Sculp­ter ses in­ter­ro­ga­tions et sus­ci­ter la ré­flexion

La Revue - - CULTURE - MA­RIE PIER LÉ­CUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca

Fas­ci­né par l’uni­vers des ma­chines, par l’évo­lu­tion tech­no­lo­gique et par les rap­ports entre l’hu­main et ses ma­chines, l’ar­tiste ga­ti­nois Mus­ta­pha Cha­did s’ins­talle à la Ga­le­rie Mont­calm pour les pro­chaines se­maines, avec quelques créa­tions qui in­vi­te­ront le spec­ta­teur à ré­flé­chir sur le pro­grès et ses im­pacts.

Mus­ta­pha Cha­did ma­ni­pule de­puis plu­sieurs an­nées les mé­taux re­cy­clés pour en faire des créa­tions di­verses. Cette fois-ci, il a choi­si de tra­vailler ses sculp­tures en abor­dant un thème pré­cis.

L’ar­tiste est fas­ci­né par l’uni­vers tech­no­lo­gique, des ma­chines, des en­gins mé­ca­niques. À tra­vers quelques créa­tions grand for­mat, il s’in­ter­roge entre l’évo­lu­tion de l’homme et la tech­no­lo­gie.

L’ex­po­si­tion Et si la ma­chine te res­sem­blait? est née de ces in­ter­ro­ga­tions qui fas­cinent l’ar­tiste. De di­verses ma­nières, il met en lu­mière cette évo­lu­tion. Dans la tête du Ga­ti­nois, beau­coup de ques­tions émergent.

Dans la pièce, sept créa­tions sont ins­tal­lées de part et d’autre, tan­dis que deux sont ac­cro­chées au mur. En en­trant dans la ga­le­rie, deux oeuvres at­tirent par­ti­cu­liè­re­ment l’at­ten­tion. D’abord, Je chante à tue-tête sans au­cune gêne. Au centre de cette créa­tion réa­li­sée à par­tir de mé­taux re­cy­clés, un vio­lon et deux ar­chets en bois. Un mé­ca­nisme contrôle le tout. Un son émerge et ré­sonne dans la ga­le­rie.

Ce n’est pas une pre­mière pour l’ar­tiste que de créer une oeuvre qui est en fait une ma­chine. Mais c’est la pre­mière fois qu’il y ajoute un ins­tru­ment, et du même coup, la mu­sique.

«Je me pose la ques­tion, si une ma­chine ar­rive à jouer du vio­lon, est-ce qu’elle va avoir des sen­ti­ments, comme un hu­main? Est-ce qu’une ma­chine se­rait ca­pable de créer au même titre que l’hu­main?»

À tra­vers cette oeuvre et plu­sieurs autres, il in­vite ceux qui dé­am­bu­le­ront entre les mus de la Ga­le­rie Mont­calm à ré­flé­chir sur cette évo­lu­tion tech­no­lo­gique, mais aus­si sur ces im­pacts à long terme. «L’homme a tou­jours rê­vé de créer un ou­til qui va l’ai­der à fa­ci­li­ter son tra­vail…. Ça peut rap­por­ter beau­coup pour l’hu­ma­ni­té mais il faut gar­der le contrôle.»

Il pour­suit avec d’autres ques­tion­ne­ments. «De­main, les ma­chines se­ront très in­tel­li­gentes. Les consi­dé­re­rons-nous comme nos égaux, les ac­cep­te­rons-nous comme des per­sonnes qui ont des droits?»

Au centre de la pièce, un oeuf gi­gan­tesque qui at­tire l’at­ten­tion au pre­mier re­gard. L’oeuvre Cou­vai­son est sui­vi d’un aigle qui prend son en­vol, quelques pas plus loin. «C’est le mys­tère d’une nais­sance, qui est le pre­mier, l’oi­seau et l’oeuf ou l’oeuf et l’oi­seau?» L’ex­po­si­tion Et si la ma­chine te res­sem­blait? est pré­sen­tée jus­qu’au 4 mars, à la Ga­le­rie Mont­calm.

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