Une re­cherche pour amé­lio­rer les ser­vices

Vio­lence conju­gale chez les couples d’hommes

La Revue - - LA UNE - YAN­NICK BOUR­SIER ybour­sier@lexis­me­dia.ca

Un couple for­mé de deux hommes peut lui aus­si se sé­pa­rer à la suite de vio­lence conju­gale. Comme co­cher­cheuse prin­ci­pale d’une étude por­tant sur la vio­lence conju­gale dans un contexte de sé­pa­ra­tion, Syl­vie Thi­bault cherche à com­prendre ce phé­no­mène pour mieux ai­der les hommes qui passent par là.

Il y a très peu d’études qui ont été faites sur la si­tua­tion de la vio­lence conju­gale dans les couples d’hommes au Qué­bec, ex­plique Mme Thi­bault, pro­fes­seure au dé­par­te­ment de tra­vail social à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais, pour ex­pli­quer son in­té­rêt en­vers cette ques­tion. «Ce qu’on cherche à sa­voir, c’est com­ment ça se vit la vio­lence conju­gale chez les couples for­més de deux hommes.»

Le but est no­tam­ment de connaître les dif­fé­rences et les si­mi­li­tudes avec la si­tua­tion des couples hé­té­ro­sexuels de fa­çon à pou­voir en­suite tra­vailler sur des ou­tils adap­tés à ce groupe. «Il y a des choses dont on sait qui sont sem­blables, af­firme Syl­vie Thi­bault. Le cycle de la vio­lence conju­gale en fait par­tie.»

Mais il y a aus­si des dif­fé­rences, ajoute-t-elle. «La gra­vi­té et la fré­quence des bles­sures sont plus im­por­tantes. Aus­si, les hommes ont ten­dance à nor­ma­li­ser la si­tua­tion, à dire que c’est nor­mal de se cha­mailler.» Si bien que plu­sieurs hommes qui vivent de la vio­lence dans leur couple ne re­con­naissent pas qu’ils en sont vic­times.

Sur­tout que la vio­lence peut prendre plu­sieurs formes, rap­pelle Syl­vie Thi­bault. La vio­lence phy­sique est sou­vent la plus connue, mais elle n’est pas tou­jours la plus pré­sente. «Quand il y a pré­sence de vio­lence, la pre­mière qui s’ins­talle est la vio­lence psy­cho­lo­gique. Après il y a la vio­lence phy­sique et la vio­lence sexuelle.»

Même du cô­té de la vio­lence sexuelle, la ques­tion est beau­coup plus large que l’agres­sion sexuelle a pro­pre­ment par­lé, et beau­coup d’hommes ne le voient pas, in­dique Mme Thi­bault. Le dé­ni­gre­ment de l’autre ou le fait de dé­mon­trer son in­sa­tis­fac­tion, entre autres, sont aus­si des exemples.

EN­TRE­VUE

C’est le dé­fi de cette étude. Dé­mon­trer aux hommes qu’ils sont vic­times d’une ou de plu­sieurs de ces formes de vio­lence et qu’ils peuvent ob­te­nir des ser­vices. Et par la suite, s’as­su­rer que les ser­vices of­ferts se­ront adé­quats.

Pré­sen­te­ment, le groupe de re­cherche est à l’étape des ren­contres avec les hommes ayant vé­cu ou ayant cau­sé de la vio­lence conju­gale dans leur couple, ce qui a me­né à la sé­pa­ra­tion. Une quin­zaine de ren­contres ont eu lieu et l’ob­jec­tif est d’en ren­con­trer 30.

«On fait des en­tre­vues d’en­vi­ron 1h30 sur des thèmes spé­ci­fiques au­tour de la ma­ni­fes­ta­tion de la vio­lence et com­ment ils ont vé­cu ça. On s’in­té­resse aus­si à l’ac­cès aux ser­vices.»

Dans une deuxième phase, le groupe ren­con­tre­ra les in­ter­ve­nants com­mu­nau­taires avec les in­for­ma­tions re­çues de ces per­sonnes. «Le but, c’est qu’ils puissent avoir des ser­vices qui sont adap­tés à la fois pour ceux qui su­bissent que pour ceux qui exercent la vio­lence.»

La re­cherche est sous l’égide de l’Uni­ver­si­té de La­val avec la par­ti­ci­pa­tion de plu­sieurs autres uni­ver­si­tés à tra­vers le Qué­bec. Les per­sonnes in­té­res­sées à par­ti­ci­per à cette étude peuvent en­voyer un cour­riel à l’adresse vio­len­cea­vec­to­nex@ula­val.ca

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