Le rêve amé­ri­cain de Marc-Oli­vier Ca­ron

La Revue - - SPORTS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

Et quand qu’on connait le par­cours de MarcO­li­vier Ca­ron, on peut pa­raître sur­pris. Il n’a ja­mais été l’élève le plus as­si­du en classes. En­core moins le plus in­té­res­sé.

«Dans ma tête, je ne vou­lais même pas al­ler au cé­gep. Je vou­lais en­trer à l’école de pom­piers. Mais Ro­bert m’a convain­cu d’y al­ler et de pour­suivre mes études. Et après, j’ai eu l’offre de Tam­pa Bay», se re­mé­more le jeune homme à la longue che­ve­lure brune.

S’il dit s’être beau­coup amé­lio­ré comme na­geur, il a sur­tout mû­ri sur le plan per­son­nel. Ses notes aca­dé­miques frôlent la per­fec­tion, af­firme le na­geur po­ly­va­lent. Ses pro­fes­seurs lui ont même écrit des lettres de ré­fé­rence.

Et s’il vou­lait na­ger, il avait be­soin d’avoir de bons ré­sul­tats sur les bancs d’école. Pas de bonnes notes, pas de na­ta­tion. Un étu­diant exem­plaire, se­lon ses en­traî­neurs.

«Ce n’est pas le même Marc-Oli­vier qui al­lait au cé­gep. Mon état d’es­prit a chan­gé. Je ne re­garde plus les choses de la même fa­çon», a ajou­té ce­lui qui a ob­te­nu une dis­tinc­tion aca­dé­mique à sa deuxième an­née aux États-Unis.

UN AC­CI­DEN­TÉ DE MO­TO

L’aî­né de la fa­mille Ca­ron est d’au­tant plus re­con­nais­sant de­puis un grave ac­ci­dent qui au­rait pu mettre un terme à sa car­rière de na­geur. C’est sur­ve­nu il y a un an, presque jour pour jour, un peu pas­sé son an­ni­ver­saire qui plus est.

Condui­sant sa mo­to sur un bou­le­vard bien acha­lan­dé, Marc- Oli­vier Ca­ron a heur­té une au­to­mo­bile de plein fouet qui rou­lait à sens in­verse. Un face-à-face qui au­rait pu avoir de lourdes consé­quences pour lui.

Le prin­ci­pal in­té­res­sé a été éjec­té de son siège et a at­ter­ri plus de 20 mètres plus loin.

«J’ai été chan­ceux. J’ai été bles­sé au dos et à une che­ville, mais j’ai seule­ment ra­té deux mois et en­core là, la sai­son de na­ta­tion était ter­mi­née. Mais j’ai seule­ment com­men­cé à re­trou­ver ma vraie forme phy­sique cet hi­ver. Je n’étais pas à 100% quand je na­geais l’au­tomne der­nier. J’au­rais pu avoir des temps plus ra­pides à ma der­nière sai­son.»

En ré­ha­bi­li­ta­tion en at­ten­dant le dé­but de la sai­son, Marc-Oli­vier a pla­ni­fié un voyage dans la pé­nin­sule ibé­rique pour s’en­traî­ner avec les na­geurs es­pa­gnols et ap­prendre la langue du pays, en plus de sa culture. C’est aus­si là qu’il pas­se­ra une par­tie de sa ré­ha­bi­li­ta­tion.

ET LA SUITE?

Marc-Oli­vier Ca­ron ignore en­core où il se­ra l’an pro­chain. Il a en­tre­pris les dé­marches pour dé­bu­ter une maî­trise au pays de l’oncle Sam. Si­non, il au­ra tou­jours l’op­tion d’in­té­grer le mar­ché du tra­vail en ren­trant à Ga­ti­neau.

Mais une chose est sûre: il n’a pas fi­ni de na­ger. «C’est sûr que je veux conti­nuer à na­ger et prendre part à des com­pé­ti­tions na­tio­nales et même in­ter­na­tio­nales. Mais je prends ça au jour-le-jour.»

D’ici là, le fu­tur di­plô­mé de l’Uni­ver­si­té de Tam­pa Bay se pré­pare à la re­mise des di­plômes alors que pa­pa, ma­man et fré­rot fe­ront le dé­pla­ce­ment pour as­sis­ter à cette pre­mière dans le clan Ca­ron.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Todd Mont­go­me­ry)

Après trois ans à na­ger dans les eaux amé­ri­caines, Marc-Oli­vier Ca­ron est prêt pour la suite des choses.

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