ÊTES-VOUS DÉPRIMÉS ?

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Troi­sième se­maine de fé­vrier. Troi­sième mois d’hi­ver. Beau­coup de nuages lourds dans le ciel. Peu de so­leil. Des croutes de neige au sol. Des blocs de glace com­pac­tés le long des rues. Des monceaux de sable et de gra­velle sur les trot­toirs. Nos se­melles de bottes usées à chan­ger. Nos voi­tures dé­co­lo­rées par le sel.

Troi­sième se­maine de fé­vrier. Le vac­cin contre la grippe n’au­ra été ef­fi­cace qu’à 20%. La souche vi­ru­lente de l’in­fluen­za (H3N2) semble s’être amu­sée à dé­jouer les cher­cheurs, cette an­née ! Parce que nos vac­cins sont faits à base d’oeufs, ils au­raient aus­si su­bi une mu­ta­tion im­pré­vue.

Les cas de grippe rap­por­tés jus­qu’à main­te­nant en Ou­taouais sont plus éle­vés qu’à Ot­ta­wa. Avec une po­pu­la­tion moindre. Cher­chez l’er­reur. Le vi­rus aime pro­ba­ble­ment da­van­tage les Qué­bé­cois ! Au to­tal, dans la ré­gion, il y a eu plus de 1500 cas confir­més. La grippe a fait une tren­taine de morts. Les ur­gences ont dé­bor­dé. Le per­son­nel mé­di­cal a tri­mé dur. La cam­pagne sur l’im­por­tance du la­vage des mains n’a convain­cu que les deux tiers de la po­pu­la­tion.

Troi­sième se­maine de fé­vrier. Res­sen­tez­vous le spleen de vivre ? Avez-vous les émo­tions à fleur de peau ? Êtes-vous moins pro­duc­tifs et per­for­mants au tra­vail ? Avez-vous le goût de vous rou­ler en boule dans votre lit, de vous y ca­cher, de dor­mir plus long­temps soir et ma­tin? Et ques­tion in­dis­crète (gar­dez la ré­ponse pour vous ) : votre li­bi­do est- elle com­plè­te­ment à plat? Si vous ré­pon­dez oui à toutes ces ques­tions, vous souf­frez d’un mal que les psy­cho­logues ap­pellent la dé­pres­sion sai­son­nière. Une per­sonne sur cinq en souffre. Cette dé­prime an­nuelle et dou­lou­reuse se­rait re­liée à un manque de so­leil, de lu­mi­no­si­té. Cette ab­sence de ‘lu­mière’ nous rend dépressifs, et sou­vent de mau­vaise hu­meur !

Si c’est votre cas, je vais es­sayer de vous ras­su­rer avec de bonnes nou­velles. Les grands froids sont ter­mi­nés. La sai­son des sucres et de la tire d’érable ap­proche. Sur le ca­len­drier, le prin­temps ar­rive of­fi­ciel­le­ment dans un mois. Et les ‘snow­birds’, nos mo­nonques et nos ma­tantes à la re­traite, se pré­parent à re­ve­nir de Flo­ride avec plein de ca­deaux et de gu­gusses ache­tés dans le sud !

Je ne souffre pas per­son­nel­le­ment de dé­pres­sion sai­son­nière. Je suis pro­ba­ble­ment chanceux. Pa­tin et ra­quette, à l’ex­té­rieur, oc­cupent une par­tie de mes loi­sirs. De mul­tiples en­ga­ge­ments pro­fes­sion­nels com­plètent mon ho­raire. Je m’adapte aux ca­prices hi­ver­naux de la mé­téo. Je vis avec. Il fait froid ? Je m’ha­bille chau­de­ment. C’est glis­sant ? Je roule len­te­ment. Il neige ? Je sors ma pelle. Et je com­pense le manque de so­leil, en pre­nant de la vi­ta­mine D.

Mais je dois avouer que ce qui me dé­prime, par­fois, et af­fecte mon hu­meur, ce sont les réa­li­tés ‘po­li­tiques’. Les consul­ta­tions pu­bliques à ré­pé­ti­tion. Les études tou­jours à re­com­men­cer. Les re­com­man­da­tions re­mises à plus tard. Les coû­teux rap­ports ta­blet­tés. Les échéan­ciers non res­pec­tés. Les an­nonces par­ti­sanes im­pro­vi­sées. Les re­mises de dé­ci­sions sur des dos­siers évi­dents. Le bon sens écor­ché.

Quand on re­garde les jeux de cou­lisses des po­li­ti­ciens et des par­tis, force est d’ad­mettre que la saine gou­ver­nance en prend un coup à tous les éche­lons.

PO­SER LA QUES­TION, C’EST Y RÉ­PONDRE

Com­ment jus­ti­fier en cette pé­riode éco­no­mique fra­gile ce de­mi- mil­liard de dol­lars pro­mis aux mé­de­cins spé­cia­listes ?

Com­ment ac­cep­ter que des com­mis­sions sco­laires in­citent les di­rec­tions d’écoles à gon­fler les notes des élèves ?

Com­ment ex­pli­quer qu’il faut en­core une autre étude avant de pas­ser à l’ac­tion dans l’amé­lio­ra­tion du trans­port col­lec­tif vers Ayl­mer?

Com­ment com­prendre qu’on bloque des pro­jets de dé­ve­lop­peurs qui sont ap­prou­vés par les ges­tion­naires de la ville ?

Com­ment agir comme simple ci­toyen de­vant au­tant de po­lé­miques sté­riles?

Fi­na­le­ment, je souffre peut-être de dé­prime sai­son­nière.

PO­LI­TI­CIENS FRI­LEUX OU DISCONNECTÉS DE LA RÉA­LI­TÉ ?

(Pho­to La Re­vue –An­to­ny Da Sil­va-Ca­si­mi­ro)

Êtes-vous su­jet à la dé­prime sai­son­nière ?

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