Une femme ex­tra­or­di­naire

La Revue - - ACTUALITÉS - SA­RA BARBE ET KEL­LY-ANN MARTIN Ci­té Étu­diante de la Haute-Ga­ti­neau

An­nie Ga­li­peau est une grande femme qui fait par­tie de notre com­mu­nau­té de­puis long­temps. C’est une femme qui se bat pour l’éga­li­té entre blancs et Al­gon­quiens. An­nie est une femme d’en­ver­gure avec plein de pro­jets. Nous avons eu l’ex­trême chance de l’in­ter­vie­wer. Cette femme a tel­le­ment de pro­jets que plus au­cun ne nous étonnent. An­nie a tour­né dans cinq films et deux sai­sons de douze épi­sodes d’une sé­rie. Elle est fière d’être mère de deux jeunes en­fants. Elle est tech­ni­cienne en loi­sirs à la CEHG (notre école) et à la Belle Époque ( ré­si­dence pour per­sonnes âgées) et fi­na­le­ment, elle est aus­si im­pli­quée en po­li­tique. Dans l’in­ter­view sui­vant, nous vou­lons vous ap­prendre à connaitre cette grande dame. Comment as- tu com­men­cé ta car­rière d'ac­trice?

Ma car­rière a com­men­cé à mes 11 ans. Je vi­vais sur la ré­serve et étais dans Ma­ni­wa­ki, avec l’école, pour ve­nir faire du ma­ga­si­nage. Une de mes amies m’avait in­vi­tée à al­ler sou­per chez sa mère qui vi­vait à Ma­ni­wa­ki. Et ce que vous de­vez sa­voir c’est que sa mère vi­vait au- des­sus d’un sa­lon fu­né­raire et ma plus grande peur c’est les morts. J’ai donc hé­si­té à ac­cep­ter son in­vi­ta­tion. J’ai fi­ni par dire oui. Pen­dant que nous que sou­pions, l’oncle de mon amie co­gnait à la porte. Des gens re­cher­chaient des jeunes Al­gon­quiennes pour au­di­tion­ner pour le film ( The Map of The Hu­man Heart). Mon amie in­sis­ta donc pour que j’aille au­di­tion­ner avec elle. J’ap­pe­lai donc ma mère pour lui dire que je res­te­rais plus tard en ville. Plus de 120 filles ont donc au­di­tion­né ce jour-là. Puis, 5000 à tra­vers le monde. Et j'ai été re­te­nue avec 4 autres filles.

Com­bien de temps dure le tour­nage d’un seul film?

En gé­né­ral ça prend trois ans du dé­but du tour­nage à la pré­sen­ta­tion à la pre­mière.

Dans com­bien de films as-tu joué et quel est leur nom?

Le pre­mier , Map of the hu­man heart, le se­cond She­ha­weh, le troi­sième Oki le maïs , le qua­trième Mai­na, le cin­quième Grey Owl, le nu­mé­ro 6 l’his­toire du Ca­na­da et en der­nier lieu, 2 sai­sons, de 13 épi­sodes de Ça clique. J’ai aus­si ani­mé plu­sieurs évé­ne­ments.

Est-ce que tu ai­me­rais ça un jour re­jouer dans un film ou une sé­rie?

Non, car main­te­nant je suis une ma­man, mais plus tard quand mes gar­çons se­ront plus vieux et in­dé­pen­dants, oui .

Qu’est-ce qui a mis fin à ta car­rière?

Je vou­lais mettre mes éner­gies à de­ve­nir une ma­man.

Quel est ton par­cours?

Plus jeune je vou­lais de­ve­nir vé­té­ri­naire. Toute a dé­bu­té le soir de la pre­mière au­di­tion, donc je vous en ai dé­jà par­lé, puis en­suite, tout a été que boule de neige. J’ai tra­vaillé avec ma­ri­na Or­si­ni dans She­ha­weh, puis j’ai com­men­cé à me faire mon nom, puis elle est de­ve­nue mon agente.

Comment as-tu trou­vé l’ex­pé­rience d’être ar­tiste?

J’ai ap­pris à me dé­pas­ser, à mon­trer qui je suis et qu’est-ce que je suis ca­pable d’ac­com­plir.

