De l’es­pace à Ri­deau Hall

La Revue - - ACTUALITÉS - Avec Mi­chel Pi­card. re­dac­tion.ou­taouais@tc.tc

Jus­tin Tru­deau a choi­si Ju­lie Payette comme pro­chaine gou­ver­neure gé­né­rale du Canada. Une femme brillante. Si vous contes­tez le rôle ‘sym­bo­lique’ du gou­ver­neur gé­né­ral du Canada, je vous sug­gère de pas­ser au pro­chain su­jet. Mon but n’est pas d’ou­vrir une boîte de verre.

Ce­la dit, je réa­lise en­core com­bien j’ai été chan­ceux dans mon par­cours d’ani­ma­teur d’avoir pu ren­con­trer des Ca­na­diens d’ex­cep­tion. Par exemple, les der­niers gou­ver­neurs gé­né­raux. On peut re­mettre en ques­tion leur in­fluence. On peut s’in­ter­ro­ger sur l’im­pact de leurs en­ga­ge­ments so­ciaux. On peut se ques­tion­ner sur le coût de leurs ré­cep­tions et de leurs dé­pla­ce­ments. Mais tant que cette ins­ti­tu­tion existe, force est d’ad­mettre que ceux et celles qui ont oc­cu­pé ce poste pres­ti­gieux sont des Ca­na­diens d’en­ver­gure, avec d’intéressantes réa­li­sa­tions pro­fes­sion­nelles. Je trouve im­por­tant de tra­cer une ligne entre la rai­son d’être des ins­ti­tu­tions et les atouts des per­sonnes choi­sies pour les di­ri­ger.

Je me sou­viens de la sim­pli­ci­té de Ro­méo Le­blanc qui m’avait re­çu en of­frant des bières à mon équipe. Bière qu’il avait bue à la bou­teille ! Et il nous avait ja­sé avec pas­sion du mé­tier de jour­na­liste qu’il avait long­temps pra­ti­qué. À son pre­mier en­tre­tien, Adrienne Clark­son nous avait pré­sen­té avec fier­té son ma­ri John Saul, un es­sayiste ca­na­dien de re­nom.

Mon ex-col­lègue à Ra­dio-Canada, Mi­chaëlle Jean, ca­res­sait le rêve de don­ner une place pré­pon­dé­rante à la fran­co­pho­nie na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale. Une dis­cus­sion avec elle sur ses en­jeux était in­ta­ris­sable. Sa verve, son en­thou­siasme, sa dé­ter­mi­na­tion, n’ont ja­mais ces­sé. Elle est au­jourd’hui la nu­mé­ro un mon­diale des grandes ins­tances de la Fran­co­pho­nie. Quand le gou­ver­neur gé­né­ral sor­tant, Da­vid Johns­ton, m’avait ac­cor­dé un en­tre­tien lors de sa no­mi­na­tion, il avait lais­sé ses pe­tits-en­fants cou­rir dans le sa­lon, au­tour de nous, et entre les fils de nos mi­cros et de nos ca­mé­ras ! Un homme avec des va­leurs fa­mi­liales et un cv uni­ver­si­taire im­pres­sion­nant.

DANS LES ÉTOILES

Le 2 oc­tobre, Ju­lie Payette de­vien­dra of­fi­ciel­le­ment la 22ième gou­ver­neure gé­né­rale du Canada. L’al­ter­nance entre homme et femme, entre an­glo­phone et fran­co­phone, est main­te­nant res­pec­tée de­puis des dé­cen­nies. Une chose nor­male. Je vous pré­dis dé­jà que le pro­chain gou­ver­neur gé­né­ral (ou la pro­chaine gou­ver­neure gé­né­rale) se­ra au­toch­tone. Ce­la se­rait une belle fa­çon pro­to­co­laire de scel­ler avec res­pect la ‘ré­con­ci­lia­tion’ tant es­pé­rée avec les peuples au­toch­tones.

