LES AMOURS IN­OU­BLIABLES

La Revue - - ACTUALITÉS -

Ma chro­nique est pu­bliée tous les mer­cre­dis. Ce­la tombe le 14 fé­vrier, fête de la Saint-Va­len­tin. La jour­née des pe­tits coeurs des­si­nés à la main sur une carte et des poèmes d’amour. La jour­née des cho­co­lats noirs en forme de coeur. La jour­née des bou­quets de fleurs. La jour­née des bons res­tos, ou des sou­pers en tête à tête à la chan­delle, ac­com­pa­gnés de mu­sique ro­man­tique.

Une fête com­mer­ciale, la Saint-Va­len­tin? Ben oui! Trai­tez-moi de qué­taine, si vous le vou­lez, mais ce­la me donne en­vie de faire une dé­cla­ra­tion d’amour à mes pre­mières «flammes». Ces amours «chastes» de l’en­fance qu’on n’ou­blie ja­mais. Parce qu’ils sont beaux, im­pré­vus, spon­ta­nés, purs. Parce qu’ils pré­cé­dent les pre­miers dé­si­rs char­nels, les pre­miers sou­pirs, les pre­miers bai­sers, les pre­mières nuits blanches à rê­ver à l’autre et à vou­loir vivre avec elle ou avec lui pour l’éter­ni­té. Parce qu’ils de­vancent les pre­miers dé­chi­re­ments, les sé­pa­ra­tions, les peines. Celles qui nous en­foncent une flèche dans le coeur, et nous ap­prennent à se construire une ca­ra­pace à l’âge adulte.

UNE SE­MAINE RICHE… ET POUR­TANT…

Il y avait bien sûr une tonne d’autres su­jets d’ac­tua­li­té. La per­for­mance de nos ath­lètes à Pyeong­Chang. L’éclo­sion de grippe. La sur­charge de tra­vail des in­fir­mières. La mé­téo. La des­cente aux en­fers des Sé­na­teurs et du Ca­na­dien!

Je tiens quand même à sou­li­gner le choix de la Ville de Ga­ti­neau, comme le 71ième meilleur em­ployeur au Ca­na­da, toutes ca­té­go­ries confon­dues. Ce clas­se­ment, c’est le ré­sul­tat d’un son­dage cré­dible au­près de 8000 ci­toyens. Une re­con­nais­sance mé­ri­tée pour les élus, l’ad­mi­nis­tra­tion et les em­ployés mu­ni­ci­paux de la qua­trième plus grande ville au Qué­bec qui tra­vaillent fort pour main­te­nir une culture d’en­tre­prise ga­gnante.

Je veux éga­le­ment fé­li­ci­ter nos po­li­ti­ciens à l’As­sem­blée na­tio­nale de Qué­bec qui ont eu la bonne idée d’éle­ver nos «raft­men» et nos «ca­geux», au rang de hé­ros na­tio­naux. La drave sur nos ri­vières, les cages de bois flot­tants, Jos Mont­fer­rand, tout ce­la fait par­tie de notre pa­tri­moine. Il était temps que l’his­toire de l’Ou­taouais soit en­sei­gnée dans nos écoles pri­maires et se­con­daires.

Là-des­sus, je re­viens à mes amours pas­sés !

ELLES AVAIENT SEPT ANS, HUIT ANS, NEUF ANS

Pen­dant mes nuits d’in­som­nie, je m’amuse par­fois à me rap­pe­ler les pré­noms de mes pre­mières aven­tures amou­reuses. Peut-on vivre un vé­ri­table coup de foudre à sept, huit, ou neuf ans? Peut-on s’en sou­ve­nir en­core, et res­sen­tir des fris­sons de bon­heur, comme si c’était hier?

Anne était blonde. Sa voix douce m’en­sor­ce­lait. Calme et ave­nante, elle sou­riait tou­jours. Notre «liai­son» consis­tait à se rendre et à re­ve­nir de l’école, en­semble, tous les jours. Je trans­por­tais son sac. On par­lait. Quand je l’at­ten­dais dans la cour, mon coeur bat­tait la cha­made. À nos an­ni­ver­saires, on jouait à la chaise mu­si­cale. Anne avait sept ans quand elle m’a quit­té. Elle avait dé­mé­na­gé.

Ca­role avait des che­veux bruns courts. La ferme de ses pa­rents était à cô­té de la nôtre. Je me ca­chais dans la grange pour l’épier. Un di­manche, à la sor­tie de la messe, j’ai en­ga­gé la conver­sa­tion. Entre l’église et le pres­by­tère, il y avait une ba­lan­çoire. On a pris l’ha­bi­tude de s’y ber­cer un court ins­tant. Sa robe fleu­rie et ses chaus­sures noires en cuir pa­tin m’émer­veillaient. Cette «aven­ture» a du­ré un été. Ca­role avait huit ans.

Ma­non avait neuf ans quand je l’ai croi­sée au parc. Elle ai­mait s’as­seoir sur le gui­don de ma bi­cy­clette. J’au­rais pé­da­lé des heures sans me plaindre, juste pour hu­mer l’odeur par­fu­mée de ses longs che­veux noirs. Elle a quit­té le quar­tier. On s’est écrit de longues lettres d’amour. Puis, le si­lence.

Anne, Ca­role, Ma­non, qu’êtes-vous de­ve­nues au­jourd’hui? Est-ce que ce­la vous ar­rive, pen­dant vos nuits d’in­som­nie, de re­pen­ser à vos pre­miers amours? Sa­chez que sans vous, sans ces amours d’en­fance, je n’au­rais ja­mais su com­ment ai­mer d’autres femmes.

Mer­ci. Bonne Saint-Va­len­tin.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.