AU-RE­VOIR JEAN-BER­NARD

La Revue - - ACTUALITÉS - Avec Michel Pi­card. re­dac­tion.ou­taouais@tc.tc

Jean-Ber­nard Rain­ville est mort la se­maine der­nière. Il est dé­cé­dé chez lui, dans le quar­tier qu’il ha­bi­tait de­puis des dé­cen­nies, dans la ville et la ré­gion qu’il ché­ris­sait avec fier­té. Fi­gure lé­gen­daire du monde des mé­dias, ani­ma­teur, com­men­ta­teur au timbre grave et po­sé, au­teur de cen­taines de chro­niques spor­tives dans les jour­naux, per­son­na­li­té en­ga­gée dans mille et une causes so­ciales, Jean- Ber­nard Rain­ville au­ra connu une longue et fruc­tueuse car­rière en cou­vrant le sport. Et c’était tout un per­son­nage !

Il avait ses en­trées partout. Il comp­tait sur un im­pres­sion­nant ré­seau de contacts pri­vi­lé­giés. Son au­di­toire et ses lec­teurs ado­raient son style franc et di­rect. La langue de bois, ce n’était pas pour lui. Sa marque de com­merce était d’ajou­ter des ex­pres­sions hu­mo­ris­tiques dans ses textes et bul­le­tins de nou­velles. Ses com­men­taires spon­ta­nés à la té­lé étaient aus­si co­lo­rés que ses cra­vates et ses ves­tons. Il ai­mait at­tri­buer des sur­noms ori­gi­naux aux ath­lètes. Il avait bap­ti­sé Guy La­fleur ‘’le tur­bo de Thur­so’’ !

Jean-Ber­nard Rain­ville au­ra été une grande ve­dette ré­gio­nale, de la fin des an­nées ’50, jus­qu’à sa re­traite au dé­but des an­nées ’80. J’ai sou­vent été té­moin de té­lé­spec­ta­teurs (des ‘grou­pies’) qui cou­raient der­rière lui dans les centres com­mer­ciaux pour lui de­man­der des au­to­graphes, et des pho­tos si­gnées. C’était avant l’époque des ‘sel­fies’ !

Je par­tage avec vous un pe­tit sou­ve­nir. Il y avait, rue Prin­ci­pale à Hull, un res­tau­rant convi­vial ap­pe­lé Le Bo­cage, pro­prié­té du maire Gilles Ro­che­leau. Un res­to ou­vert jus­qu’aux pe­tites heures du ma­tin. Il était tou­jours plein. C’est là que les ‘vraies af­faires’ de la ré­gion se bras­saient. C’est là que les dé­ci­deurs, per­son­na­li­tés de tous mi­lieux, spor­tifs, se ren­con­traient pour par­ta­ger ru­meurs et se­crets. C’est sou­vent là, le soir, que les jour­na­listes al­laient cher­cher leur scoop, entre deux bou­chées de ‘ham­bur­ger steak’, et après deux ou trois bières ! Jean-Ber­nard Rain­ville était un client ré­gu­lier. Il man­geait tou­jours à la même table, au fond de la salle, que la gé­rante lui ré­ser­vait, dès qu’elle en avait la de­mande.

Si­tôt son bul­le­tin de sport de 23 heures ter­mi­né, à CBOFT Ra­dio-Ca­na­da, il se pré­ci­pi­tait au Bo­cage. Sou­riant, il en­trait d’un pas as­su­ré, tra­ver­sait len­te­ment le res­tau­rant, en sou­riant et en sa­luant tout le monde, en s’ar­rê­tant aux tables pour ser­rer des mains et échan­ger quelques mots. Il avait l’air d’un po­li­ti­cien en pleine cam­pagne élec­to­rale, en quête de votes ! Il car­bu­rait à ce rôle de ‘star’ lo­cale. Ce­la l’amu­sait, le va­lo­ri­sait, le ras­su­rait sur sa po­pu­la­ri­té. On le com­pli­men­tait sur la qua­li­té de son tra­vail.

À 80 ans pas­sés, après avoir vé­cu la gloire sous les fais­ceaux des pro­jec­teurs, Jean-Ber­nard Rain­ville s’est éteint, seul, dans la pé­nombre de sa chambre. Son pu­blic vieillis­sant qui l’avait tant ad­mi­ré et adu­lé, s’en est al­lé aus­si, au fil des ans. Ain­si va la vie.

Jean- Ber­nard Rain­ville mé­rite d’avoir un aré­na, un parc, ou une rue, à son nom, dans la grande ville de Gatineau. Parce qu’il a mis en va­leur avec pas­sion le sport ré­gio­nal, ses ath­lètes ama­teurs et pro­fes­sion­nels, ses bé­né­voles.

L’AVE­NIR DES OLYM­PIQUES DE GATINEAU

Qué­bec a don­né le feu vert. Les rai­nettes ne sont plus un pro­blème pour les en­vi­ron­ne­men­ta­listes. Le ter­rain choi­si est adé­quat. Gatineau et VSMO peuvent pro­cé­der. Vi­ve­ment la pre­mière pel­le­tée de terre pour le nou­vel aré­na des Olym­piques. J’es­père que l’équipe y pa­ti­ne­ra dans deux ans.

C’EST LA SAI­SON DES CARNAVALS

Une ma­jo­ri­té de nos mu­ni­ci­pa­li­tés ont leur car­na­val. Une fa­çon de cé­lé­brer les joies de l’hi­ver, tout en se rap­pro­chant du prin­temps ! Je vous sou­ligne ce­lui de mes amis de SaintAn­dré- Avel­lin, qui bat son plein jus­qu’au 4 fé­vrier.

LA FÊTE DE LA BIÈRE

En ter­mi­nant, l’in­con­tour­nable ren­dez-vous des ama­teurs de hou­blon, le Fes­ti­bière de Gatineau, se dé­roule ven­dre­di et sa­me­di au mu­sée ca­na­dien de l’his­toire. Une p’tite bière, ça ré­chauffe !

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