Un ani­ma­teur hors du com­mun

La Revue - - ACTUALITÉS - AN­GÉ­LIQUE LAFRENIÈRE Éta­blis­se­ment du Coeur-de-la-Ga­ti­neau

Ma­thieu Bran­chaud, de Ma­ni­wa­ki, est un ex­cellent mo­dèle pour mon­trer aux autres qu’il n’y a rien de mal à être dif­fé­rent des autres et que per­sonne ne de­vrait être em­bar­ras­sé par leur han­di­cap. Très tra­vaillant; il anime deux mai­sons des jeunes, une à Blue Sea et l’autre au Caya­mant, il s’ac­tive aus­si à l’école de Gra­ce­field où il anime des ac­ti­vi­tés du­rant les pé­riodes de mise à jour (PMJ) et sur l’heure du dî­ner.

Le jeune ani­ma­teur est né dif­fé­rent des autres. Il n’avait que trois doigts à une main et de sur­croit, ils étaient pal­més. Cette mal­for­ma­tion com­mence à son coude. Com­pa­ra­ti­ve­ment aux autres, il ne peut pas al­ler tou­cher son épaule avec ses doigts, car son coude bloque ren­du à un cer­tain point. À l’âge de deux mois, il a dû se faire opé­rer par les mé­de­cins de l’hô­pi­tal de Saint-Jus­tine qui ont dû lui en­le­ver une très faible quan­ti­té de peau de sur son avant- bras pour mettre entre ses deux pre­miers doigts et son pouce pour qu’il puisse les bouger. De l’âge d’en­vi­ron six à douze ans, il a dû al­ler à l’hô­pi­tal de Saint-Jus­tine au moins une fois par an­née. Ma­thieu de­vait aus­si faire des exer­cices avec soit de la pâte à modeler ou des élas­tiques pour ren­for­cir son avant-bras et ses doigts.

De­puis son plus jeune âge, il n’a ja­mais consi­dé­ré sa main comme étant un com­plexe. Heu­reu­se­ment pour lui, Ma­thieu n’a ja­mais eu be­soin d’ap­prendre à écrire avec la main gauche; il est un gau­cher na­tu­rel, plus fort et aus­si plus ha­bille de la main gauche. Ce­la lui a nui dans cer­tains sports, mais il a tou­jours trou­vé une fa­çon pour pou­voir jouer avec les autres et s’amé­lio­rer.

« Je n’ai ja­mais eu de la dif­fi­cul­té à ac­cep­ter le fait que je n’ai que trois doigts.» Il se dit être très chan­ceux de n’avoir ja­mais été in­ti­mi­dé et d’avoir tou­jours été res­pec­té. Les pe­tits en­fants sont plus por­tés à re­gar­der et fixer sa main parce qu’ils se de­mandent pour­quoi lui il n’a que trois doigts, pour­quoi sa main est dif­fé­rente, etc. Ça ne le rend pas mal à l’aise quand c’est un pe­tit parce qu’il sait qu’ils sont juste cu­rieux.

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