Une fa­mille, trois filles aux co­cos ra­sées

La Revue - - SPORTS - ANTONY DA SIL­VA-CASIMIRO ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

Tous sou­rires, elles po­saient avec leur chèque pour Leu­can Ou­taouais. Au centre, Ma­rie-An­drée Mar­quis ne pou­vait pas être plus fière de sa fille Es­mée et de sa belle-fille Océane.

Ce trio fé­mi­nin a pris part au Dé­fi Têtes ra­sées de l’or­ga­nisme, qui vient en aide aux en­fants at­teints du can­cer, la se­maine der­nière entre les quatre murs du gym­nase. De­vant elles, les élèves étaient as­sis en rang indien, les re­gar­dant d’un oeil émer­veillé perdre leur cri­nière.

Cap­ti­vés par la scène, les col­lègues de classe d’Es­mée et d’Océane n’ont ces­sé de les en­cou­ra­ger, en scan­dant en choeur leur nom.

Sur le cô­té, Ma­rie-An­drée n’a rien man­qué de la scène qui se dé­rou­lait de­vant ses yeux.

«Oh, elle est belle», a-t- elle lais­sé tom­ber lors­qu’elle a vu sa fille de sept ans mon­trer sa nou­velle coupe à ses ca­ma­rades.

Ça fai­sait un bon mo­ment qu’Es­mée at­ten­dait ce jour. Elle avait écrit sur sa liste de ca­deaux pour Noël d’avoir une che­ve­lure courte, comme celle des gar­çons. Sa mère, qui est éga­le­ment en­sei­gnante à l’école des TroisSai­sons, lui a alors par­lé du dé­fi de Leu­can.

Ma­rie-An­drée connais­sait le su­jet, ayant pris part au Dé­fi Têtes ra­sées il y a cinq ans. Si à l’époque, c’était pour re­le­ver un dé­fi, cette fois­ci, elle te­nait à le faire pour une amie proche, qui a un pe­tit gar­çon at­teint de leu­cé­mie.

«Es­mée avait le goût de le faire. Et ma bel­le­fille Océane nous écou­tait en par­ler et elle était in­té­res­sée. Elle a donc de­man­dé de pou­voir faire comme nous. On a donc dé­ci­dé de faire l’équipe de l’école au lieu d’en faire un seul per­son­nel.»

Lorsque l’édu­ca­trice au ni­veau pré­sco­laire a com­mu­ni­qué avec Leu­can, on a of­fert la pos­si­bi­li­té de te­nir l’évé­ne­ment à l’in­té­rieur de l’éta­blis­se­ment sco­laire du sec­teur de Ga­ti­neau. Elle n’a pas hé­si­té. Pour­quoi? «On es­saye de sen­si­bi­li­ser les élèves. Les en­sei­gnants, on passe notre temps à leur par­ler de su­jets, mais ils n’en sont pas té­moins. On peut leur dire de re­gar­der un re­por­tage à la té­lé­vi­sion ou sur In­ter­net, mais ce n’est pas la même chose. Là, c’est une oc­ca­sion de le vivre et de pou­voir po­ser des questions.»

Dif­fi­cile de contre­dire le bien­fait de cette ac­ti­vi­té. Les re­gards et les en­cou­ra­ge­ments en di­saient long sur l’in­té­rêt des en­fants. Et quand ils ont été ques­tion­nés sur leur in­té­rêt à se faire ra­ser le co­co l’an pro­chain, une bonne gang a le­vé la main haute dans les airs.

Après le der­nier ra­sage, les trois hé­roïnes de la jour­née sont re­mon­tées sur la scène pour po­ser fiè­re­ment avec leur chèque de près de 2000$.

Der­rière elles, se dres­saient le slo­gan de l’école, qui re­flète bien le geste cou­ra­geux por­té par Ma­rie-An­drée et les deux jeunes filles.

«L’école des Trois-Sai­sons, tous à l’unis­son».

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