Mé­ta­mor­pho­sé, le CIASF s’agran­dit

La Revue - - ACTUALITÉS - ANTONY DA SIL­VA-CASIMIRO ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

. Avec les de­mandes de ser­vices en hausse, le Centre d’in­ter­ven­tion en abus sexuel pour la fa­mille avait be­soin de plus de lo­caux.

D’un cô­té, il y a les dé­lin­quants sexuels. De l’autre, les en­fants, vic­times d’abus. Le pre­mier conti­nue­ra à être des­ser­vi dans les pre­miers lo­caux tan­dis que le se­cond groupe se­ra re­lo­ca­li­sé au 130, bou­le­vard Saint-Ray­mond, qui a des al­lures d’une mai­son.

Lors de l’inau­gu­ra­tion, on en a pro­fi­té pour an­non­cer la pour­suite de deux projets-pi­lotes ain­si que le dé­mar­rage d’un nou­veau: Chry­sa­lide, soit une salle d’en­quête où en­fants, pa­rents, po­li­ciers et in­ter­ve­nants de la DPJ se­ront ras­sem­blés. Une salle qu’on voit aux États-Unis ou en­core en France.

«Les en­fants n’au­ront plus be­soin de ra­con­ter leur his­toire quatre ou cinq fois. Ça crée­ra un lien d’at­tache et les in­ter­ve­nantes se­ront sur place. Les po­li­ciers pour­ront faire leurs en­tre­vues ici. Ce se­ra plus simple et on risque moins de perdre les en­fants», af­firme Si­mon Dro­let, di­rec­teur au CIASF.

Tra­di­tion­nel­le­ment, les en­tre­vues po­li­cières se dé­rou­laient au poste de po­lice. Un scé­na­rio pas idéal. L’en­fant ar­rive, voit des hommes ar­més d’un bord. Des dé­te­nus de l’autre. Pas né­ces­sai­re­ment bien éclai­ré, on de­mande à l’en­fant de par­ler de sa sexua­li­té. Et que ce qu’il di­ra, se­ra uti­li­sé en cour de­vant un juge.

Et dans la so­cié­té, on a ten­dance à dire aux en­fants que quand tu vas au centre de po­lice, c’est que tu as fait quelque chose de mal.

On vou­lait avoir une mai­son comme dé­cor. «Quoi de mieux pour ré­ha­bi­li­ter la tra­jec­toire dé­ve­lop­pe­men­tale d’un en­fant que de lui of­frir une mai­son comme ac­cueil? On a créé un mo­dèle de toutes pièces pour prendre le temps qu’il faut pour les sou­te­nir et ne pas les perdre entre le poste de po­lice et le centre de thé­ra­pie.»

Quand Si­mon Dro­let parle de «les perdre», il fait ré­fé­rence qu’au moins un cas sur cinq ne se ren­dait pas au centre de thé­ra­pie après avoir tout dé­voi­lé de son his­toire. Les pa­rents ne vou­laient pas conti­nuer après avoir vu leur en­fant «dé­mo­li».

«Avec l’en­quête ici, au mo­ment qu’on sort de la salle, l’en­quête est scel­lée et j’ai une in­ter­ve­nante qui prend im­mé­dia­te­ment l’en­fant en charge.»

Ce n’était éga­le­ment plus conci­liable, ad­met M. Dro­let, de gé­rer le double man­dat de l’or­ga­nisme sous le même toit. Sur­tout avec l’aug­men­ta­tion suc­ces­sive des de­mandes de ser­vices de­puis trois ans.

«On voit que le mou­ve­ment so­cial porte ses fruits. On a en­fin com­pris comme so­cié­té qu’il faut se tour­ner vers nos en­fants, si on veut que le pro­blème ar­rête à la source. Les en­fants sont les pre­mières vic­times dont les ré­per­cus­sions vont per­du­rer dans le temps», a ci­té le di­rec­teur du CIASF, sou­li­gnant qu’un en­fant est trois à quatre fois plus à risque d’être une vic­time une deuxième fois dans sa vie.

Pour le mo­ment, le Centre d’in­ter­ven­tion n’ac­cueille que 20% des si­tua­tions en abus sexuels, se­lon les chiffres de l’or­ga­nisme. De­puis deux ans, on a an­non­cé des aug­men­ta­tions de de­mandes de ser­vices de 19% et de 29%. En­core cette an­née, une autre hausse est pré­vue.

(Photo La Re­vue – Antony Da Sil­va-Casimiro)

Si­mon Dro­let, di­rec­teur gé­né­ral du CIASF, de­vant le nou­veau centre de l’or­ga­nisme.

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