Pas­sion­né de créa­tions et de ren­contres ar­tis­tiques

La Revue - - CULTURE - MA­RIE PIER LÉ­CUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca

Avec la col­la­bo­ra­tion de Culture Ou­taouais, La Re­vue vous pro­pose de dé­cou­vrir le por­trait d’un créa­teur ou d’un or­ga­nisme qui fait bou­ger la culture d’ici.

Le cur­ri­cu­lum vi­tae ar­tis­tique du ga­ti­nois An­toine Cô­té Legault est bien gar­ni. Et sa tête re­gorge de plein d’autres idées. La Re­vue est al­lée à la ren­contre du créa­teur, qui aime au­tant prendre la plume que fou­ler les planches, adepte de poé­sie à ses heures et ar­tiste dans l’âme.

Cette pas­sion n’est pas nou­velle pour le ga­ti­nois. Elle lui vient plu­tôt de sa jeu­nesse. «Même quand j’étais au se­con­daire et au Cé­gep, le théâtre, l’im­pro était pré­sent dans ma vie » , ra­conte-t-il.

An­toine Cô­té Legault a donc tou­jours gra­vi­té au­tour du monde ar­tis­tique. Mais il y a eu un point tour­nant. «L’es­pèce de ca­ta­ly­seur, c’est quand j’ai com­men­cé à faire du slam», confie-t-il en dé­but d’en­tre­tien, évo­quant son par­cours ar­tis­tique.

Ça a été «l’al­chi­mie ul­time», pour­suit-il. «Ça a été vrai­ment un mo­ment de dé­cou­vertes et de plai­sir sur le plan ar­tis­tique, ça m’a per­mis de for­ger ma voie » , ex­plique An­toine Cô­té-Legault.

La poé­sie s’est im­po­sée au dé­tour dans son par­cours ar­tis­tique. Puis le théâtre. «J’ai tou­jours su in­cons­ciem­ment que j’avais en­vie d’écrire, mais on di­rait que ça a été le mo­ment où j’ai com­men­cé à croire que ça se pou­vait » , ex­plique-t-il.

Bien qu’au­jourd’hui le slam ne fait plus né­ces­sai­re­ment par­tie de la même ma­nière de sa vie, il se plaît tou­jours à faire de la poé­sie orale «style mo­no­logue poé­tique.»

Mais il adore tou­te­fois don­ner des ate­liers sur le su­jet. «Ça marche beau­coup au­près des jeunes, c’est une bonne fa­çon de faire dé­cou­vrir la poé­sie de fa­çon dé­pous­sié­rée aux jeunes», croit-il.

Ce­lui qui aime trans­mettre sa pas­sion a aus­si eu l’oc­ca­sion de le faire en étant conseiller à l’écri­ture ou à la dra­ma­tur­gie pour dif­fé­rents pro­jets. «J’aime vrai­ment beau­coup suivre le pro­ces­sus de quel­qu’un, j’aime beau­coup es­sayer de com­prendre le pro­jet, voir comment un peut conti­nuer à faire che­mi­ner l’au­teur, che­mi­ner de pro­jet. Ça re­joint mon cô­té in­tel­lec­tuel.»

LA PORTE OU­VERTE

Un pre­mier mo­ment mar­quant dans sa car­rière est sans doute son pre­mier gros pro­jet pro­fes­sion­nel Au­top­sie de bis­cuits chi­nois, co- écrit avec An­nie Clou­tier et Ma­rie-Pierre Proulx, pour le Théâtre du Trillium. «Ça a été une porte ou­verte, une tape dans le dos», ra­conte-t-il.

Et ont sui­vi plu­sieurs autres pro­jets. Par­mi les autres créa­tions de l’ar­tiste, cer­taines ont été réa­li­sées en col­la­bo­ra­tion avec les au­teurs du col­lec­tif Poids plumes. Coé­cri­ture de dé­am­bu­la­toires his­to­riques et théâ­traux, di­rec­tion ar­tis­tique de La Bi­bitte Poé­tique ne sont que quelques-unes des autres réa­li­sa­tions sur son cur­ri­cu­lum ar­tis­tique.

Deux de ses pièces de théâtre sont pas­sées de la scène au pa­pier, alors que Le gars qui vou­lait se faire phé­nix et Corps à corps: une blind date poé­tique, ont été pu­blié aux Édi­tions Prise de pa­role.