In­gé­nieure en élec­trique et en in­for­ma­tique, scien­ti­fique de haut ni­veau, as­tro­naute po­ly­glotte (elle parle six langues), Ju­lie Payette est al­lée deux fois dans l’es­pace (Dis­co­ve­ry en 1999 et En­dea­vour en 2009). Elle a été la deuxième as­tro­naute ca­na­dienne à voya­ger dans l’es­pace et la pre­mière Ca­na­dienne à se rendre dans la Sta­tion spa­tiale in­ter­na­tio­nale. Elle a en­suite di­ri­gé l’Agence spa­tiale ca­na­dienne pen­dant sept ans.

Je n’ou­blie­rai ja­mais une phrase qu’elle m’avait lan­cée, lors d’une en­tre­vue, après sa deuxième mis­sion. » Du haut de l’es­pace, la Terre est tel­le­ment belle, avec le bleu de ses océans, la cou­leur bru­nâtre de ses conti­nents, le blanc de ses chaînes de mon­tagnes. Mais, vue à des mil­liers de ki­lo­mètres, cette Terre m’ap­pa­raît aus­si bien fra­gile et vul­né­rable. On de­vra y mettre tous nos ef­forts d’hu­mains pour la pro­té­ger. Notre sur­vie en dé­pend. Cette Terre, fi­na­le­ment, est bien petite. »

On a be­soin de men­tors. On a be­soin d’ad­mi­rer le par­cours pro­fes­sion­nel de per­sonnes ex­tra­or­di­naires. Ju­lie Payette fait par­tie de cette élite. Ha­ro sur ceux qui ont fouillé sa vie pri­vée et ten­té de ter­nir sa ré­pu­ta­tion. Vu du cla­vier de mon ordinateur, ces gens (en­vieux ? méchants ?) sont bien pe­tits!

In­ci­dem­ment, le do­maine de Ri­deau Hall est ou­vert aux vi­si­teurs et ac­ces­sible à tous. On y pré­sente plein d’évé­ne­ments cultu­rels et com­mu­nau­taires. Si ce n’est dé­jà fait, al­lez mar­cher un beau di­manche d’au­tomne dans les al­lées du grand parc. Vous se­rez im­pres­sion­nés par la beau­té de la na­ture. Pre­nez le temps de lire les plaques de­vant les arbres plan­tées par les grands di­ri­geants de ce monde au cours des cent der­nières an­nées.

Quand je m’y pro­me­nais avec mes en­fants, j’en pro­fi­tais pour leur ra­con­ter des pans de l’his­toire du Canada et d’autres pays. Rien n’est in­utile. Au­jourd’hui, ils font la même chose avec leurs en­fants.

TROIS CI­TOYENNES HO­NO­RÉS À RIPON

Ce sont sou­vent de pe­tits gestes qui mènent à de belles réa­li­sa­tions. Vous sa­vez com­bien j’aime ter­mi­ner ma chronique en ci­tant des exemples de ci­toyens en­ga­gés. Alors, rou­le­ment de tam­bour. La mu­ni­ci­pa­li­té de Ripon a ré­cem­ment dé­voi­lé une plaque ho­no­ri­fique pour trois bé­né­voles émé­rites de la ré­gion: Mar­gue­rite Le­page, Lise Ran­ger, et Au­drey Cham­pagne. Leur per­sé­vé­rance a me­né à re­mettre sur pied dans le vil­lage un jar­din de plantes aro­ma­tiques et mé­di­ci­nales. L’ob­jec­tif pre­mier est d’y faire de l’édu­ca­tion po­pu­laire. Fi­chue bonne idée ori­gi­nale.

Le ter­rain d’une acre et de­mie avait été lais­sé à l’abandon. On y a main­te­nant gref­fé une par­celle de jar­din com­mu­nau­taire, au plus grand plai­sir des en­fants et des plus grands.

Un in­ves­tis­se­ment peu coû­teux qui rap­por­te­ra gros. La Petite- Na­tion est une pé­pi­nière de belles réa­li­sa­tions.

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