­gé. Il y en a de la très mau­vaise et de la très bonne, mais quand on a de la très bonne science-fic­tion, il y a vrai­ment une ré­flexion sur le monde de main­te­nant.»

PRO­JET DE LONGUE HA­LEINE

Chose cer­taine, l’abou­tis­se­ment de ce pro­jet se­ra le fruit de plu­sieurs an­nées de tra­vail, alors qu’il a com­men­cé à se dé­ve­lop­per en 2011-2012 avec quelques co­mé­diens, pour «dé­ve­lop­per une ex­plo­ra­tion au­tour de la science-fic­tion au théâtre».

Elle a d’abord fait un pre­mier la­bo­ra­toire en 2013. Puis la même an­née, elle rem­porte le Prix na­tio­nal d’ex­cel­lence RBC pour un ar­tiste émergent, as­sor­ti d’une bourse qui lui per­met de conti­nuer à tra­vailler au pro­jet et à son dé­ve­lop­pe­ment dra­ma­tur­gique. En 2014, elle fait une nou­velle mise en lec­ture, avec une ver­sion an­té­rieure du texte que celle qui se­ra pré- sen­tée ce week- end.

Elle l’a re­pris en la­bo­ra­toire en 2016, avec Be­noit Des­jar­dins du Noble Théâtre de Mont-Lau­rier. «Le la­bo­ra­toire de 2016 m’a per­mis vrai­ment de so­li­di­fier le par­cours des quatre per­son­nages. (…) C’est un texte qui a eu be­soin de dor­mir deux ans pour se rendre où il est en ce mo­ment», conclut la créa­trice. Le 16 sep­tembre, à 14h30, dans le Stu­dio de la cour des arts. En­trée gra­tuite.

Gra­cieu­se­té – Syl­vain Sa­ba­tié) (Pho­to:

Mi­sh­ka La­vigne es­père sus­ci­ter une ré­flexion par son thril­ler post-apo­ca­lyp­tique.

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