L’ef­fet boule de neige de la gé­né­ro­si­té

La Revue - - ARTS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO an­to­ny.da­sil­va­ca­si­mi­ro@tc.tc

De­puis cinq ans, les en­sei­gnants et membres du per­son­nel en adap­ta­tion sco­laire de la po­ly­va­lente Ni­co­las-Ga­ti­neau mettent la main à la pâte pour or­ga­ni­ser leur dî­ner de Noël.

La veille de la der­nière jour­née de classe avant le congé des Fêtes, les cor­ri­dors de l’uni­té 6 sont par­se­més de tables. Sur celles- ci, dindes, pa­tates, tour­tières, pâ­tés de pou­let, ra­goût, cru­di­tés, sa­lades de ma­ca­ro­ni, bis­cuits et gâ­teaux, pour ne nom­mer que ceux- ci, sont po­sés de­vant le vi­sage des élèves, émer­veillés par toute cette nour­ri­ture.

Ce jeu­di, ce se­ra en­core le cas entre les murs de l’éta­blis­se­ment sco­laire du bou­le­vard de la Vé­ren­drye Est. Et les cui­si­niers d’un jour au­ront en­core la larme à l’oeil. Par le pas­sé, ils ont en­ten­du des « C’est la pre­mière fois que je mange de la dinde » ou en­core « Je n’ai ja­mais eu de re­pas de Noël avant au­jourd’hui».

«C’est triste à en­tendre, mais ça vient nous tou­cher. On se rend compte que des gens près de nous n’ont pas la vie fa­cile. Ça dé­montre qu’on le fait pour les bonnes rai­sons», in­dique Isa­belle Di­nel, édu­ca­trice en adap­ta­tion sco­laire.

Car la clien­tèle en adap­ta­tion sco­laire est, en ma­jo­ri­té, com­po­sée de fa­milles dé­fa­vo­ri­sées. Elles n’ont pas toutes la chance de pou­voir gâ­ter leurs en­fants du­rant le temps des Fêtes comme dans d’autres clans fa­mi­liaux.

Les en­sei­gnantes or­ga­ni­saient au­pa­ra­vant un pot­luck. Une d’entre elles a sug­gé­ré de le faire pour les élèves. Tout le monde pré­pa­re­rait un pe­tit quelque chose.

«Ce qui est beau, c’est que tout le monde a em­bar­qué. Per­sonne n’a re­fu­sé ou a dit que ça ne lui ten­tait pas. Des fois, on en en­tend même dire qu’ils sont en manque d’idée. On s’en­traide», ajoute Mme Di­nel.

Au dé­part, un peu moins de la moi­tié des élèves de l’uni­té 6 était au ren­dez-vous. Les der­nières jour­nées de classe de dé­cembre, après les exa­mens, cer­tains étaient dé­jà en va­cances. Mais cet évé­ne­ment, de­ve­nu tra­di­tion, a eu un ef­fet boule de neige et l’an der­nier, «presque tout le monde» est ve­nu goû­ter.

Le co­mi­té de la vie étu­diante a été vic­time de la po­pu­la­ri­té du dî­ner de Noël. Il a donc créé des par­te­na­riats. Le dé­pu­té Marc Car­rière et le conseiller mu­ni­ci­pal Da­niel Cham­pagne leur donnent un bon coup de main fi­nan­cier tan­dis que le IGA St-Jacques leur offre quelques mets.

Le mer­cre­di soir, les membres du co­mi­té se­ront à leurs four­neaux pour faire cuire les dindes et les pa­tates, en plus d’or­ga­ni­ser les tables. Avec le sur­plus, on en­vi­sage dé­jà d’en of­frir aux fa­milles plus dé­mu­nies ou en­core de les res­ser­vir le len­de­main du dî­ner.

« On prend le temps de s’as­seoir et de man­ger avec nos jeunes. Ça crée un lien spé­cial. On le fait en classes, mais ce n’est pas la même chose», confie Isa­belle Di­nel.

(Pho­to La Re­vue – An­to­ny Da Sil­va-Casimiro)

Jo­sée St-Hi­laire, di­rec­trice ad­jointe à l’uni­té 6 et Isa­belle Di­nel, en­sei­gnante en adap­ta­tion sco­laire, sont deux des ar­ti­sanes der­rières le fa­meux dî­ner de Noël.

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