Est- ce que ça a été dif­fi­cile d’être loin de ta fa­mille?

Oui ça été vrai­ment dure d’être loin de mon en­tou­rage, mon chum, mes pa­rents, mes soeurs,

Chaque jour, les femmes su­bissent la pres­sion que la so­cié­té choi­sit de mettre sur leurs épaules, peu im­porte où elles se trouvent sur la pla­nète. Que ce soit à tra­vers les sté­réo­types fé­mi­nins qui ne s'ef­facent que plus ou moins avec le temps, ou à tra­vers les images du corps par­fait, quoique ir­réa­liste, que les mé­dias ne cessent de prô­ner, la pres­sion est im­mense. Lorsque vient le temps de se dé­nu­der, même juste un peu, beau­coup de femmes ont de la dif­fi­cul­té à af­fi­cher leur corps, de peur d'être ju­gées.

Il est grand temps que celles qui se couvrent n'aient plus peur.

Il est grand temps que celles qui ne sortent plus ouvrent toutes les portes.

Il est grand temps que celles qui craignent la plage aient hâte aux vagues et au sable.

Il est plus que grand temps que celles qui n'ont pas confiance ap­prennent à s'ai­mer exac­te­ment comme elles sont.

La vé­ri­té, c'est que le corps que nous pos­sé­dons est le seul que nous avons, et que le seul avis qui im­porte quand à ce­lui- ci est le nôtre. Pas ce­lui des voi­sins. Pas ce­lui des mé­dias. Pas ce­lui de nos amis. Seule­ment le nôtre.

Le mot qui court or­don­nant à cer­taines femmes de chan­ger leur corps afin de pou­voir mes tantes et mes oncles. Mais, aux fi­nales nous sommes tel­le­ment tou­jours avec les mêmes per­sonnes 24 heures sur 24 que ça de­vient notre deuxième fa­mille.

Qu’est ce qui t’a re­don­né le gout de re­ve­nir dans ta ville na­tale?

Parce que j’ai gran­di ici et je veux que mes gar­çons y gran­dissent aus­si et pour qu’ils de­viennent de bonnes per­sonnes.

Est-ce que tu as dé­jà sen­ti des ten­sions parce que tu es Amé­rin­dienne?

Non parce que ce n’est pas la cou­leur de la peau ou les ori­gines qui changent quelle que chose. C’est la per­sonne que l’on est. por­ter cer­tains vê­te­ments est com­plè­te­ment ab­surde. Per­sonne n'a le droit de dire à une autre per­sonne ce qu'elle de­vrait ou ne de­vrait pas por­ter, et ab­so­lu­ment per­sonne n'a le droit de rendre quel­qu'un in­con­for­table dans son propre corps, dans sa propre peau.

Si elle veut por­ter des leg­gings, qu'est-ce qui l'en em­pêche?

Si elle veut por­ter un crop-top, qu'est-ce qui l'en em­pêche?

Si elle veut por­ter des vê­te­ments mou­lants, qu'est-ce qui l'en em­pêche?

Si elle veut por­ter un maillot deux pièces, qu'est-ce qui l'en em­pêche? Si elle veut, rien ne l'en em­pêche. Rien ni per­sonne ne de­vrait même vou­loir l'en em­pê­cher.

Leurs yeux n'ont pas be­soin d'être pro­té­gés. Ils vont - ils doivent - ap­prendre à res­pec­ter la cel­lu­lite, les ci­ca­trices et le poids d'au­trui. S'ils pensent avoir le droit de dé­ni­grer, de ra­bais­ser le corps des autres, ils ont plus que tort.

Ce n'est pas un pré­re­quis d'avoir de longues jambes, une peau bron­zée et des ab­do­mi­naux pour en­le­ver son col rou­lé. Tout ce que ça prend, c'est un peu de confiance.

La seule bonne fa­çon de pré­pa­rer notre corps pour l'été, c'est d'ap­pli­quer beau­coup de crème so­laire et de por­ter des vê­te­ments légers dans les­quels nous sommes confor­tables.

C’est ab­so­lu­ment tout.

An­nie Ga­li­peau est une grande femme qui fait par­tie de notre com­mu­nau­té de­puis long­temps.

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