Le Tour du si­lence

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Un sa­me­di après-mi­di de mai. Il fait beau. Le bon­heur est au ren­dez-vous, après un long hi­ver. Je roule à vé­lo, len­te­ment et aux aguets, sur l’ac­co­te­ment d’une route se­con­daire, entre Chel­sea et Ayl­mer. Un pe­tit quart de ki­lo­mètres à par­cou­rir. Pas le choix. C’est le seul lien entre deux pistes cy­clables ba­li­sées. Ce rac­cour­ci, je l’ai em­prun­té mille fois, avec le ga­zouillis des oi­seaux en trame so­nore.

Sou­dain, j’en­tends le son puis­sant d’un mo­teur. Je re­garde der­rière moi. Un gros ca­mion ti­rant une re­morque en­core plus large que lui se rap­proche à vive al­lure. Le mas­to­donte roule au moins à 100 ki­lo­mètres à l’heure. Le maxi­mum per­mis sur cette route de cam­pagne est de 50 km/h ! Je me range le plus à droite pos­sible, à quelques pouces du fos­sé. Tout se passe à la vi­tesse de l’éclair. Le mi­roir ex­té­rieur du ca­mion frôle mon épaule. Pour évi­ter un ac­ci­dent im­mi­nent, mon seul ré­flexe est de me je­ter dans le fos­sé avec mon vé­lo. J’es­saie d’amor­tir le choc tant bien que mal, entre pierres concas­sées, ronces, et buis­sons. Heu­reu­se­ment, je porte un casque.

Chan­ceux, je m’en tire avec des égra­ti­gnures sur les bras, des éra­flures sur mes cuisses, un peu de sang au vi­sage. J’ai échap­pé au pire. Je re­mer­cie le ciel. Ce n’était pas mon heure. Le chauf­feur du ca­mion ? In­dif­fé­rent, il pour­suit son che­min, sans s’ar­rê­ter, sans re­mords !

Je sais qu’il y a plein de ca­mion­neurs et d’au­to­mo­bi­listes vi­gi­lants. Comme il existe plein de cy­clistes ir­res­pec­tueux des rè­gle­ments. Mais entre les deux, il y a la vie, ou la mort.

ROU­LER EN SÉ­CU­RI­TÉ

Vous êtes des mil­liers de cy­clistes en Ou­taouais et dans la Pe­tite-Na­tion à avoir peu­têtre vé­cu ce genre d’évé­ne­ments trau­ma­ti­sants. Mon ami Pierre Ber­ge­ron, cy­cliste ex­pé­ri­men­té et pru­dent, n’ar­rête pas de ra­con­ter sur Fa­ce­book ses aven­tures sou­vent mal­en­con­treuses sur deux roues. Une simple dis­trac­tion peut nous en­voyer au ci­me­tière. Des amis bles­sés ou morts à vé­lo, on en connaît tous.

Le Tour du Si­lence a lieu chaque an­née le troi­sième mer­cre­di de mai dans 300 villes du monde pour sen­si­bi­li­ser la po­pu­la­tion à la sé­cu­ri­té rou­tière. Le pre­mier Tour avait eu lieu à Dal­las en 2003, à la suite de la mort d’un cy­cliste hap­pé par un au­to­bus. Au Qué­bec, la ma­jo­ri­té des ac­ci­dents mor­tels im­pli­quant des cy­clistes (11 en 2017) ont eu lieu de jour, par temps clair, sur un che­min plat. Le tiers im­pli­quait des poids lourds.

À Ga­ti­neau, le Tour du si­lence a lieu le mer­cre­di 16 mai. Ras­sem­ble­ment, à 18h, Place De La Ci­té. Soyons-y par so­li­da­ri­té.

‘’EN FRAN­ÇAIS S.V.P.’’

La Ba­soche d’Ayl­mer af­fi­chait com­plet la se­maine der­nière pour le lan­ce­ment du pre­mier EP du groupe Su­gar Crush, duo ga­ti­nois com­po­sé de Joa­nie Char­ron et Ma­rie-So­leil Pro­vost, an­cien­ne­ment Bi­jo and Sun. Si vous ai­mez la mixi­té mu­si­cale des genres (mu­sique tra­di­tion­nelle et mu­sique coun­try), vous al­lez être conquis. Le trad- coun­try (en fran­çais svp) a le vent dans les voiles. C’est fes­tif.

Notre duo a dé­jà re­çu plu­sieurs prix, dont ce­lui de ‘Dé­cou­verte’ au Fes­ti­val wes­tern de St-Tite, en 2018. Qui de notre ré­gion peut se van­ter d’être al­lé en­re­gis­trer dans un stu­dio de Na­sh­ville avec Steve Man­dile, réa­li­sa­teur des al­bums de Tim Mc­Graw ? Nos deux Ga­ti­noises. Elles vont même y re­tour­ner bien­tôt.

J’ai tra­vaillé deux ans à Unique FM 94,5 avec Joa­nie. Quel ta­lent na­tu­rel ! Quelle voix en­so­leillée. Tout en pour­sui­vant sa car­rière ra­dio­pho­nique, elle a trou­vé le temps de com­po­ser des chan­sons, don­ner des spec­tacles, peau­fi­ner des disques, avec sa com­plice Ma­rie- So­leil. J’ad­mire cette dé­ter­mi­na­tion des ar­tistes.

Ado­les­cente, Joa­nie chan­tait l’hymne na­tio­nal aux matchs des Olym­piques de Hull. C’est à l’aré­na Guer­tin que je l’ai en­ten­due la pre­mière fois, et re­mar­qué son ta­lent. Po­ly­va­lente et per­sé­vé­rante, elle a pour­sui­vi son che­min. Au­jourd’hui, elle a des cartes ga­gnantes entre les mains. Comme quoi on peut tou­jours al­ler au bout de ses rêves.

Le Tour du si­lence à Ga­ti­neau

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