SOU­VE­NIRS DE CO­RÉE

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J’ai tou­jours su que j’avais choi­si le plus beau mé­tier. Le monde des com­mu­ni­ca­tions. Je suis re­con­nais­sant d’avoir oeu­vré à la ra­dio et à la té­lé de Ra­dio-Ca­na­da pen­dant plus de quatre dé­cen­nies. La santé ai­dant, la pas­sion in­tacte, je suis pri­vi­lé­gié de m’y re­trou­ver en­core. Au 94,5 Unique FM, et à MAtv.

Chaque jour, mon mé­tier m’a per­mis d’ap­prendre quelque chose de nou­veau, de faire des ren­contres ex­cep­tion­nelles, de pou­voir bâ­tir des ponts avec la com­mu­nau­té. J’ai tra­vaillé avec des équipes for­mi­dables. J’ai eu la chance de cou­vrir des évé­ne­ments pla­né­taires, comme les Jeux olympiques. Les Jeux d’été de Mon­tréal en 1976, ceux de Los An­geles en 1984, et ceux de Séoul en 1988. Quel autre mé­tier offre ça ?

Les 23es Jeux olympiques d’hi­ver qui com­mencent ven­dre­di à Pyeong­chang, en Co­rée du Sud, m’amènent à re­gar­der dans mon ré­tro­vi­seur, à re­ve­nir dans le temps, à re­vivre des sou­ve­nirs heu­reux.

Pyeong­chang se trouve à trois heures de train de Séoul, la ca­pi­tale du pays, et l’une des plus po­pu­leuses mé­ga­lo­poles du monde avec ses 26 mil­lions d’ha­bi­tants ! On y dé­nombre 12 uni­ver­si­tés. Plus de 20 lignes de mé­tro. Des di­zaines de parcs. Séoul avait pré­sen­té les Jeux d’été, il y a 30 ans. Quand je réa­lise que j’y étais à titre de com­men­ta­teur, je res­sens en­core un sen­ti­ment de gra­ti­tude. Je dé­cri­vais le hockey sur ga­zon, le ju­do, et la lutte olym­pique.

Tout ce­la est si loin, et si proche, dans ma tête. Je re­pense à la du­rée de mon vol d’avion. Ra­dio-Ca­na­da avait dé­lé­gué une soixan­taine de per­sonnes. Pour des rai­sons évi­dentes de sé­cu­ri­té, on avait di­vi­sé l’équipe de pro­duc­tion en quatre groupes qui avaient pris des liai­sons aé­riennes dis­tinctes. Mon col­lègue Re­né Po­thier et moi, on avait fait Ot­ta­wa-New York-Chi­ca­goLos An­geles-An­cho­rage-Séoul. 22 heures dans les airs, plus les es­cales. Et à l’ar­ri­vée, la fouille aux douanes de l’aé­ro­port avait du­ré deux heures.

Une fois nos cartes d’ac­cré­di­ta­tion ob­te­nues, nous voi­là en route, en taxi, zig­za­gants à toute vi­tesse, vers le Vil­lage olym­pique. À l’ins­tar d’autres pays, le Ca­na­da y avait son propre im­meuble. Ath­lètes, en­traî­neurs et com­men­ta­teurs y lo­geaient. Chaque ap­par­te­ment ac­cueillait trois per­sonnes. Fu­tons au sol. Table basse dans la cui­sine. Des nattes de bam­bou comme dé­cor. Un bal­con avec vue sur l’im­mense stade. Il y avait deux ca­fé­té­rias au rez-de-chaus­sée. L’une of­frait des mets in­ter­na­tio­naux, l’autre des spé­cia­li­tés co­réennes. J’y ai dé­cou­vert le ‘kim­chi’, dé­li­cieuse sa­lade de chou ma­ri­née. J’ai man­gé‘co­réen’pen­dant les trois se­maines des Jeux.

UNE VILLE AC­CUEILLANTE ET UN PEUPLE CHALEUREUX

Le pre­mier jour de notre sé­jour, des guides nous avaient of­fert un grand tour de ville. Des en­fants d’écoles pri­maires nous avaient des­si­né des cartes de bien­ve­nue per­son­na­li­sées adres­sées à notre nom. Je les ai conser­vées ! Ces en­fants ont qua­rante ans, au­jourd’hui. As­sistent-ils aux Jeux de Pyeong­chang ?

Entre 1988, les Co­réens étaient un peuple fier, ac­cueillant, tra­vailleur, res­pec­tueux. En 2018, ils le sont en­core, plus ou­verts que ja­mais sur le monde. Vi­ve­ment le rap­pro­che­ment entre les deux Co­rée. Et si c’était l’hé­ri­tage de ces Jeux ?

PLACE AUX JEUX OLYMPIQUES D’HI­VER 2018 À PYEONG­CHANG

Pyeong­chang est une pe­tite ville de mon­tagne très ven­teuse et très froide, dont la mas­cotte est un tigre blanc. Con­trai­re­ment aux der­niers Jeux de Sot­chi sur la côte de la mer Noire en Rus­sie, la mé­téo hi­ver­nale ne se­ra pas un pro­blème ! 94 pays s’y donnent ren­dez-vous jus­qu’au 25 fé­vrier, dans 15 dis­ci­plines. Le Ca­na­da y en­voie 225 ath­lètes (122 hommes, 105 femmes) dont 50 viennent du Qué­bec. Nous avions ga­gné 26 mé­dailles aux Jeux de Van­cou­ver, en 2010. Un to­tal qui pour­rait être dé­pas­sé en 2018. Comme tous les quatre ans, je sui­vrai quo­ti­dien­ne­ment les per­for­mances de nos por­te­cou­leurs. Par­ti­cu­liè­re­ment le pa­ti­nage ar­tis­tique et les courses sur pa­tins.

Et je ver­se­rai une pe­tite larme de joie en pen­sant à mes Jeux de Séoul.

SÉOUL, C’ÉTAIT IL Y A 30 ANS !

Mi­chel Picard lors des Jeux olympiques de Séoul

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