L’usine TRT ETGO se­rait à vendre

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD

L’usine de tri­tu­ra­tion TRT ETGO, un im­por­tant ache­teur de grains ba­sé à Bé­can­cour dans le Centre-du-Qué­bec, au­rait en­re­gis­tré des pertes d’en­vi­ron 27 M$ en 2014, et ses pro­prié­taires ma­lai­siens dé­si­re­raient main­te­nant la vendre.

C’est ce que ré­vèle l’ar­ticle du jour­nal ma­lai­sien, Star Pu­bli­ca­tions, qui cite le rap­port an­nuel de la com­pa­gnie. On y ap­prend éga­le­ment que les pro­prié­taires pré­fèrent se concen­trer sur leur prin­ci­pal che­val de ba­taille, l’huile de palme, et pro­cèdent pré­sen­te­ment à un ap­pel d’offres pour vendre l’usine qué­bé­coise spé­cia­li­sée dans la trans­for­ma­tion du soya et du ca­no­la en huile et en tour­teau.

« Il s’agit juste de ru­meurs, com­mente Ha­rold Per­rault, vice-pré­sident aux fi­nances à TRT ETGO. Nous n’avons pas eu de dis­cus­sions avec le pré­sident, mais en Ma­lai­sie, on nous a dit que ce ne sont que des ru­meurs. » Se­lon une source très au fait du dos­sier, la ru­meur de vente se ré­vèle plus que per­sis­tante. Par­mi les en­tre­prises ci­tées, il y au­rait La Coop fé­dé­rée comme ache­teur po­ten­tiel. Une por­te­pa­role de la Coop men­tion­nait tou­te­fois à la Terre qu’au­cune dis­cus­sion n’est en cours con­cer­nant l’ac­qui­si­tion de TRT ETGO.

Des dé­buts la­bo­rieux

TRT ETGO ap­par­tient à FGV, une or­ga­ni­sa­tion pu­blique de la Ma­lai­sie, qui a in­ves­ti près de 200 M$ dans l’usine de Bé­can­cour. Or, au mo­ment de l’inau­gu­ra­tion, le 13 mai 2014, l’usine fonc­tion­nait de­puis quelque temps dé­jà et les di­ri­geants avouaient qu’elle n’était tou­jours pas ren­table. Les ins­tal­la­tions tour­naient au ra­len­ti, prin­ci­pa­le­ment en rai­son d’une pro­duc­tion sou­vent in­ter­rom­pue par des pro­blèmes d’ap­pro­vi­sion­ne­ment en grains et aus­si par un manque d’ex­pé­rience du per­son­nel, ce qui oc­ca­sion­nait des pannes ou de nom­breux ré­ajus­te­ments.

Un re­nou­veau po­si­tif

La vente de TRT ETGO est pu­re­ment hy­po­thé­tique, mais cer­tains es­timent qu’un chan­ge­ment de mains s’avére- rait bé­né­fique s’il ren­dait l’en­tre­prise plus ef­fi­cace et s’il lui per­met­tait de développer des pro­duits à va­leur ajou­tée.

Pour Ram­zy Yel­da, ana­lyste prin­ci­pal des mar­chés à la Fé­dé­ra­tion des pro­duc­teurs de cultures com­mer­ciales du Qué­bec, la vente pour­rait être une bonne nou­velle. « L’usine a le po­ten­tiel d’ache­ter 1 000 000 de tonnes de grains par an­née. Ce n’est pas rien! Sup­po­sons qu’elle fonc­tionne avec un ra­tio d’un tiers de soya et de deux tiers de ca­no­la, ça se tra­dui­rait par 300 000 tonnes de soya. C’est un vo­lume qui contri­bue­rait à sou­te­nir des bases lo­cales éle­vées pour le prix du soya of­fert aux pro­duc­teurs. »

Les pro­prié­taires ma­lai­siens de l’usine de tri­tu­ra­tion TRT ETGO lors de l’inau­gu­ra­tion of­fi­cielle des ins­tal­la­tions en 2014. Au dire des di­ri­geants, l’usine était non ren­table à ce mo­ment-là.

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