DE L’AS­PHALTE ET DES VOTES

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La fa­çon de faire de la ‘vieille’ po­li­tique, en an­née élec­to­rale, n’est pas morte en 2018. Loin de là. On pour­rait re­ve­nir des dé­cen­nies en ar­rière, et consta­ter que rien n’a chan­gé, que rien ne change, dans la fibre gé­né­tique des po­li­ti­ciens. Quand ils se rap­prochent du scru­tin, ils mul­ti­plient les an­nonces, les pro­messes, et les ap­pa­ri­tions pu­bliques. Ils af­fichent évi­dem­ment leur plus beau sou­rire sur les pho­tos de groupe.

Force est d’ad­mettre que les po­li­ti­ciens passent une grande par­tie des quatre ans de leur man­dat à four­bir leurs armes afin d’être ré­élus. Prendre le pou­voir, ou y res­ter, c’est tou­jours l’ul­time ob­jec­tif. La re­cette ga­gnante semble res­ter la même. À quelques mois du vote, les élus pro­posent une sé­rie de so­lu­tions en ap­pa­rence in­no­va­trices pour amé­lio­rer le sys­tème de san­té et d’édu­ca­tion. Ils trouvent un sur­plus d’ar­gent dans le der­nier bud­get pour al­lé­ger le far­deau fis­cal des ci­toyens. Et ils pro­mettent d’in­ves­tir mas­si­ve­ment dans des tra­vaux d’as­phal­tage ! La stra­té­gie est sim­pliste. Mais elle marche en­core.

En quête d’es­poir et de renouveau, les élec­teurs ont la mé­moire courte, quand les élus res­sortent les vio­lons et le ché­quier. Ils ou­blient fa­ci­le­ment l’at­tente in­hu­maine qu’ils ont vé­cue sur une ci­vière à l’ur­gence (Ga­ti­neau a le pire re­cord au Qué­bec). Ils ou­blient les dé­lais in­ter­mi­nables pour prendre un simple ren­dez-vous mé­di­cal, ou les re­ports d’une chi­rur­gie in­dis- pen­sable. Ils ou­blient le sur­me­nage des in­fir­mières et des en­sei­gnants.

DE LA ‘VIEILLE’ PO­LI­TIQUE ?

Faire de la ‘vieille’ po­li­tique, c’est faire des pro­messes en cas­cade, à la der­nière an­née d’un man­dat, tout en re­mi­sant aux ou­bliettes les pro­messes non te­nues des an­nées an­té­rieures. Pro­messes ré­cur­rentes dans plu­sieurs do­maines, sans en chif­frer tous les coûts (on ver­ra ça après l’élec­tion !). Pro­messes d’abais­ser les im­pôts, après un der­nier bud­get sur­prise. Au diable, les théo­ries alar­mistes des trois pre­mières an­nées, sur l’aus­té­ri­té, sur l’obli­ga­tion de ré­duire la dette, sur l’éli­mi­na­tion du dé­fi­cit le plus vite pos­sible. Les fa­milles ap­plau­dissent. Même s’il ne s’agit que d’une cen­taine de dol­lars de plus dans nos poches.

Faire de la ‘vieille’ po­li­tique, c’est mul­ti­plier les an­nonces de tra­vaux rou­tiers et d’as­phal­tage. Rem­plir les nids- de-poule, re­pa­ver les routes, construire des pon­ceaux, so­li­di­fier les struc­tures des ponts d’éta­ge­ment. Ça, mes amis, c’est payant sur le plan élec­to­ral. Du pa­vage lisse et neuf, des routes moins ca­ho­teuses, un pont élar­gi, de nou­velles bre­telles d’au­to­route, ce­la a tou­jours rap­por­té beau­coup de ‘x’ sur les bul­le­tins de vote. Ce­la re­monte à l’époque de Mau­rice Du­ples­sis. Le chef de l’Union na­tio­nale avait pro­mis de faire construire un pont neuf dans un vil­lage sans ri­vière ! Confron­té par des élec­teurs, le po­li­ti­cien a alors pro­mis de faire aus­si creu­ser une ri­vière !

Que fait l’op­po­si­tion dans tout ce bal­let de pro­messes ? Eh bien, elle aus­si, fait de la ‘vieille’ po­li­tique. En s’op­po­sant sys­té­ma­ti­que­ment à tout pro­jet, à toute nou­velle orien­ta­tion ! En pro­met­tant mille et une choses sou­vent ir­réa­li­sables ou ir­réa­listes.

Ce qu’il y a de 100% cer­tain en po­li­tique, c’est qu’on est kif­kif, entre par­tis, entre élus, entre can­di­dats. Peu im­porte les po­li­ti­ciens qui se­ront élus le 1er oc­tobre au Qué­bec et dans les cir­cons­crip­tions de l’Ou­taouais, ils ne pen­se­ront qu’à une chose pour les quatre pro­chaines an­nées : être ré­élus et res­ter au pou­voir !

AGRAN­DIS­SE­MENT DU PONT ALON­ZO-WRIGHT

Au coeur de tous les tra­vaux rou­tiers pro­mis ré­cem­ment, il y a l’élar­gis­se­ment à quatre voies du pont Alon­zo-Wright. Une étude de 350 pages a ana­ly­sé une dou­zaine de so­lu­tions pour dé­con­ges­tion­ner la cir­cu­la­tion, ma­tin et soir. Si vous ha­bi­tez Cant­ley, la Côte d’Azur, Lim­bour, Tou­raine, aux abords du bou­le­vard La Vé­ren­drye, le pro­jet de 65 mil­lions de dol­lars de­vrait vous sé­duire.

Avec un hic, se­lon le MTQ. Le tout ne se­rait com­plé­té que dans 5 ans. Pour nos élus, ce­la veut dire un autre man­dat po­li­tique de 4 ans. Et en­core beau­coup d’autres pro­messes !

(Pho­to La Re­vue – Ar­chives)

Le pont Alon­zo-Wright pren­dra en­core du temps avant d’être élar­gi.

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