Bri­gitte Me­loche dans sa langue ma­ter­nelle

La Revue - - COMMUNAUTAIRE - MA­RIE PIER LÉ­CUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca

En pu­bliant Les im­puis­sances, l’au­teure Bri­gitte Me­loche a élar­gi ses ho­ri­zons, tant dans la langue que dans le style.

La Ga­ti­noise d’ori­gine, dé­sor­mais ins­tal­lée à Mon­tréal, a ré­cem­ment pu­blié le re­cueil Les im­puis­sances, aux Édi­tions L’In­ter­ligne, pa­ru le 14 fé­vrier.

Il s’agit d’une pre­mière poé­sie pour l’au­teure dans la langue de Mo­lière, elle qui avait pu­blié au­pa­ra­vant trois re­cueils en es­pa­gnol.

« Il y a plu­sieurs an­nées, au dé­but de la ving­taine, j’ai étu­dié l’es­pa­gnol et je pense avoir un peu l’âme la­tine. J’étais vrai­ment at­ti­rée par cette langue-là.»

Mais cette fois- ci, elle a eu en­vie de re­prendre contact avec sa plume fran­co­phone et écrire dans sa langue ma­ter­nelle.

Celle qui fai­sait à l’époque dans la poé­sie éro­tique y va cette fois- ci d’un re­cueil de poé­sie en six par­ties.

Et ce pre­mier re­cueil fait dans la prose poé­tique, elle qui écri­vait au­tre­fois en vers. «Quand j’ai com­men­cé, j’ai été prise dans un élan, c’est la pre­mière fois que je fai­sais ce­la, c’est comme si je me suis lais­sée em­bar­quer là- de­dans.»

Elle l’ad­met: elle a été at­ti­rée par ce style in­édit, dif­fé­rent, en de­hors de ce qui fait en gé­né­ral ac­tuel­le­ment. «Le non- confor­misme m’at­tire à la base», note-t- elle, ré­flé­chis­sant à la ques­tion.

Chose cer­taine, l’usage de la prose poé­tique a char­mé l’au­teure. « J’ai­me­rais conti­nuer à ex­plo­rer la prose poé­tique » , pour­suit- elle. As­su­ré­ment, ce contact avec le ré­cit poé­tique in­fluen­ce­ra sans doute son fu­tur, convient Mme Me­loche.

Le ré­cit d’un amour vé­cu et de sou­ve­nirs pé­nibles de cette his­toire s’est im­po­sé à la suite d’une rup­ture amou­reuse. « Ça s’est im­po­sé comme un be­soin de gué­ri­son, confie-t- elle. Le fil conduc­teur, c’est le par­cours, le che­min de la gué­ri­son, de la bles­sure qui saigne jus­qu’à l’ac­cep­ta­tion, un peu comme un par­cours de deuil.»

L’au­teure fait usage d’une ana­lo­gie ani­ma­lière pour ra­con­ter cette his­toire en prose. «C’est ve­nu tout seul. Comme si j’avais be­soin de me ca­cher der­rière, que la douleur était tel­le­ment vive que j’avais be­soin de per­son­ni­fier, de me per­son­ni­fier pour al­lé­ger la douleur », se ques­tionne-t- elle.

Est- ce que ce re­cueil pour­ra avoir un écho chez d’autres per­sonnes ayant vé­cu un par­cours amou­reux si­mi­laire?

« Il faut qu’elles aient une âme de poète, mais peut- être que le seul fait que je dise que j’ai uti­li­sé la poé­sie pour avan­cer dans la vie…», conclut l’au­teure.

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