NOTRE SA­LON DU LIVRE

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Je pour­rais écrire un livre com­plet sur le Sa­lon du livre de l’Ou­taouais, tel­le­ment j’en garde des sou­ve­nirs im­pé­ris­sables. Tel­le­ment j’y ai vé­cu des ren­contres mar­quantes et des mo­ments de bon­heur. J’au­rais mille et une anec­dotes à vous ra­con­ter, en com­men­çant par sa mi­ra­cu­leuse créa­tion, dans le sous-sol dé­fraî­chi de la caisse po­pu­laire Saint-Jo­seph de Hull.

Après moult ques­tion­ne­ments sur la via­bi­li­té, deux des membres fon­da­teurs, feu Jacques Poi­rier et le com­mu­ni­ca­teur/poète Serge Dion, dé­cé­dé en 2013, sont convain­cus que notre ré­gion, à l’ins­tar de Mon­tréal et de Qué­bec, mé­rite de pré­sen­ter un ren­dez-vous lit­té­raire fes­tif.

Les échanges tournent au­tour de ques­tions lé­gi­times. Où te­nir un tel évé­ne­ment ? Le gym­nase d’une école ? Une salle com­mu­nau­taire ? Un aré­na ? Où trou­ver l’ap­pui fi­nan­cier, des com­man­di­taires, des par­te­naires ? Comment ap­pro­cher les li­braires ré­gio­naux, les mai­sons d’édi­tion, les au­teurs ? Y au­ra-t-il un nombre suf­fi­sant de vi­si­teurs pour cette pre­mière en terre ou­taouaise ?

Preuve est faite, au­jourd’hui, que la dé­ter­mi­na­tion et la vi­sion des bâ­tis­seurs ont por­té fruit. Ils laissent un legs cultu­rel sans prix à l’Ou­taouais. Notre Sa­lon fête ses 39 ans en fin de se­maine.

Du jeu­di 1er mars au di­manche 4 mars 2018, on pour­ra en­core vi­si­ter des cen­taines de stands, bou­qui­ner à son rythme, ren­con­trer une pléiade d’au­teurs in­té­res­sants, as­sis­ter à des ta­ble­rondes. La qua­li­té de l’ani­ma­tion et la convi­via­li­té de l’ac­cueil rendent ja­loux tous les autres Sa­lons.

VOIR, EN­TENDRE, ET DIRE

J’adore le slo­gan 2018 du Sa­lon du livre de l’Ou­taouais. Il re­flète l’ou­ver­ture et la trans­pa­rence. Le phi­lo­sophe chi­nois Con­fu­cius avait pour­tant écrit le contraire, il y a 2500 ans : «Je ne vois rien. Je n’en­tends rien. Je ne dis rien.» Tiens, ce­la me rap­pelle les dé­cla­ra­tions des té­moins de la Com­mis­sion Char­bon­neau et cer­taines ré­ponses de po­li­ti­ciens et de ges­tion­naires !

Il m’est im­pos­sible d’ou­blier les dé­buts mo­destes de notre Sa­lon, en mars 1980 et 1981, au ma­nège mi­li­taire de Hull. Le ‘buzz’ avait été le pas­sage re­mar­qué de Passe-Par­tout, la plus grande ve­dette du pe­tit écran ! Coup de mar­ke­ting gé­nial pour at­ti­rer le pu­blic. Avec un hic.

Une di­zaine de mil­liers d’en­fants, de ma­mans, et de pa­pas, avaient ac­cou­ru pour ren­con­trer le per­son­nage ico­nique de la té­lé­vi­sion. Il y avait tel­le­ment de fans en dé­lire, le di­manche après­mi­di, que les pom­piers de la ville, crai­gnant un dé­bor­de­ment de la foule, avaient dé­ci­dé de fer­mer les lieux pour des rai­sons de sé­cu­ri­té ! Je me sou­viens être sor­ti à toute vi­tesse par une porte-ar­rière avec la co­mé­dienne Passe-Par­tout (Ma­rie Ey­kel), sur mes épaules ! Je n’ai ja­mais pu ter­mi­ner mon en­tre­vue !

Il fal­lait net­te­ment un lieu plus grand. En 1982, le Sa­lon a donc dé­mé­na­gé au Pa­lais des Con­grès, qu’il n’a ja­mais quit­té. Il fal­lait aus­si nom­mer des au­teurs pres­ti­gieux comme pré­si­dents d’hon­neur. Le pre­mier écri­vain choi­si fut Yves Thé­riault. Dans mes sou­ve­nirs, je le vois en­core as­sis dans son stand, ac­ces­sible et humble, avec ses crayons à mine, pre­nant le temps d’ex­pli­quer à ses lec­teurs comment il ré­di­geait le plan de ses ro­mans.

Al­lez voir dans slo. qc. ca la liste im­pres­sion­nante d’au­teurs qui sont ve­nus chez nous, qui y viennent en­core. Notre Sa­lon a une âme. Celle de tous les créa­teurs ta­len­tueux qui s’y ar­rêtent, des mil­liers de lec­teurs avides de dé­cou­vertes, et bien sûr, des cen­taines de bé­né­voles dé­voués.

DES ATH­LÈTES EN OR

Les Jeux olym­piques de Pyeong­Chang sont dé­jà ter­mi­nés. Le Ca­na­da a rem­por­té 29 mé­dailles. Un re­cord ab­so­lu. Que d’émo­tions in­tenses nos fiers ath­lètes nous ont fait vivre, au cours de ces seize jours. Leur per­sé­vé­rance et leurs per­for­mances ne peuvent que nous éblouir.

Je re­tiens la pas­sion conta­gieuse des par­ti­ci­pants de tous les pays pour leurs dis­ci­plines. Je les ap­plau­dis. Les Jeux m’ont fait ou­blier les ‘ Trum­per­lou­pettes’ et les ‘Pou­ti­nas­se­ries’ de ce monde.

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