CA­NI­CULE MOR­TELLE

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La ca­ni­cule tue. Et elle tue­ra de plus en plus, chaque été. Juste la se­maine der­nière, elle est res­pon­sable d’une qua­ran­taine de morts au Qué­bec. La plu­part des vic­times sont des per­sonnes âgées. Cer­taines souf­fraient de ma­la­dies res­pi­ra­toires chro­niques, comme l’asthme.

Les au­to­ri­tés font tou­jours le même constat. Un grand nombre de nos CHSLD, hô­pi­taux, ré­si­dences pour aî­nés, ne sont pas équi­pés d’un sys­tème adé­quat de cli­ma­ti­sa­tion. Une si­tua­tion in­hu­maine pour les pa­tients et pour les em­ployés. Des ven­ti­la­teurs à 50 dol­lars, faits en Chine, ache­tés chez Wal­mart, ne suf­fisent pas. Ils ne font que dé­pla­cer l’air chaud. Ils ne ra­fraî­chissent pas une chambre de deux ou quatre lits, et n’éli­minent pas le taux éle­vé d’hu­mi­di­té.

L’ex­cuse du gou­ver­ne­ment est tou­jours la même. La ma­jo­ri­té de nos im­meubles se­raient trop vieux pour y ins­tal­ler la cli­ma­ti­sa­tion. Mais, comme on se rap­proche de l’élec­tion (le 1er oc­tobre), les can­di­dats de l’op­po­si­tion pro­mettent de re­mé­dier à la si­tua­tion, s’ils sont élus. Vrai­ment? Comment ? Je n’ai pas en­ten­du de pro­messes chif­frées. La vé­ri­té, c’est que ce­la coû­te­rait trop cher de ‘cli­ma­ti­ser’ tous nos centres de san­té et de soins de longue du­rée. La vé­ri­té, c’est que ce n’est pas une prio­ri­té des élus d’al­lé­ger les souf­frances des ma­lades, des pauvres, et des ‘vieux’, quand le mer­cure frôle les 40 de­grés pen­dant l’été ! La vé­ri­té, sur­tout, c’est que ce n’est pas en­core ren­table, po­li­ti­que­ment, en nombre de votes dé­po­sés dans les boîtes de scru­tin !

Aux ges­tion­naires scep­tiques qui conti­nuent de pen­ser que c’est im­pos­sible de faire des­cendre le ther­mo­stat dans nos ins­tal­la­tions désuètes, je pose cette ques­tion: Comment ex­pli­quer que les ré­si­dents de tours d’ha­bi­ta­tion vieillottes aient trou­vé des so­lu­tions aus­si simples que d’in­sé­rer une pe­tite boîte de cli­ma­ti­sa­tion dans une fe­nêtre ? Ce n’est pas la so­lu­tion es­thé­tique par­faite, mais au moins, cette boîte est plus ef­fi­cace qu’un ven­ti­la­teur sur pied. Plus ef­fi­cace que rien du tout.

Ce qui m’hor­ri­pile, c’est qu’on ose im­po­ser des frais aux pa­tients qui les ré­clament !

LA BRISE DE LA CAM­PAGNE

L’un de mes beaux sou­ve­nirs d’en­fant, c’est d’avoir fait les foins, chaque été. Je me rap­pelle qu’il fai­sait très chaud. Mais il y avait tou­jours une brise qui souf­flait dans les champs à la cam­pagne. Ce n’était pas pol­lué. Et j’étais jeune ! En ville, la cha­leur de­vient in­to­lé­rable. Manque d’air et pol­lu­tion. Je sa­lue le cou­rage des ou­vriers de la construc­tion, des cou­vreurs, des éboueurs, de tous les tra­vailleurs qui ont à se ta­per une di­zaine de se­maines de grandes canicules. Ga­gner sa vie oblige.

Avec nos re­cords de cha­leur et d’hu­mi­di­té, y a- t- il en­core quel­qu’un qui doute du ré­chauf­fe­ment de la pla­nète ? Ces chan­ge­ments cli­ma­tiques ex­trêmes et leurs ef­fets sont pré­vus de­puis des dé­cen­nies par les scien­ti­fiques. Fonte de la ca­lotte po­laire et des ban­quises. Mon­tée du ni­veau de la mer. Dis­pa­ri­tion de mil­liers d’es­pèces d’oi­seaux, de pois­sons, de mammifères. Sè­che­resse. Fa­mine. Pé­nu­rie d’eau po­table.

Nous sommes peut- être la der­nière gé­né­ra­tion qui peut en­core agir avant l’ir­ré­pa­rable. Pour­tant, les Do­nald Trump et Doug Ford de ce monde pensent au­tre­ment. Le pré­sident amé­ri­cain ne res­pec­te­ra pas l’ac­cord de Pa­ris sur le cli­mat. Et le nou­veau pre­mier mi­nistre de l’On­ta­rio vient de se re­ti­rer du mar­ché du car­bone, et d’en abo­lir la taxe ! Rien de ras­su­rant.

Hé­las, ils ne sont pas seuls à pen­ser ain­si. D’autres chefs d’État et d’en­tre­prises, d’autres di­ri­geants sans vi­sion et sans va­leurs mo­rales, sont bien plus in­té­res­sés par l’ap­pât du gain et du pou­voir, qu’à sau­ver notre pla­nète, et as­su­rer un ave­nir ‘sain’ à leurs pe­tits- en­fants. Triste réa­li­té.

QUI A IN­VEN­TÉ LE CLI­MA­TI­SEUR ?

Il s’ap­pelle Willis Ha­villand Car­rier. Un Amé­ri­cain. Il a eu cette idée gé­niale en 1902. Il a com­mer­cia­li­sé son in­ven­tion en 1915. La com­pa­gnie Car­rier vaut au­jourd’hui 13 mil­liards de dol­lars, avec 45 000 em­ployés. Car­rier, c’est le nom de mes an­cêtres du cô­té de ma grand- mère. J’ai peut- être droit à des ris­tournes ? Si oui, je les offre au mi­nis­tère de la San­té pour qu’on ins­talle des cli­ma­ti­seurs.

Le jeune Mi­chel sur une char­rette de foin

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