Il voit le tout comme le pro­lon­ge­ment d’un tra­vail gé­né­ra­le­ment éphé­mère. «D’une part, c’est su­per sti­mu­lant, c’est su­per ex­ci­tant de voir des trucs qu’on a écrit être pu­blié. (…) C’est hy­per gra­ti­fiant et en même temps une belle carte de vi­site.»

REN­CONTRES HU­MAINES

« Une chose qui m’in­té­resse beau­coup, c’est cette idée de la ren­contre.» An­toine Cô­té Legault

S’il ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment le théâtre, au­tant sur la scène que der­rière le crayon, c’est pour plu­sieurs rai­sons, confie-t-il après ré­flexion. «Une chose qui m’in­té­resse beau­coup, c’est cette idée de la ren­contre», évoque-t-il. Au­tant avec le pu­blic que l’équipe de créa­tion, pré­cise-t-il.

«Avec l’écri­ture j’ai trou­vé un mé­dium qui me sied bien et je n’ai vrai­ment pas fait le tour de ce tout ce que j’avais en­vie d’ex­plo­rer.» Et qu’est-ce qui l’ins­pire quand il prend la plume? «C’est cli­ché de le dire, mais le quo­ti­dien m’ins­pire beau­coup», lance-t-il d’abord.

Ce n’est pas les his­toires pleines de pé­ri­pé­ties qui l’in­té­ressent. «Je m’ins­pire plu­tôt de la na­ture hu­maine et des dé­fis que l’on peut vivre en tant qu’être hu­main aus­si mi­nus­cule ou grand qu’ils puissent être», éla­bore-t-il.

Dans toutes ces créa­tions, il y a une no­tion d’une cer­taine forme de ré­si­lience. La ca­pa­ci­té à rire de soi, à rê­ver et la té­na­ci­té font par­tie de ses ins­pi­ra­tions.

Bien qu’il soit plus sou­vent der­rière la plume que sur scène, An­toine Cô­té Legault ap­pré­cie aus­si le jeu, lui qui a no­tam­ment joué dans cer­taines de ses pièces, en plus de par­ti­ci­per à dif­fé­rents pro­jets au­to­gé­rés ou à des mises en lec­tures pro­fes­sion­nelles.

«Mais plus ça va, moins j’ai ten­dance à jouer», pré­cise-t-il. Pas par manque d’amour du jeu, bien au contraire. «J’aime jouer, j’aime créer, en­chaîne l’ar­tiste. (…) L’idée de por­ter un texte, de por­ter une pa­role, il y a quelque chose de vrai­ment fort et vrai­ment com­plet là- de­dans que j’aime beau­coup aus­si.»

DES PRO­JETS EN TÊTE

À l’heure ac­tuelle, il tra­vaille à la créa­tion de Ode ou la vie après avoir re­gar­dé le so­leil dans le blanc des yeux, en col­la­bo­ra­tion avec la di­rec­trice ar­tis­tique du Théâtre Rouge Écar­late, Li­sa L’Heu­reux. D’ici la fin de l’été, il ai­me­rait avoir écrit une pre­mière ver­sion et com­men­cé à faire des la­bo­ra­toires, pour voir le pro­jet abou­tir dans 18 à 24 mois si tout va bien.

Chose cer­taine, les pro­jets ne manquent pas. Ce­lui qui ins­tal­le­ra ses pé­nates à Sud­bu­ry sous peu conti­nue­ra de res­ter at­ta­ché au mi­lieu ar­tis­tique de la ré­gion et compte bien y re­ve­nir.

Son rêve à long terme? «C’est de conti­nuer à créer, de conti­nuer à écrire et faire de belle ren­contre ar­tis­tique.»

Dans les car­tons à plus court terme, il a été sé­lec­tion­né pour par­ti­ci­per aux Ren­contres in­ter­na­tio­nales du Fes­ti­val TransA­mé­riques, à Mon­tréal, dans quelques se­maines. «Ça va me per­mettre d’as­sis­ter à 10-12 jours du fes­ti­val avec plein de jeunes ar­tistes de 25-35 ans du Ca­na­da, d’Eu­rope et d’ailleurs. «Ça va me nour­rir beau­coup.»

(Pho­to La Re­vue – Ma­rie Pier Lé­cuyer

An­toine Cô­té Legault a bien l’in­ten­tion de conti­nuer à créer lui qui a des pro­jets pleins la tête.

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