Le foin du Qué­bec po­pu­laire jus­qu’en Flo­ride!

La Terre de chez nous - - RÉCOLTES - MAR­TIN MÉNARD

AYER’S CLIFF — Le cli­mat nor­dique du Qué­bec, avec ses longues jour­nées qui offrent une lu­mi­no­si­té pro­lon­gée et ses pré­ci­pi­ta­tions bien ré­par­ties, per­met la pro­duc­tion d’un foin de haute qua­li­té que s’ar­rachent les Amé­ri­cains, de Bos­ton jus­qu’en Flo­ride.

Au sud de Sher­brooke, Alain Bouf­fard, sa conjointe Pau­line et leurs en­fants vendent main­te­nant près d’un de­mi-mil­lion de balles de foin aux États-Unis. « La ré­pu­ta­tion du foin qué­bé­cois est très bonne. Les pro­prié­taires de centres équestres veulent un foin vert qui sent bon, et ils dé­si­rent de la sta­bi­li­té. C’est ce qu’on leur offre », dit d’em­blée l’agri­cul­teur et com­mer­çant Alain Bouf­fard.

La corde bleue

Les ventes de foin vers les États-Unis aug­mentent chaque an­née. Les Bouf­fard savent que pour pour­suivre sur cette lan­cée ils doivent of­frir un pro­duit qui se dé­marque. À cet égard, chaque dé­tail compte : l’uti­li­sa­tion d’une ma­chine, le ma­cé­ra­teur, rend la fibre plus souple et contri­bue à conser­ver sa cou­leur verte. Cons­cients que les che­vaux sont sen­sibles à l’odeur du li­sier de porc, les agri­cul­teurs pré­co­nisent plu­tôt l’uti­li­sa­tion de fu­mier de pou­let pour fer­ti­li­ser les four­rages. Ils évitent éga­le­ment de lais­ser sé­cher ceux-ci trop long­temps au so­leil, ce qui les fe­rait bru­nir. La cou­leur est d’ailleurs si im­por­tante qu’ils équipent leurs presses de rou­leaux de corde bleue pour at­ta­cher le foin, une as­tuce qui confère à ce­lui- ci un as­pect vi­suel de fraî­cheur com­pa­ra­ti­ve­ment à la tra­di­tion­nelle corde orange.

Mal­gré tout, il a fallu convaincre les Amé­ri­cains de la qua­li­té du pro­duit.

« Je m’étais fait dire que le mar­ché du foin pour­rait être bon en Flo­ride. J’ai envoyé une pleine re­morque, mais ça ne se ven­dait pas. Je me suis alors ren­du sur place pour faire le tour, avec mon gendre, de plu­sieurs centres équestres. La stra­té­gie de vente était simple : je met­tais mon foin à cô­té de ce­lui du pro- prié­taire et on lais­sait le che­val choi­sir! » ra­conte ce père d’une fa­mille de 12 en­fants, dont 10 tra­vaillent en agri­cul­ture.

Pour per­mettre à son en­tre­prise de se dis­tin­guer, Alain Bouf­fard s’as­sure éga­le­ment d’of­frir un ser­vice hors pair. Ain­si, il n’a pas hé­si­té à re­prendre une pleine re­morque de foin li­vrée en Nou­vel­leAn­gle­terre afin de sa­tis­faire un client qui es­ti­mait que son conte­nu avait « chauf­fé ».

C’est ain­si que, pe­tit à pe­tit, de bouche à oreille, le foin des Bouf­fard a trou­vé des fi­dèles.

Et au Ja­pon

Un pro­duc­teur de foin de com­merce si­tué à SaintCé­saire, en Mon­té­ré­gie, vend en­vi­ron 300 000 pe­tites balles au pays de l’Oncle Sam. De sur­croît, il est l’un des rares à pos­sé­der, de­puis à peine un an, un com­pac­teur à foin. Cette tech­no­lo­gie lui a per­mis de li­vrer des conte­neurs au Ja­pon, à la Gua­de­loupe, etc. « Avec le com­pac­teur, nous pou­vons ren­trer deux fois plus de foin dans un conte­neur, soit 26,5 tonnes au lieu de 12. C’est ce qui nous per­met de di­mi­nuer les coûts de li­vrai­son par vo­lume ven­du », ex­plique Da­vid Nor­man­din, co­pro­prié­taire de Nor­foin. Si quelques conte­neurs ont été li­vrés l’an der­nier, Nor­foin pré­voit aug­men­ter la ca­dence et en ex­por­ter une ving­taine cette an­née. « Le foin du Qué­bec a bonne ré­pu­ta­tion aux États-Unis et dans plu­sieurs autres pays. Les ex­por­ta­tions sont en pro­gres­sion. Alors, on se fait la main. On en­vi­sage d’avoir un jour notre propre re­pré­sen­tant qui dé­ve­lop­pe­ra les mar­chés étran­gers », ajoute M. Nor­man­din.

Le foin du Qué­bec se dé­marque par sa qua­li­té. Alain Bouf­fard livre de 400 000 à 500 000 balles chaque an­née aux États-Unis.

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