Gar­der le mo­ral mal­gré les dé­lais de trai­te­ment

La Revue - - ACTUALITÉS - PAS­CAL LAPLANTE pas­cal.laplante@tc.tc

Quatre mois plus tard, Mi­chel Hotte et France Gra­velle sont tou­jours dans l’at­tente de sa­voir ce qu’ils pour­ront en­tre­prendre comme tra­vaux dans leur sous­sol inon­dé en mai der­nier.

La Re­vue avait réa­li­sé une en­tre­vue avec Mi­chel Hotte, dont la fa­mille ve­nait de dé­mé­na­ger sur la rue Jacques-Cartier quelques jours avant la crue prin­ta­nière qui a frap­pé Ga­ti­neau. Ils ont te­nu à ra­con­ter leur ex­pé­rience pour faire connaître aux ci­toyens comment vivent les si­nis­trés. Dans les pre­mières se­maines de la mésa­ven­ture, le couple avait re­çu un mon­tant de 4500$ de la Sé­cu­ri­té pu­blique (12 mai). Avec la Ville de Ga­ti­neau, tout est al­lé ra­pi­de­ment, de l’ob­ten­tion d’un per­mis de construc­tion à même son rem­bour­se­ment.

Mi­chel a em­bau­ché une firme pour dés­in­fec­ter et une en­tre­prise en en­vi­ron­ne­ment pour re­ti­rer le sable de son sous-sol. Pas le choix. Mais beau­coup de flous en­tourent toutes ces dé­penses… sur­tout de sa­voir si elles se­ront rem­bour­sées. L’ins­pec­teur est pas­sé, mais n’a pas col­lec­té les don­nées sur ce qui avait à faire ou pas. Peu de dé­tails émanent du mi­nis­tère pen­dant des se­maines.

«On s’est fait dire: oui, vous pou­vez dé­mar­rer les tra­vaux. Mais quand on a po­sé la ques­tion à sa­voir si c’était rem­bour­sé, la ré­ponse a été : on ne le sait pas, on ne peut pas vous le dire.» En­tre­temps, comme Mi­chel Hotte est ha­bile à réa­li­ser des ap­pels d’offres, il contacte des contrac­teurs pour éva­luer les coûts des tra­vaux du sous-sol. Mais les règles changent, en cours de route, pour ce qui est des rem­bour­se­ments, ce qui com­plique le tra­vail avec les contrac­teurs, qui ne veulent pas né­ces­sai­re­ment re­voir leurs prix à la baisse.

Le couple est en constante com­mu­ni­ca­tion avec le mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique. Les ques­tions sont nom­breuses. Les se­maines passent et fi­na­le­ment, le 17 juillet, le couple re­çoit un rap­port d’éva­lua­tion des dom­mages du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique. Un rap­port truf­fé d’er­reurs. Par exemple, on de­mande aux Hotte-Gra­velle de four­nir des in­for­ma­tions sur le puits ar­té­sien… or, en Ville, le sys­tème d’eau est bran­ché sur ce­lui de la mu­ni­ci­pa­li­té!

«On a alors ap­pe­lé pour par­ler à notre agent, mais on nous dit qu’il est par­ti pour un mois. On était dé­cou­ra­gé, parce qu’on se di­sait que rien n’avan­çait», men­tionne Mme Gra­velle. La Re­vue a contac­té le mi­nis­tère ain­si que le bu­reau du dé­pu­té de Cha­pleau. Étran­ge­ment, le couple re­çoit des nou­velles de la Sé­cu­ri­té pu­blique quant à leur dos­sier quelques jours après les ap­pels du jour­na­liste.

«Nous avons re­çu un ap­pel de l’ana­lyste lun­di pas­sé (16 août). Ce der­nier a de­man­dé à Mi­chel de re­voir les sou­mis­sions. Ce­la de­mande énor­mé­ment de temps», a in­di­qué France Gra­velle. Et on re­trouve en­core des er­reurs dans les rap­ports trans­mis au couple.

« On est des gens po­si­tifs, mais on trouve ça lourd en ce mo­ment.» - France Gra­velle

LE TEMPS PRESSE

Pour France Gra­velle et Mi­chel Hotte, mais aus­si pour la plu­part des si­nis­trés dont le dos­sier tarde à dé­blo­quer, le temps presse. L’hi­ver peut se pré­sen­ter ra­pi­de­ment et les gens n’ont que quelques mois pour re­cons­truire un sous-sol, ins­tal­ler une four­naise et l’eau chaude.

«Au dé­but d’août, les nuits sont fraîches. Mon beau-père est at­teint du can­cer et une chance qu’on a un foyer pour se ré­chauf­fer. C’est sans par­ler du fait que cet au­tomne, tous les contrac­teurs se­ront oc­cu­pés. Tout le monde au­ra les mêmes choses à faire en même temps», in­dique M. Hotte.

Le couple parle constam­ment avec le voi­si­nage et la si­tua­tion se ré­pète d’une maison à l’autre: «On est des per­sonnes hy­per-or­ga­ni­sées et struc­tu­rées, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Tout le monde est ma­lade et épui­sé». Mi­chel Hotte, constam­ment pré­oc­cu­pé de voir l’eau re­sur­gir de son sous-sol, a dû prendre un congé de ma­la­die de son tra­vail.

«Quand il pleut fort, on pompe l’eau du sous-sol. Rien n’est ré­glé. Et notre fille était sup­po­sée ve­nir ha­bi­ter là pour la ren­trée au Cé­gep. On n’a pas de place pour l’ac­cueillir ici. Mais des gens ici sont en cam­ping de­puis des mois. On parle au nom des Ga­ti­nois si­nis­trés parce qu’on n’est pas tout seuls dans cette si­tua­tion», men­tionne Mme Gra­velle. Vous vi­vez une si­tua­tion sem­blable? La Re­vue sou­haite vous en­tendre. Écri­vez-nous à: re­dac­tion. ou­taouais@tc.tc

(Pho­to: TC Me­dia – Pas­cal Laplante)

Le sous-sol de Mi­chel Hotte et France Gra­velle est vide de­puis mai. La si­tua­tion n’a pas chan­gé.

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