L’an­née de la dé­non­cia­tion

La Revue - - COMMENTAIRES - ÉMI­LIE DÉSAULNIERS École se­con­daire Hor­mis­das-Ga­me­lin

L'an­née 2017 a été celle où il y a eu le plus de dé­non­cia­tions d’har­cè­le­ment sexuel et d’agres­sions sexuelles. De nom­breuses per­sonnes ont fi­na­le­ment par­lé de ce qu’elles avaient vé­cu grâce au mou­ve­ment de dé­non­cia­tion #moiaus­si, (#metoo en an­glais). Plu­sieurs per­sonnes sont sor­ties de l’ombre et ont dé­non­cé leur agres­seur. La si­tua­tion com­mence fi­na­le­ment à chan­ger et les vic­times ont moins peur d’en par­ler.

Quand on est vic­time d’un évè­ne­ment de la sorte, il est im­por­tant d’en par­ler. Il faut ar­rê­ter l’agres­seur avant qu’il ne puisse faire plus de vic­times. Ce n’est pas nor­mal et pas cor­rect que des gens pensent qu’ils ont le droit d’abu­ser sexuel­le­ment d’autres per­sonnes. Alors, pour­quoi est- ce si fré­quent? Homme ou femme, per­sonne n’a le droit de tou­cher la per­sonne si elle ne veut pas, sans son con­sen­te­ment. Per­sonne n’a le droit de nous contrô­ler ou de nous for­cer à po­ser un geste qu’on ne veut pas faire. Donc, pour­quoi des gens s’en donnent-ils le droit? Peu im­porte la rai­son, ce qu’ils font doit ces­ser et les vic­times de­vraient les dé­non­cer pour les ar­rê­ter. Si elles se sont fait agres­ser sexuel­le­ment, ce n’est pas de leur faute et elles ne le mé­ri­taient pas. Per­sonne ne mé­rite que quel­qu’un abuse de lui ou d’elle.

Nous de­vons em­pê­cher les agres­seurs de conti­nuer leurs actes ignobles. Notre corps est le nôtre et per­sonne n’a le droit de nous en­le­ver le droit de dire «non».

Je pense que nous de­vons re­dou­bler d’ef­forts afin de sen­si­bi­li­ser les en­fants dès un jeune âge à l’agres­sion sexuelle et aux sé­quelles psy­cho­lo­giques des vic­times. Nous de­vons faire de la pré­ven­tion afin de stop­per les fu­turs agres­seurs.

Je n’ai ja­mais été agres­sée sexuel­le­ment, mais je sais que si ce­la m’ar­ri­vait, j’au­rais du mal à m’en re­mettre. Ça pour­rait m’ar­ri­ver, ça pour­rait ar­ri­ver à n’im­porte qui. Nous de­vons bri­ser le si­lence des vic­times et nous as­su­rer que ça n’ar­ri­ve­ra pas à d’autres per­sonnes. Il n’est pas nor­mal que nous vi­vions dans un monde où les agres­sions sexuelles sont si fré­quentes. Cette ère de dé­non­cia­tion est en­fin en­train de dé­bu­ter.

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